Le dimanche 11 octobre, La Laiterie accueillait Temples à Strasbourg pour la première date européenne de leur tournée Bliss. Un concert qu’on attendait avec impatience, après être tombés sous le charme du groupe lors de leur passage en 2023.
À peine entrés dans la salle, un détail nous frappe : le rideau tiré pour réduire la jauge. On est d’abord étonnés, et un peu peinés pour le groupe, de réaliser que ce coup d’envoi n’affiche pas complet. Mais ce pincement au cœur se transforme vite en plaisir coupable : celui de profiter d’un concert de Temples en petit comité, dans une ambiance encore plus intime et chaleureuse que prévu. Un mal pour un bien, finalement !
Dès l’arrivée du quatuor britannique sur scène, le public compense largement son petit nombre par son enthousiasme. Et le groupe, lui, joue comme devant une salle comble. Entre acclamations et applaudissements, on oublie très vite cette histoire de jauge pour se laisser emporter par leur rock psychédélique teinté d’électro.
Metro Verlaine : une première partie pleine d’énergie
En première partie : Metro Verlaine et leur pop française aux accents rock et cold wave. Pas de formation complète cette fois-ci. C’est le duo au cœur du projet, Raphaëlle et Axel, qui est venu défendre ses titres, en particulier ceux de RODEORAMA, leur quatrième album dévoilé en septembre. Entre eux, une complicité évidente qui nous gagne immédiatement et promet un début de soirée étincelant. Au micro, Raphaëlle dégage une énergie brute, portée par les harmonies d’Axel. Leur sympathie contagieuse envahit la salle, qui le leur rend bien. En voyant leur pochette vinyle rouge et noir au stand de merch avant le concert, on s’attendait à quelque chose de plus sombre, plus froid. Finalement, ce qui ressort le plus de leur prestation, c’est de la bonne humeur, de la puissance et de la poésie, sur fond de mélodies rock’n’roll. Une très belle première partie, qu’on est ravis d’avoir découverte (coup de cœur pour « Polaroïd » et ses riffs entraînants!).
Temples, un rêve éveillé
C’est sur « Revelations », titre clé de leur dernier album Bliss, que Temples entre sur scène. Les chœurs construisent la tension et apportent une dimension presque mystique, avant que le drop, hyper énergique, ne fasse décoller la salle. On y est. C’est clairement le morceau parfait pour ouvrir cette tournée, qui réunit tout le savoir-faire du groupe et ses nouvelles approches plus électroniques.
Ils enchaîne avec « Certainty », le morceau qui avait emporté notre cœur à l’époque. La magie opère à nouveau, et les frissons sont les mêmes qu’en 2023 quand la voix de James Bagshaw va crescendo. Le set permet à chacun de trouver son compte, des classiques du groupe aux nouveaux morceaux. Temples prouve qu’il n’a plus rien à prouver. Entre riffs endiablés, voix aériennes, mélodies atmosphériques et batterie incandescente, on se laisse aspirer dans une spirale dont on n’a aucune envie de sortir. Les jeux de lumières colorés viennent sublimer la performance des Britanniques, et le son, parfaitement réglé, ne laisse rien à redire.
Comme « Certainty » il y a trois ans, un nouveau titre sort du lot et nous bouleverse : « Blue Flame », extrait de Bliss. En pleine effervescence psychédélique, James marque une pause. Les lumières bleues se tamisent, l’ambiance se fait plus vulnérable, plus sensible. Il entame le morceau a cappella, rejoint peu à peu par le reste du groupe, puis s’avance vers la fosse. Le temps semble suspendu, et cette communion avec le public prend tout son sens quand résonnent les mots « We live alone together » : une solitude collective, aussi mélancolique qu’onirique.
Onirique, c’est d’ailleurs exactement le mot qui définit ce concert. Tout du long, on a eu la sensation de flotter dans un rêve éveillé : un beau rêve, tantôt apaisant, tantôt entraînant, doux et féroce, mystique et mélodique. Tout ce que Temples sait faire de mieux. C’était visiblement un sentiment partagé : avant le rappel, le public applaudit près de trois minutes sans s’arrêter, jusqu’au retour du groupe sur scène. Le bilan ? Une salle pas complète, certes, mais assurément conquise.
Une fois de plus, Temples aura marqué nos esprits. On espère juste que le groupe a pris autant de plaisir que nous lors de cette première date, pour ainsi dire intimiste.
