En ce 14 septembre, jour de son anniversaire, Hoshi poursuit la route vers Bonjour docteur avec « À ta santé consentement », troisième extrait de son prochain album attendu le 9 octobre. Un titre sorti trois jours plus tôt, dans lequel elle aborde les agressions sexuelles, les frontières du consentement et la parole des victimes.
« Ton corps t’appartient / Pourtant, on me l’a pris. » À la première personne, Hoshi raconte la honte, le doute et la difficulté à être crue après une agression. Les conseils entendus depuis l’enfance reviennent alors : ne pas parler aux inconnus, protéger son corps, faire attention. Comme s’il avait forcément existé une manière d’éviter ce qui s’est passé. Mais une agression ne laisse pas seulement un souvenir. Elle peut aussi laisser cette impression d’avoir été dépossédé de son propre corps, de ne plus savoir exactement où placer la faute, alors qu’elle n’a jamais été du côté de la victime. « La science ne peut plus rien faire pour moi », chante l’artiste, une phrase qui prend un relief particulier à l’approche d’un album intitulé Bonjour docteur.
Le refrain remet justement les choses à leur place : « Que la honte change de place / Que la peur change de camp ». Car après l’agression vient parfois une autre épreuve, celle de devoir raconter, expliquer, répondre aux questions et supporter le doute. L’interprète d’Amour censure reprend directement ces réactions : « Pourquoi elle a rien dit avant ? », « elle fait ça pour l’argent », qui finissent parfois par obliger les victimes à se justifier davantage que ceux qui leur ont fait du mal. Derrière cette idée de « victime parfaite », c’est aussi le droit d’être cru sans avoir à fournir le récit, l’attitude ou les réactions que les autres attendent.
Troisième aperçu de son opus à venir, ce nouvel opus extrait élargit encore le thème de la santé qui traverse ce futur album. Après les blessures sentimentales évoquées dans les précédents extraits, Hoshi parle ici de ce qui peut rester longtemps après une violence : la peur, la honte, le rapport au corps, le besoin de reprendre quelque chose qui a été arraché. Et rappelle que la honte n’a jamais eu à être portée par celles et ceux qui ont subi.
