Une semaine après les manifestations du week-end dernier, et à la veille de nouveaux rassemblements, Bonne Nuit revient ce vendredi 23 octobre avec « Les dents ». Le duo vendéen s’attaque au mépris social et à ceux qui regardent les classes populaires de haut. Un morceau en colère, qui tombe à un moment particulièrement agité.
Depuis notre rencontre aux Trans Musicales de Rennes en décembre dernier, nous avons retrouvé Bonne Nuit à plusieurs reprises. À Art Rock, à La Nuit de l’Erdre puis à Rock en Seine, Théodore Babarit et Étienne Coutand ont confirmé leur goût pour les concerts où l’on danse autant que l’on crie. Leur EP Criez, Vomir, Pleurer, paru en février, les a accompagnés tout au long d’une année bien remplie, entre festivals et Maroquinerie complète. Prochain rendez-vous le 20 novembre au Trabendo, également complet, où nous serons présents.
Cette fois, Bonne Nuit a décidé de montrer les dents. Et pas seulement pour sourire. Théodore et Étienne s’en prennent à ceux qui méprisent les classes populaires, à ceux qui parlent des « sans-dents » comme si la précarité était une honte. Leur pop électronique retrouve ses accents punk, entre provocation, colère et envie d’en découdre. Le morceau parle à tous ceux qui en ont assez de serrer les mâchoires et de subir en silence. Pas besoin d’en faire un hymne aux manifestations pour comprendre ce qu’ils ont sur le cœur.
Réalisé par Emma Kraemer, le clip en noir et blanc s’intéresse surtout aux gens que l’on croise sans forcément les regarder. Un couple danse devant des silos industriels, des jeunes discutent dans l’herbe, des enfants jouent à la marelle, un homme mange seul dans sa cuisine. On s’embrasse, on court, on fait la fête dans un appartement, tandis que des images de manifestations se mêlent à ces scènes du quotidien. Théodore et Étienne apparaissent eux aussi dans la rue, avant que la caméra ne s’attarde sur des bouches filmées en très gros plan. Des dents différentes, des visages qu’on ne voit plus, mais autant de vies derrière ces images. La réalisation donne ainsi une place à ceux que l’on préfère trop souvent résumer à leur situation sociale. Et rappelle que les « sans-dents » ont aussi des visages, des histoires et des choses à dire.
