Des mots, des lumières, des voix qui se répondent et une salle entière suspendue à la musique. Patrick Watson a laissé bien plus que ses mots à l’Olympia. Retour sur cette soirée parisienne.
Patrick Watson est un artiste qui maîtrise aussi bien les mots que la musique, et dont la voix devient elle-même un instrument. Sa proximité avec le piano, la douceur de ses arrangements et cette sensation de flottement qui traverse ses albums créent un univers où tout semble respirer, dans une forme de dérive douce. Après un passage au Zénith de Paris il y a quelques mois, c’est à l’Olympia que l’interprète de Je te laisserai des mots se produisait ce lundi 1er juin, dans le cadre de son dernier album Uh-Oh.

La première partie prend la forme d’un court métrage dont Patrick Watson a composé la musique : La jeune fille qui pleurait des perles, de Chris Lavis et Maciek Szczerbowski. Un grand-père y raconte à sa petite-fille une histoire de son enfance: celle d’un garçon qui voit une jeune fille pleurer des perles. L’intrigue, construite comme un conte, mène à une morale simple et touchante: la valeur d’un objet dépend de l’importance qu’on lui accorde. Cette « première partie » agit presque comme une introduction à l’univers qui va suivre.

Au Zénith de Paris, tout semblait pensé pour l’ampleur. Seul ou avec ses invitées (dont la plupart figurent dans les duos de l’album Uh-Oh), Patrick Watson avait su faire résonner sa voix à la fois douce et aiguë dans cette grande salle de la Villette, en occupant l’espace par sa scénographie et sa musicalité. Une ampleur immersive se dégageait de l’ensemble, portée à la fois par la scénographie, les séquences instrumentales, les arrangements musicaux et la voix de l’artiste. De quoi s’attendre à en prendre plein la vue pour l’Olympia. Et ce ne sera pas qu’une espérance.

Quelques minutes avant le concert, ce lundi 1er juin 2026, une séquence instrumentale résonne dans l’Olympia avant même l’arrivée des musiciens. Peu à peu, le décor lumineux se dévoile. Puis Patrick Watson rejoint son piano et ouvre le concert avec Gordon In The Willows. On passe alors rapidement à quelque chose de plus électro, accompagné par une scénographie parfaitement synchronisée. Sa voix se fond dans ces arrangements. Il enchaîne avec The Wondering. Il dit être très content de jouer à l’Olympia. Les instruments s’incrustent progressivement dans chaque chanson, ce qui donne de belles nuances et de belles séquences musicales.
Avant Vivian, il nous raconte la photographe Vivian Maier, qui sait donner une portée particulière aux petits moments du quotidien et nous diffuse en scénographie des photos prises par elle pour accompagner ce moment musical. Les chœurs de la chanteuse La Force apportent une douceur supplémentaire à ce moment. Les musiciens quittent la scène, place au moment douceur avec To build a home, et Patrick Watson seul au piano. À la fin de la chanson, les musiciens reviennent pour une montée en puissance. Le public applaudit, Patrick remercie. Vient ensuite Melody Noir, et ces paroles: « You are the sweetest melody I never sung ». Les duos féminins présents sur le dernier album Uh-Oh, ouvrent sa musique, dans la mesure où les artistes présentes sur l’album ont en commun des voix singulières qui apportent chacune une couleur différente à l’univers du canadien.

Si au Zénith de Paris le moment suspendu était sans doute quand toutes les invitées du concert (Charlotte Cardin, November Ultra, Solann, Honen Ford, Klô Pelgag, et La Force) étaient réunies ensemble avec Patrick Watson le temps d’une chanson, l’Olympia aussi aura ses moments suspendus. Premier moment suspendu de la soirée avec November Ultra. Ils reprennent leur duo Silencio (chanson inspirée des histoires de Patrick Watson et November Ultra, qui ont tous deux traversé une période durant laquelle ils ont perdu leur voix). Tous deux rendent ensuite un vibrant hommage à Lhasa de Sela avec Wooden Arms. La magie opère toujours après le passage de November Ultra. Patrick et La Force harmonisent ensuite leurs voix sur The Wave et Ça va. Second moment suspendu de la soirée : l’arrivée surprise de Mathieu Chedid pour deux moments musicaux éclectiques, sur Peter And The Wolf et Man Like You. De quoi émerveiller l’Olympia.

Patrick Watson et Npvember Ultra sur la scène de l’Olympia le 1er juin 2026.
C’est donc une standing ovation pour Patrick Watson. Dans un cadre plus intimiste, Patrick Watson a conservé la même capacité à embarquer son public que lors de son passage au Zénith. Tout au long du concert, il y a cette sensation de se laisser porter par les nuances de son univers.
