À l’occasion de la sortie du clip « Toute la vie devant toi », Nelineti remet en lumière Monstres&mélodies, un EP sorti à la fin du mois de mai et pensé comme un véritable journal intime.
Il y a des peurs qui disparaissent avec l’enfance… et puis il y a celles qui restent. Celles qu’on apprend à cacher, à apprivoiser, parfois simplement à accepter. C’est autour de cette idée que Nelineti construit son nouvel EP, Monstres&mélodies. L’artiste parisien, passé par le groupe Ulka avant de poursuivre sa route en solo, signe ici un projet très personnel. Un disque où les « monstres » ne sont pas imaginaires, mais bien réels : l’anxiété, les blessures de l’enfance, les premières désillusions, la maladie ou encore ce moment où l’on réalise qu’on est devenu adulte sans vraiment l’avoir vu arriver.
Avant même d’appuyer sur lecture, la pochette donne le ton. Un lit défait, des vêtements au sol, une silhouette assise au bord du lit… Une image très intime qui rappelle la chambre, ce refuge où naissent les premiers souvenirs, les premières peurs et les premiers rêves. Un décor qui fait écho aux mots de Nelineti lorsqu’il évoque ce moment où l’on devient adulte alors qu’il n’y a « pas si longtemps, notre chambre était en bordel ». En seulement dix-sept minutes, il construit un projet cohérent, presque comme un carnet de souvenirs. « Toute la vie devant toi », dont le clip vient d’être dévoilé, épouse naturellement l’univers de la pochette. En restant dans cet espace clos qu’est la chambre, il montre que les souvenirs, les peurs et les doutes ne restent pas enfermés dans l’enfance : ils nous accompagnent bien après.
Un récit en sept chapitres
L’EP avance ensuite par petites touches. « Les filles » revient sur les maladresses des premiers amours et les regrets qui les accompagnent. « Ciel bleu » regarde l’adolescence avec nostalgie, entre école buissonnière, premiers émois et souvenirs d’un Paris à la fois lumineux et désenchanté. Les frontières, en duo avec Also, évoque le regard des autres, le harcèlement et la difficulté à trouver sa place avant d’ouvrir une perspective plus lumineuse. « Mon coloc » donne un visage à la maladie en la transformant en compagnon de route installé depuis l’enfance. Enfin, « La maison brûle » et « Gribouille » ferment le récit sur deux morceaux particulièrement touchants, l’un autour d’une relation qui s’effondre, l’autre autour de la famille, de l’absence et de ce qui continue de nous construire.
Ce qui relie ces chansons, ce n’est pas seulement leur thème. C’est aussi l’écriture. Nelineti préfère les métaphores aux confidences directes. Il suggère plus qu’il n’explique, laissant chaque image trouver un écho chez l’auditeur. En dix-sept minutes seulement, il réussit à construire un univers cohérent où chaque morceau répond au précédent. Un EP court, mais dense, qui confirme une écriture déjà très personnelle et donne envie de suivre la suite de son parcours.
