Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés composent ce nouveau rendez-vous musical en images.
Hoshi – A ta santé consentement
Un mois après sa sortie, « À ta santé consentement » revient au premier plan à quelques jours de Bonjour docteur. Hoshi y parle des violences sexuelles, mais surtout de ce qui reste après : la honte, la peur, le rapport au corps et cette nécessité encore trop fréquente de devoir prouver ce que l’on a subi. « Que la honte change de place / Que la peur change de camp » résume tout ce que le morceau cherche à renverser. Après les blessures sentimentales des premiers extraits de l’album, Hoshi aborde ici une violence plus profonde, et ce qu’elle peut continuer à laisser longtemps après.
Réalisé par Edie Blanchard, le clip s’ouvre sur un groupe de parole où Hoshi prend place aux côtés de plusieurs femmes et d’un jeune homme. Son histoire apparaît d’abord par fragments : un gymnase, une partie de basket, une cour de récréation, puis cette tache rouge qui finit par marquer ses vêtements. Le même motif revient ensuite sur d’autres corps. Hoshi raconte à son tour son histoire, avant qu’une nouvelle femme ne rejoigne le cercle. À la fin, le refrain n’appartient plus seulement à une seule voix : tout le groupe le reprend ensemble. Des vécus différents, mais la même nécessité d’être cru et enfin écouté.
Kid Francescoli – Summer Days
Après avoir fait voyager son électro-pop cinématographique aux quatre coins du monde, Kid Francescoli, le projet du Marseillais Mathieu Hocine, revient avec « Summer Days », extrait de son nouvel album A Kind Wave. Porté par des synthétiseurs lumineux et une rythmique douce, le morceau évoque ces journées d’été qu’on aimerait voir durer éternellement. Derrière ses mélodies légères se glisse une pointe de nostalgie, celle des moments heureux dont on sait déjà qu’ils finiront par nous manquer. Une chanson qui donne envie de ralentir, de profiter du présent et de garder encore un peu l’été près de soi.
Pour accompagner « Summer Day », le phocéen nous emmène dans son Marseille natal ou ailleurs.Le clip alterne des moments de création dans son appartement et des promenades à travers la ville, jusqu’au Vieux-Port. Loin des mises en scène compliquées, Mathieu Hocine partage quelques instants de son quotidien, entre musique, soleil et paysages familiers. Marseille devient ainsi une ville où il puise son inspiration et à laquelle il rend hommage dans un clip très chaleureux.
Tout le monde s’appelle Clara – Otage
Tout le monde s’appelle Clara fait partie de ces groupes qui attirent vite l’attention par leur manière de ne pas lisser ce qu’ils racontent. Porté par Clara au chant et entourée de ses musiciennes, le projet avance avec quelque chose de frontal, parfois presque inconfortable, mais toujours très incarné. Sur « Otage », premier extrait dévoilé ce mois, elle refuse justement le passage obligé par la résilience. La chanson parle de ces moments où l’on n’a ni envie de se relever, ni de transformer ce qui fait mal en leçon de vie. La tension monte jusqu’à ce cri final dans les aigus, qui donne au morceau toute sa force.
Sur scène, le groupe reste simplement à son poste : Clara au centre, entourée de guitare, basse, batterie et clavier. La caméra circule entre les musiciennes, s’attarde sur les gestes, les regards, puis revient sans cesse vers elle. Au fil du morceau, la captation gagne en intensité sans chercher à en rajouter. La voix finit par prendre toute la place, jusqu’à ce dernier cri qui referme la vidéo. Une mise en bouche de ce qu’elles nous offriront le 16 octobre à La Cigale pour le MaMA, avant une résidence aux Bars en Trans en décembre.
Martin Luminet – Armure
Trois ans après Deuil(S), Martin Luminet revient avec « Armure », premier extrait de son deuxième album à venir. Toujours accompagné de Benjamin Geffen à la composition, l’artiste retrouve son écriture directe, entre colère, doutes et contradictions. Derrière ce titre, il interroge les protections que l’on se construit pour ne pas montrer ses faiblesses, mais aussi les erreurs et les blessures que l’on continue de porter. Sur une production pop tendue, il appelle autant à la révolte qu’à la réconciliation avec soi-même. Car à force de vouloir paraître invincible, on finit parfois par s’enfermer dans sa propre armure.
Réalisé par Manon Mavor, le clip en noir et blanc place Martin seul dans une pièce sombre, face à la caméra. Un casque de hockey dissimule d’abord son visage, avant qu’il ne le retire pour chanter à découvert. Les jeux d’ombre et de lumière, les regards et les gestes traduisent cette tension entre le besoin de se protéger et l’envie de laisser tomber les défenses. Sans changement de décor ni autre personnage, le clip repose entièrement sur sa présence. Ce casque, qu’il porte puis abandonne, résume à lui seul le conflit au cœur de la chanson : se cacher derrière une armure ou accepter de montrer ses fragilités.
Rone – Megaptera Novaeangliae
En juin dernier, Rone dévoilait Megaptera, un album né de sa rencontre avec le monde marin. Tout commence en 2020, lorsque des navigateurs diffusent ses morceaux en pleine mer et remarquent que dauphins et baleines semblent s’approcher de leurs embarcations. Le réalisateur Valentin Paoli lui propose alors de tenter l’expérience au large de La Réunion. De cette aventure naît le documentaire La Baleine et le Musicien. « Megaptera Novaeangliae » revient sur cette fascination pour ces animaux dont nous comprenons encore mal les réactions à notre présence.
Réalisée par Valentin Paoli à partir d’images inédites du documentaire, la vidéo plonge sous la surface de l’océan. Des silhouettes humaines évoluent dans une eau d’un bleu profond quand ce n’est pas une baleine, avec quelques remontées vers un bateau avant de replonger. Les corps paraissent minuscules face à l’étendue et à la faible lumière des profondeurs. Le clip rend aussi hommage aux plongeurs et apnéistes du tournage et accompagne la sortie en DVD de La Baleine et le Musicien, prévue le 3 novembre.
Brimheim – My collection
Brimheim aime aller chercher du côté des sentiments qu’on préfère souvent garder pour soi. « My Collection » part d’une série d’objets abandonnés : bagues jetées par-dessus bord, lettres d’amour déchirées, choses ramassées dans la rue ou sur une plage. Elle les garde, les expose et finit même par s’ajouter à cette collection, comme si donner une part de soi devait forcément appeler quelque chose en retour. Mais dès que l’autre envisage de partir, le ton change et derrière l’humour noir, le morceau parle surtout d’attachement, de peur du rejet et de ce moment où l’envie de retenir quelqu’un devient beaucoup plus inquiétante.
Une voix surgit dans le noir avant qu’un jardin enneigé n’apparaisse. À l’intérieur, Brimheim évolue parmi des objets accumulés, dans des pièces presque laissées à l’abandon. Filmée en noir et blanc, elle se lave les cheveux dans une bassine puis traverse cet espace étrange jusqu’à rejoindre une sorte de grenier. Là, elle saisit un râteau et se met à creuser frénétiquement le sol avant de laisser l’outil derrière elle et de franchir les bandes de plastique qui ferment la sortie. La voix entendue au début revient à la fin, comme pour refermer cet univers aussi attirant qu’inquiétant.
Adieu Narcisse – Le monstre
Sorti vendredi, Je nous ai promis un fiasco raconte la création d’un album pendant une transition de genre, entre deuils amoureux, identitaires ou sociaux et besoin de se reconstruire. « Le monstre », réalisé par Gabriel Desjardins, regarde surtout la manière dont les personnes trans sont perçues et tout ce que ce regard peut déformer ou rendre inquiétant simplement parce qu’il refuse de comprendre. Sur une base rock et électro, Adieu Narcisse laisse la colère prendre toute la place. L’artiste parle d’ailleurs d’un morceau pensé pour donner envie de danser, se défouler et même de « défoncer des choses avec ses poings ».
Au lever du jour, près de la mer, danse seul dans l’herbe. On le retrouve ensuite dans une salle de bain, sur une patinoire et dans d’autres lieux, toujours vêtu de rouge. Ses gestes deviennent de plus en plus nerveux, presque incontrôlables et la vidéo suit cette montée en tension jusqu’à revenir dans l’herbe, où il finit par s’écrouler. Après toute cette agitation, il ne reste plus qu’un corps épuisé au sol.
Mikano – #Fomo (SIREEEENNNNNS)
Mikano clôt How about warm nights? avec « #FOMO (SIREEEENNNNNS) », cinquième et dernier clip tiré du projet. Derrière son énergie légère, le parisien parle pourtant d’ambition, d’argent, d’attentes et de ces moments où le doute revient. Le Fomo dépasse ici la simple peur de rater une soirée : il devient aussi cette impression qu’il faut continuer à avancer, tenter sa chance et ne pas laisser passer la bonne occasion.
Pour ce dernier clip, Idriss Nassangar l’emmène du bowling aux salles d’arcade puis aux attractions d’une fête foraine, entouré de ses amis, sous les néons et les lumières colorées. La caméra reste proche du groupe et accompagne cette nuit qui semble ne jamais vraiment s’arrêter. Après quatre autres vidéos consacrées au projet, ce nouvel extrait termine donc la série sur quelque chose de très simple : des jeux, des manèges et une bande qui profite encore un peu avant de rentrer.
Bey – Crève
40 000 écoutes sur Spotify en trois semaines, Bey revient avec « Crève », un morceau pop-rock adressé aux personnes toxiques, notamment aux agresseurs. Sur des guitares abrasives, il oppose une mélodie presque joyeuse à des paroles pleines de rancœur, d’ironie et d’humour noir. Le refrain va droit au but et transforme la colère en quelque chose que l’on peut presque reprendre en chœur. Plutôt que de la retenir, l’artiste choisit de la chanter, de s’en moquer et de la faire sortir.
Mégaphone à la main, il déambule au pied des immeubles avant de retrouver ses musiciens dans un décor blanc, où il chante jusqu’à en transpirer. D’autres scènes le montrent dehors, notamment sur les marches d’un bâtiment, entouré de ses amis. Peu à peu, ceux-ci reprennent ses gestes, les musiciens les rejoignent et le clip se termine en groupe, en plein air. La colère du morceau ne reste alors plus seulement la sienne, mais elle devient un défouloir partagé.
Hotel Blue – Paolo
Premier extrait de son prochain projet, « Paolo » permet à Hotel Blue de rendre hommage à son grand-père, qui rêvait lui aussi de devenir chanteur. Une histoire de famille et de transmission, où deux générations se rejoignent autour d’une même passion. Porté par une pop alternative aux sonorités organiques et cinématographiques, le morceau raconte ce rêve que l’un n’a pas pu poursuivre et que l’autre fait vivre aujourd’hui. Hotel Blue choisit la tendresse plutôt que la nostalgie, en laissant simplement cette histoire familiale prendre sa place.
Tout commence par un vieux poste de radio posé dans un café à l’ancienne. Derrière son comptoir, le patron attend les clients, tandis qu’un homme entre, commande un café et s’installe à une table. L’artiste le rejoint quelques instants plus tard et entonne « Paolo » face à lui. Le reste tient surtout dans les regards, les silences et cette proximité entre les deux hommes. Puis ils quittent le café ensemble. La vidéo se referme sur le poste de radio du début, comme si la chanson venait simplement de passer d’une génération à l’autre.
Sébastien Delage – PopSong
Sébastien Delage annonce son quatrième album, La joie du chaos, attendu début 2027, avec « PopSong », une chanson sur l’impossibilité d’écrire une chanson pop. Tempo rapide, guitares saturées, refrain lumineux aux mélodies qui rappellent Lio : derrière cette énergie, l’artiste parle pourtant de précarité, de santé mentale et des difficultés à vivre de son art lorsqu’on est autiste et TDAH. Tout le morceau repose sur ce décalage entre une forme très entraînante et des sujets beaucoup moins légers.
Direction la fête foraine pour la vidéo où Sébastien Delage déambule entre les attractions, une barbe à papa à la main, joue avec ses amis, monte dans les manèges. Peu à peu, l’ambiance change : une pomme d’amour offerte à un garçon est rejetée, les rapprochements ne durent pas et l’artiste finit seul. La dernière image le montre enfermé, comme si toute cette agitation n’avait finalement rien réglé.
Marguerite Thiam – Little boy
Après « Ni l’une ni l’autre », Marguerite Thiam dévoile « Little Boy », une chanson douloureuse sur l’emprise exercée par une adulte sur une adolescente de 14 ans. Elle y revient sur une blessure dont on ne mesure pas toujours immédiatement la gravité, mais qui continue de peser des années plus tard. Aujourd’hui adulte, elle pose des mots sur cette relation, sur la détresse dont quelqu’un a profité et sur la colère qui accompagne cette prise de conscience. Un texte intime, difficile à entendre par moments, mais nécessaire pour raconter ce que cette expérience a laissé en elle. Nous pourrons notamment la retrouver sur scène à La Boule Noire, le 11 février prochain.
En noir et blanc, Marguerite Thiam apparaît seule face à la caméra, souvent dissimulée derrière une capuche, une casquette ou des lunettes sombres. Les plans rapprochés laissent voir son regard, parfois fuyant, parfois directement tourné vers nous. Ses gestes deviennent plus brusques, ses bras frappent dans le vide, tandis que son visage laisse passer une émotion plus retenue. Aucun autre personnage ou aucun retour sur les événements, seulement l’artiste, sa voix et cette colère qu’elle ne cherche plus à cacher.
Magentä – Un été
Magentä navigue entre pop française et électro, avec des chansons où les émotions restent souvent au premier plan. Sur « Un été », l’artiste parle de cette sensation de commencer à regretter un moment alors qu’on est encore en train de le vivre. La mélancolie contraste avec la légèreté du morceau, tandis que ce nouveau single ouvre aussi une nouvelle période, avec un EP actuellement en préparation.
Tournée à Bormes-les-Mimosas, sur la plage de Cabasson, la vidéo reste au bord de la Méditerranée. Casquette jaune sur la tête, Magenta marche sur le sable, chante face à la mer puis s’avance dans l’eau. Les images deviennent peu à peu plus calmes, jusqu’aux derniers plans où il flotte seul au milieu des vagues. Une façon simple de montrer ce moment où l’été est encore là, mais commence déjà à ressembler à un souvenir.
