MDNS clôt septembre dans l’urgence. Sur « Malade ! », le Lillois expédie en 1 min 34 son refus du travail subi, de la hiérarchie et d’un avenir déjà tracé. Un nouveau morceau punk lancé à toute vitesse, qui dit surtout le malaise d’une jeunesse que l’on préfère parfois juger plutôt qu’écouter.
Un raclement de gorge, la batterie et les guitares, puis MDNS attaque sans détour : « J’veux pas travailler ! » La suite évite pourtant le simple slogan anti-boulot. Il ne veut « ni être soumis ni commander », sait qu’aucun héritage paternel ne viendra sécuriser son avenir et regarde ailleurs sans davantage trouver sa place. Même Paris, « la ville de l’amour », ne lui fait rien. Alors revient ce mot, comme une étiquette posée de l’extérieur autant qu’un constat qu’il finit par reprendre lui-même : « malade ». Répété jusqu’au refrain, il devient presque quelque chose à hurler plutôt qu’à subir.
Ce sentiment de décalage n’arrive pas de nulle part. Aux Bars en Trans, en décembre dernier, MDNS nous parlait déjà d’une génération « totalement perdue », qui « n’a pas de repères ». Il évoquait Lille, ses amis qui travaillent à l’usine, ses origines loin d’un milieu bourgeois et cette impression de ne pas avoir « de grandes visions du futur ». « Malade ! » remet cette colère au présent, sans s’attarder : les guitares filent, son flow ne reprend pratiquement pas son souffle et tout est terminé avant même d’avoir atteint les deux minutes. Cette fois, l’urgence ne passe plus seulement par les mots, elle est partout dans le morceau.
La pochette le montre d’ailleurs comme on l’a souvent vu sur scène : plié en deux, micro serré entre les mains, comme si chaque mot devait sortir physiquement. Ceux qui l’ont vu en concert savent combien ce répertoire prend une autre ampleur devant une fosse, de Drache ! à « La Barmaid ! ». « Malade ! » semble déjà taillé pour ce terrain-là : court, rageur et construit autour d’un mot que tout le monde peut reprendre. Il faudra désormais voir ce qu’il donne le 15 octobre au MaMA Music & Convention, à Paris.
