Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés composent ce nouveau rendez-vous musical en images.
Yael Naim – Rabbit hole
Après les attaques du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi, Yael Naim s’est interrogée sur la manière de ne pas céder à la peur, à la haine et au désir de vengeance. De ces questionnements est née « Rabbit Hole », une chanson dans laquelle elle refuse d’opposer les souffrances des Palestiniens et des Israéliens. Pour elle, reconnaître la douleur de l’autre ne signifie ni oublier les injustices ni renoncer à ses convictions. Elle défend au contraire la nécessité de continuer à dialoguer, même lorsque tout semble pousser les populations à se dresser les unes contre les autres.
Tourné en Cisjordanie et réalisé par Yael Naim, le clip de « Rabbit Hole » réunit Ali Abu Awwad, militant palestinien pour la non-violence et la paix, et Nava Hefetz, rabbin israélienne engagée pour les droits humains. Assis face à face autour d’une petite table, au milieu d’une route déserte, ils échangent, se regardent et s’écoutent. Yael Naim les rejoint également, avant que leurs mains ne se retrouvent. Dans les dernières images, tous les trois s’éloignent côte à côte. Une fin émouvante qui rappelle que, malgré les blessures et les divisions, il reste possible de se parler et d’avancer ensemble.
Pierre de Maere – Opinel
Pierre de Maere n’a visiblement pas envie qu’on lui rende son cœur intact. Dans « Opinel », nouvel extrait de son deuxième album Ave de Maere, le chanteur belge raconte un amour qui fait mal et auquel il refuse pourtant de renoncer. Le couteau devient l’image de cette relation où la colère et la douleur permettent encore de garder un lien avec l’autre. Quitte à souffrir, autant que cette histoire laisse une trace. Derrière cette déclaration d’amour plutôt inquiétante, on retrouve surtout la difficulté de tourner la page lorsqu’on aime encore quelqu’un qui nous échappe.
Le clip prend des allures de thriller. Depuis sa chambre d’hôtel, Pierre de Maere espionne une jeune femme et enregistre ses faits et gestes. Mais lorsqu’elle surgit dans les couloirs, un couteau à la main, la situation s’inverse et le chanteur devient celui qui fuit. Leur rapprochement sous les feux d’artifice brouille encore les pistes : difficile de savoir s’ils cherchent à se retrouver ou à se faire du mal. Entre désir, obsession et menace, le clip raconte une relation dont aucun des deux ne semble vraiment capable de sortir.
Guillaume Perret – Stade
Guillaume Perret n’a pas besoin de paroles pour raconter la sensation d’être dépassé par les événements. Dans « Stade », premier extrait de From Silence, son cinquième album attendu le 27 novembre, le saxophoniste fait monter la pression. Entre jazz et électronique, les rythmes s’accélèrent, les sons se bousculent et son instrument semble lutter pour garder sa place. Une agitation qui évoque nos vies à cent à l’heure, cette fatigue qui s’accumule et cette difficulté à reprendre le contrôle. Pourtant, le musicien ne ralentit pas. Il joue encore, comme si s’arrêter revenait à céder.
Courir dans Paris en pleine nuit, un saxophone à la main, n’a déjà rien d’ordinaire. Mais pour Guillaume Perret, les ennuis commencent lorsque d’étranges câbles se mettent à le poursuivre. Sous le viaduc de Bir-Hakeim, ils s’accrochent à son instrument et semblent vouloir l’empêcher d’avancer. Sa fuite le conduit jusqu’à Saint-Nazaire, dans les entrailles d’un sous-marin où les fils finissent par l’emprisonner. L’espace se rétrécit, les mouvements deviennent impossibles. À genoux, complètement entravé, Guillaume Perret trouve pourtant encore la force de souffler dans son saxophone. Il n’a pas réussi à s’échapper, mais personne ne lui a pris sa musique.
Précipité – Je voudrais être mariée
Derrière Précipité se trouve François Clos, qui revisite « Je voudrais être mariée », un chant traditionnel notamment interprété par Sylvie Berger. Ce morceau clôturera State Police L.P., son nouvel album attendu le 13 novembre. Sur un marimba répétitif, quelques notes de piano et des sonorités électroniques, sa voix presque murmurée énumère les étapes d’une vie où tout semble déjà décidé : travailler, se marier, vieillir et attendre la mort pour enfin se reposer. Sous la douceur de cette interprétation se cache une critique de la condition féminine et des obligations imposées aux femmes pendant des générations. Un texte ancien qui n’a malheureusement pas perdu toute son actualité.
À quel âge commence-t-on à préparer les petites filles à devenir des adultes responsables ? François Clos pose la question en confiant le premier rôle de sa vidéo en noir et blanc à sa fille Suzanne. Aspirateur, ménage, courses au supermarché : l’enfant accomplit des tâches qui semblent parfois bien trop grandes pour elle, au point de devoir monter sur un tabouret pour atteindre certains objets. Le décalage entre son âge et ces responsabilités donne aux images une dimension à la fois tendre et dérangeante. Heureusement, la dernière séquence lui offre une échappée : une autre petite fille lui ouvre la porte et toutes deux s’en vont ensemble. Pour une fois, Suzanne laisse les corvées derrière elle.
Malaise Vagal (feat. Odile Feutré) – marcel et denise
La Parisienne Malaise Vagal retrouve Odil Feutré sur « marcel et denise », extrait de son album La Joconde paru au printemps. Fidèle à son univers futurepop excentrique, elle mêle sonorités électroniques et humour pour parler d’amour à travers deux prénoms qui semblent appartenir à une autre époque. Loin des passions dévorantes et des ruptures, la chanson s’intéresse à ces couples qui traversent les années ensemble. Une vision tendre et légèrement décalée de la vie à deux, où les habitudes et les souvenirs comptent autant que les grandes déclarations.
« marcel et denise » ont-ils toujours été aussi sages qu’ils en ont l’air ? C’est la question que semble poser Lola Rougier-Ormis dans cette vidéo aux couleurs de carte postale. Devant leur pavillon, un couple pose fièrement sur sa pelouse, accompagné de son petit chien. Malaise Vagal et son acolyte apparaissent dans ce décor presque trop parfait, avant que les images nous emmènent auprès de jeunes mariés qui courent, dansent et s’amusent en forêt. Le contraste entre ces deux couples laisse imaginer une même histoire à plusieurs années d’intervalle. Lorsque les images reviennent devant la maison, on regarde le couple autrement. Derrière leur apparente tranquillité se cachent peut-être les amoureux insouciants que l’on vient de voir.
Alba – N’importe quoi
Un an après Les Autres Mots, ALBA revient avec « N’importe quoi », un titre électro-pop qui donne envie de danser alors que les paroles racontent tout autre chose. L’autrice-compositrice-interprète franco-mexicaine parle de ces moments où l’on préfère raconter n’importe quoi plutôt que d’avouer qu’on va mal. « J’ai tant appris à faire semblant / Pour tenir le vide au milieu », chante-t-elle, évoquant la dépression, le manque de confiance en soi et cette habitude de sourire pour ne pas inquiéter les autres. Le rythme est entraînant, presque joyeux, mais derrière cette envie de bouger se cache une immense solitude. Celle de devoir jouer la comédie quand on aimerait simplement pouvoir dire qu’on est triste.
Drôle d’endroit pour se sentir aussi seule qu’Alba. Dans une discothèque baignée de lumières rouges, bleues et violettes, la chanteuse déambule en blanc, sans véritable compagnie. Tantôt installée sur un comptoir, tantôt assise sur un escalier ou devant des affiches de cinéma, elle chante face caméra pendant que les paroles défilent comme les sous-titres d’un vieux film. Même sous les boules à facettes, la piste de danse reste presque vide. Tout est pourtant réuni pour faire la fête, sauf l’essentiel : quelqu’un avec qui partager ce moment. Un contraste qui raconte bien cette sensation de se sentir à l’écart, même lorsqu’on fait tout pour donner l’impression de s’amuser.
D’accord Simon – Pas de nouvelles
Attendre un message qui ne vient pas et faire semblant de s’en moquer : D’accord Simon connaît bien la situation. Dans « Pas de nouvelles », extrait de son premier EP un peu quand même, le chanteur raconte ces petites angoisses amoureuses sur fond de guitares indie rock et de mélodies entraînantes. Entre passages presque parlés, humour et fausse désinvolture, il joue les amoureux détachés. Mais derrière ses plaisanteries, on devine surtout quelqu’un qui aimerait bien recevoir une réponse.
Dans les rues de Paris, D’accord Simon chante face à une caméra qui adopte le regard d’un smartphone. Il change de tenue, retrouve une jeune femme et partage avec elle quelques instants de complicité. Devant une porte bleue, au coin d’une rue ou près d’une grille, les images ressemblent à des vidéos personnelles prises sur le vif. Le compteur d’enregistrement continue de défiler, comme si ces moments ne devaient jamais s’arrêter. Des souvenirs heureux que l’on garde sur son téléphone, même lorsque la personne qui y apparaît ne donne plus de nouvelles.
Joolsy & Valentine Lambert – Des fontaines de lumières
Joolsy prépare la sortie de Les chants des possibles, son nouvel album attendu le 23 octobre, et partage « Des fontaines de lumière » avec Valentine Lambert. Entre chanson française, pop rock et influences des années 60, les deux artistes mêlent leurs voix sur une mélodie aux accents rétro. Ils chantent ces petites lumières que l’on trouve chez les autres et qui nous aident parfois à traverser les moments difficiles. Une chanson pleine de fantaisie et de tendresse, qui préfère regarder ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous sépare.
Tout commence dans l’obscurité, à la lueur de quelques lanternes. Puis Joolsy et Valentine Lambert surgissent du coffre d’une voiture, vêtus de costumes d’époque, avant de partir en balade dans une décapotable. Entre escapade à la campagne, balançoires et moments de complicité sur un banc, le duo s’amuse à retrouver une certaine insouciance. Leur aventure se termine dans une forêt, où d’autres personnages apparaissent à leur tour, lanternes à la main. Chacun apporte sa petite lumière, jusqu’à éclairer la nuit ensemble. Une conclusion simple et joyeuse, à l’image de leur chanson.
