Un an après notre coup de cœur aux Eurockéennes, Dynamite Shakers revient avec Marilyn, un deuxième album plus large, plus contrasté et surtout moins prévisible. Quatorze titres qui gardent l’énergie du groupe tout en l’emmenant ailleurs.

On était tombés amoureux de Dynamite Shakers aux Eurockéennes de Belfort, le 6 juillet 2025. Ce soir-là, quatre jeunes Vendéens faisaient beaucoup de bruit, avec beaucoup d’envie, et jouaient comme si tout pouvait s’arrêter le lendemain. C’est aussi là qu’on avait entendu « Nightclub » pour la première fois, bien avant sa sortie en janvier. Depuis, on les suit. « Cinéma », « Hot Stumps », « Équipage Ravage » puis « Par le vide » ont ensuite continué à brouiller les pistes pendant l’été. Marilyn est finalement arrivé le 28 août, et dès le lendemain, on retrouvait le groupe sur scène à Rock en Seine. Quatorze titres, et surtout un groupe qui a visiblement décidé de ne pas refaire Don’t Be Boring.

Rassurons ceux qui les aiment pour les décibels : Dynamite Shakers n’est pas devenu sage. « Scellé au sol » lance l’album sans demander la permission, et on imagine déjà très bien ce que « Démarche cisaillée », « W.yd.cry » ou le furieux « Équipage Ravage » peuvent provoquer devant une fosse. L’urgence qu’on avait prise en pleine figure aux Eurockéennes est toujours là, mais elle n’occupe plus chaque seconde. Le groupe sait désormais ralentir, laisser respirer un morceau ou mettre les guitares un peu de côté. Il n’a pas perdu son énergie, il a simplement arrêté de la mesurer uniquement au nombre de décibels.

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Deux voix, un nouvel équilibre

Et puis il y a Lila-Rose, dont la voix prend beaucoup plus de place sur Marilyn, et ça change forcément la façon dont on entend le groupe. « Cinéma » en est l’exemple le plus évident, mais ce sont surtout les moments où elle croise Elouan qui donnent envie de les entendre aller encore plus loin dans cette direction. Ça nous rappelle parfois ce qu’on aime chez Bandit Bandit, cette manière de faire passer une chanson d’une personnalité à l’autre. Plus loin, difficile de ne pas penser à Samaha et Frah chez Shaka Ponk quand les voix jouent à la fois sur l’opposition et la complémentarité. Et dans certaines montées plus sombres, Last Train nous traverse aussi l’esprit. Pas parce que Dynamite Shakers chercherait à leur ressembler, simplement parce que certaines sensations se croisent.

Sortir du cadre

Marilyn devient d’ailleurs particulièrement intéressant quand le groupe va là où on ne l’attendait pas. « Spleen de toi » ralentit franchement le pouls, « Par le vide » tire vers quelque chose de plus sombre, « Black Out » part dans un rock plus psychédélique et « Oh, Darling » ouvre encore une autre porte. Le français, désormais largement majoritaire, change aussi notre rapport au groupe. Les textes arrivent plus directement et parlent davantage de cette vingtaine qu’ils sont eux-mêmes en train de traverser. « Nightclub » racontait déjà très bien cette jeunesse confrontée aux poses et aux faux-semblants d’une nuit parisienne. Sur quatorze morceaux, tout ne nous accroche pas avec la même force, mais ce sont justement ces écarts qui rendent l’album intéressant. On préfère les entendre essayer des choses plutôt que reproduire ce qu’ils savent déjà faire.

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Lionel des Limiñanas, à la production, les accompagne sans lisser ce qu’on avait aimé à Belfort. On reconnaît toujours les quatre gamins capables de retourner une scène, mais ils se permettent désormais beaucoup plus de choses. Ils ralentissent, changent de ton, se répondent davantage et semblent surtout avoir moins envie de rentrer dans une case. On devait les retrouver en début de semaine pour la release party, les vacances en ont décidé autrement. Dommage, parce qu’après Marilyn, une seule question nous reste vraiment : qu’est-ce que tout ce petit bordel va donner sur scène ?