Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.
Voyou (feat. Tuerie) – Hula Hoop
Quelques semaines après « Dimanche », Voyou poursuit les explorations de Chroniques terrestres Vol.2 avec « Hula Hoop », une collaboration avec Tuerie. Entre douceur orchestrale et moments plus intimes, le morceau avance librement laissant la trompette, le piano et la voix dialoguer sans jamais se figer. Le rappeur y apporte quelque chose de très souple, presque flottant, qui contraste joliment avec les envolées instrumentales imaginées par l’auteur de Les bruits de la ville.
Le clip reprend cette idée de mouvement permanent. Sur un fond rouge très graphique, Voyou apparaît derrière ses instruments pendant que Tuerie occupe l’espace avec une danse presque instinctive, faite de gestes brusques et de contorsions. Des images de films de famille viennent parfois s’incruster à l’écran, comme des souvenirs qui traverseraient le morceau. Tout fonctionne par fragments, entre improvisation, musique et mouvement.
Los Fanfarons – La Source
Un an après la sortie de Ventilo, Los Fanfarons remet en avant « La Source », un morceau qui transforme le besoin d’évasion en immense bouffée d’énergie. Derrière son côté festif et ses refrains presque absurdes, le duo parle surtout de cette envie de fuir un quotidien trop lourd, trop vide, trop répétitif. Cléa Vincent et Romain Sanderre choisissent alors une réponse très simple : danser, rire, faire du bruit et tenir debout ensemble.
Le clip pousse cette idée jusqu’au bout en faisant surgir leur musique dans des scènes du quotidien complètement grises. Prof dépassée, homme perdu dans sa chambre, employés épuisés : tous les personnages qu’ils incarnent semblent au bord de l’effondrement avant que le duo débarque pour tout faire basculer. La caméra suit cette énergie contagieuse qui envahit peu à peu chaque espace. Derrière l’humour et le côté décalé, il y a surtout cette idée très belle, celle de la fête comme manière de résister au découragement.
Charles Dollé – Maïa
Deuxième extrait de Panthère à la fenêtre, attendu le 25 septembre 2026, « Maïa » permet à Charles Dollé de pousser encore plus loin son goût pour les formes libres et cinématographiques. Inspiré par la ballerine Maïa Plissetskaïa, il imagine une danseuse qui finirait par quitter le sol pour devenir cygne. Une pièce ample et mouvante, quelque part entre le conte, la musique de film et le rêve éveillé.
Martin Schrepel poursuit ici le fil commencé avec « Faux départ » en réintroduisant la mystérieuse valise déjà aperçue dans le précédent clip. Tandis qu’une danseuse évolue dans un espace noir presque suspendu, l’artiste traverse paysages industriels, montagnes et terrains vagues avec cette valise à la main, comme s’il cherchait un endroit où la déposer. Puis vient cette image finale, irréelle, où on aperçoit la valise lancée vers le ciel avant de réapparaître dans un avion, posée sur les genoux de Charles, comme si le voyage continuait ailleurs.
Vulves Assassines – Louise Mitchel
À quelques jours de leur concert à La Cigale, les Vulves Assassines dégainent « Louise Mitchel », un faux tube d’été qui cache surtout une énorme envie de foutre le feu à l’ordre établi. Derrière son énergie surf-rock et ses refrains taillés pour être hurlés en festival, le morceau remet au centre la figure révolutionnaire de Louise Michel, comme une manière de rappeler que la colère peut aussi être joyeuse, collective et dansante.
Réalisé par Pierrad, le clip animé transforme Louise Michel en héroïne pop complètement incontrôlable. On la voit traverser Paris comme si la ville entière lui appartenait : sur le toit du métro, au milieu du périphérique, sur le comptoir d’un bar ou face aux symboles du pouvoir. Les images vont dans tous les sens, avec des couleurs très vives et un humour permanent, mais derrière ce chaos volontaire, le message reste limpide : faire revivre une figure révolutionnaire en la ramenant dans le présent, loin des statues et des livres d’histoire.
Marie Poulain – Si l’IA
Marie Poulain transforme une question très contemporaine en chanson profondément intime, avec « Si l’IA ». En imaginant un dialogue avec sa grand-mère disparue grâce à l’intelligence artificielle, elle ouvre quelque chose de troublant : la possibilité de faire revenir une voix aimée, même imparfaitement. Pour incarner cette présence, elle choisit Barbara, dont elle reprend les intonations et le phrasé avant que l’IA ne vienne prolonger le travail. Plus qu’une démonstration technologique, le morceau parle surtout du manque, de la mémoire et de ce besoin presque impossible de reparler une dernière fois aux absents.
Le clip en noir et blanc accompagne cette idée avec beaucoup de sobriété. Marie Poulain évolue seule dans un théâtre désert, entre la scène et un piano à queue, comme perdue dans un espace hors du temps. Puis Barbara apparaît peu à peu dans l’image grâce à l’IA, venant partager le morceau avec elle. L’effet reste forcément étrange, parfois même déroutant, mais c’est précisément ce flottement qui donne au film toute sa force : on ne sait jamais vraiment si l’on assiste à une rencontre, à un souvenir ou à un fantôme recréé.
Daphne Swân – Index
Daphné Swân ouvre une nouvelle étape avec « Index », morceau central de l’EP du même nom dévoilé le 22 mai. Plus frontal et plus dépouillé que ses précédents titres, le morceau parle de regard, d’identité et de cette sensation d’être constamment classé, observé ou défini par les autres. Ici, elle pousse encore plus loin son virage électro-pop, avec quelque chose de plus froid, plus brut aussi, sans perdre cette manière très sensible d’écrire l’intime.
Le clip prolonge parfaitement cette idée d’archivage et d’enfermement. Daphné Swân évolue seule dans un immense espace rempli de rayonnages, de tiroirs et de dossiers, comme si elle traversait une mémoire administrative sans fin. Habillée de rouge au milieu de cet univers presque clinique, elle devient immédiatement le point de tension dans l’image. La caméra la suit dans ces couloirs étroits où tout semble ordonné, rangé, catalogué, pendant qu’elle tente d’y faire exister quelque chose de vivant.
Bleu Soleil (feat. Cleo) – Confluence
Bleu Soleil poursuit son exploration d’une électro sensible et cinématographique avec « Confluence » un morceau partagé avec Cleo qui brouille les frontières entre rêve, science-fiction et contemplation. Pensé comme un roman-photo futuriste, le titre avance dans une ambiance flottante où les textures électroniques accompagnent une forme de dérive lente, presque hypnotique. Entre paysages urbains et visions aquatiques, le morceau imagine un monde transformé, envahi par l’eau et la végétation, où les repères habituels semblent avoir disparu.
Réalisé par Louise Emandez, le clip développe cet imaginaire à travers une esthétique très travaillée, proche du stop motion et du collage visuel. Tout commence par un visage observé derrière une vitre remplie de poissons, comme si la ville entière était devenue un aquarium géant. La caméra traverse ensuite des galeries commerciales désertes, des couloirs de métro baignés de lumière froide et des rues où la nature reprend peu à peu sa place. Les personnages avancent au ralenti dans cet univers étrange, regardant des aquariums, croisant des créatures marines ou observant la ville se transformer sous leurs yeux. Peu à peu, le décor urbain laisse place à un horizon maritime, jusqu’à cette arrivée finale face à la plage, comme une échappée hors du réel.
Flora Hibberd – Mammoth
Après Swirl, son premier album paru en 2025, Flora Hibberd poursuit son virage vers une indie pop plus ample et texturée avec « Mammoth » un morceau produit par Ben Lanz, collaborateur de The National et Beirut. Entre cuivres lumineux, guitares incisives et arrangements plus ambitieux, le titre parle de quelque chose d’immense et de disparu, comme une trace du passé qui continuerait de hanter notre époque. L’artiste y développe un univers toujours aussi imagé, mais plus ouvert encore, entre mélancolie et sensation d’émerveillement.
Le clip accompagne parfaitement cette impression de mouvement collectif et de création spontanée. Filmée dans une grande maison baignée de lumière, l’artiste traverse les pièces pendant que les musiciens apparaissent progressivement autour d’elle. Trompettistes dans l’entrée, synthés posés près d’une fenêtre, guitare dans le jardin : chaque espace devient une petite scène improvisée. La caméra circule librement entre intérieur et extérieur, donnant au film des airs de répétition vivante, presque familiale. Plus qu’une simple performance, le clip montre un groupe réuni autour d’une même énergie, dans une atmosphère chaleureuse et artisanale qui correspond parfaitement à l’esprit du morceau.
Ladislava – Sztoj pa Moru (Sur La Mer)
Le duo nancéien Ladislava accompagne la sortie de son album Roussalka avec une live session de « Sztoj pa Moru », un chant traditionnel biélorusse revisité dans une version électro-folk ample et chaleureuse. Entre harmonies vocales et instrumentation délicate, le morceau célèbre les liens humains, la transmission et la sororité. Fidèle à l’univers du groupe, cette relecture mêle héritage folklorique et sensibilité contemporaine dans une atmosphère à la fois intime et collective.
Tournée au Café Jeanne, dans le centre historique de Nancy, la vidéo rassemble onze chanteuses vêtues de tons clairs au milieu d’une grande bibliothèque aux lumières chaudes. Tout repose sur la présence des voix et l’énergie du groupe : les artistes chantent ensemble, se répondent, dansent doucement et partagent le morceau comme un moment suspendu. Au centre de la pièce, un guitariste accompagne cette chorale vivante qui transforme la session en véritable célébration collective. L’ensemble dégage une sensation de proximité et de douceur, comme une réunion entre musique traditionnelle et communion moderne.
