Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés composent ce nouveau rendez-vous musical en images.
Feu ! Chatterton – L’étranger
Ceux qui ont déjà vu Feu! Chatterton sur scène connaissent la place que prend « L’Étranger » en concert. Extrait de Labyrinthe, le morceau mêle rock et sonorités électroniques dans une ambiance sombre et hypnotique. La tension monte, le rythme se fait de plus en plus prenant et les mots d’Aragon reviennent comme une incantation. Le groupe le décrit lui-même comme « technoïde, dansant, ombrageux et mystique ». Une chanson qui donne autant envie de danser que de se laisser emporter.
Réalisé par Ernest Bouvier, Rémy Monti et Jordan Le Galèze, le clip nous entraîne dans un univers en noir et blanc, entre dessin et images réelles. Une branche, un arbre immense, une forêt, des silhouettes qui courent sous la pluie ou tombent dans le vide : les images se succèdent, parfois inquiétantes, toujours fascinantes. Les membres du groupe apparaissent à leur tour, perdus dans ce décor étrange, avant d’être baignés d’une lumière aveuglante au pied d’un arbre monumental. Un clip aussi beau que troublant, qui accompagne parfaitement la montée en puissance du morceau.
Caroline Rose – Valery (please don’t be mad at me)
Caroline Rose dévoile « Valery (Please Don’t Be Mad at Me) », dernier extrait de son nouvel album Gentling the Horse at the Walt Whitman Mall, paru ce 23 octobre sur son propre label, SUCK Records. L’artiste américaine y revient sur des souvenirs douloureux de son enfance et de ses années new-yorkaises. Derrière le prénom Valery, deux personnes : son meilleur ami d’enfance, mort d’une overdose d’héroïne, et un autre ami également confronté à l’addiction. Leurs histoires se mêlent dans cette ballade aux accents de crooner, où Caroline Rose chante le manque, les regrets et l’impuissance face à ceux qu’on aurait voulu sauver.
Cette fois, le bar n’est pas vide, alors que Caroline Rose n’avait qu’un barman pour spectateur dans sa précédente vidéo. Cheveux orange et veste blanche, la chanteuse quitte son micro pour rejoindre la table d’un client, s’installe sur une banquette et grimpe sur une table. Chloé Aktas imagine cette prestation comme une déclaration à Valery. Malgré l’agitation autour d’elle, l’artiste semble chanter pour une seule personne, celle qui n’est plus là pour l’entendre.
Sam Sauvage – Comme les grands
Sam Sauvage n’avait encore jamais parlé aussi ouvertement de son enfance. Dans « Comme les grands », extrait de la nouvelle édition de Mesdames, Messieurs !!, le chanteur, sacré Révélation masculine aux Victoires de la Musique, évoque l’absence d’un parent et les blessures qu’elle a laissées. L’idée lui est venue après une séance chez un psychologue, lorsqu’il a découvert l’expression « enfant intérieur ». Les mots sont alors arrivés presque naturellement. Une chanson intime dans laquelle il revient sur ce petit garçon qui a dû grandir avec un manque, et sur l’adulte qu’il est devenu.
Dans le clip, Sam Sauvage retrouve cet enfant au milieu d’un univers de bureaux. Tandis que les employés discutent autour d’un distributeur de café, un petit garçon reste seul à une table. Le chanteur finit par le rejoindre, puis tous deux traversent les bureaux et dansent ensemble au pied des immeubles. Peu à peu, la solitude laisse place à des moments partagés, jusqu’à une scène réunissant les collègues. Derrière ces images, une idée simple et touchante : l’artiste ne peut pas changer son enfance, mais il peut aujourd’hui offrir à ce petit garçon l’attention qui lui a manqué.
The Amber Day – Gold
Comment continuer à vivre normalement quand les mauvaises nouvelles s’accumulent ? C’est la question que pose The Amber Day dans « Gold », nouvel extrait de son album Acronym, attendu le 30 octobre. Le groupe mêle indie folk, mandoline, guitares et batterie entraînante, porté par la voix de sa chanteuse américaine. Derrière cette mélodie lumineuse, les paroles évoquent pourtant la culpabilité de poursuivre son quotidien alors que le monde va mal. Entre l’envie de profiter de la vie et le sentiment de ne pas en faire assez pour changer les choses, le titre raconte un malaise dans lequel beaucoup pourront se reconnaître.
Pas de mise en scène compliquée pour accompagner cette chanson. Quelques oiseaux traversent le ciel, puis les cinq membres de The Amber Day apparaissent au milieu des herbes hautes, face à la mer. Vêtue de rose, mandoline à la main, la chanteuse interprète le morceau entourée de ses musiciens. Le vent souffle, le soleil éclaire les visages et le groupe joue en plein air, sans autre décor que le paysage. Difficile de ne pas voir dans ces images une envie de souffler un peu, loin des informations anxiogènes et des préoccupations du quotidien. Un moment de liberté qui n’efface pas les problèmes du monde, mais permet au moins de reprendre son souffle.
Edouard Bielle & Bon Entendeur – Signal perdu
Édouard Bielle retrouve Bon Entendeur sur « Signal perdu », un titre disco-pop qui emprunte aux années 80 ses synthétiseurs et ses rythmes dansants. Le chanteur y cultive son goût pour la variété française rétro, accompagné par un duo qui affectionne lui aussi les sonorités d’une autre époque. Pourtant, derrière cette musique légère, il est question de communication difficile, de ces moments où deux personnes ne parviennent plus à se comprendre. De quoi danser sur des sentiments un peu moins joyeux.
Réalisé par Eddie Blanchard, le clip nous emmène sur le plateau du « BE TV Show », une émission qui rappelle Champs-Élysées. Coupe mulet, chemise brillante et pantalon rayé, Édouard Bielle vient y interpréter son titre devant deux présentateurs incarnés par Bon Entendeur. Mais ces derniers en font rapidement trop. L’un tente de rafraîchir le chanteur, l’autre cherche à attirer son attention, jusqu’à provoquer quelques disputes et jouer avec les projecteurs. Rideaux scintillants, ballons rouges et costumes extravagants complètent cette parodie des émissions de variétés. Le trio finit réuni devant le micro, après avoir transformé la prestation en joyeux désordre.
Loa Mercury – Désir
Loa Mercury se dirige doucement vers Big Bang, son nouvel album attendu le 27 novembre, avec « Désir ». Sur une production aux sonorités industrielles signée Feng, la chanteuse parle de cette envie d’aller plus loin, malgré les doutes et les peurs. Elle encourage à suivre ses ambitions et à choisir sa propre voie, sans laisser les autres décider à sa place. Sa voix laisse aussi entendre une certaine fragilité, derrière l’énergie du morceau. Entre pop, rock et influences électroniques, ce nouveau single donne un aperçu des différentes directions que pourrait prendre l’album.
Un champ asséché à perte de vue, un soleil écrasant et Loa Mercury seule au milieu de ce paysage désertique. La chanteuse laisse tomber un livre intitulé Telekinesis for Beginners, avant que les éléments ne se déchaînent autour d’elle. Le vent soulève la poussière, des débris tourbillonnent et une tempête éclate. Tantôt allongée au sol, tantôt debout face aux rafales, elle semble hésiter entre subir et résister. Des insectes apparaissent également dans sa main, ajoutant une touche mystérieuse à ces images. Le clip raconte ainsi une lutte contre ses propres peurs, jusqu’à cette volonté de reprendre le contrôle de sa vie.
2120 – Spotlight!
Quelques jours après notre interview de 2120, réalisée à l’occasion de la sortie de leur nouvel album Powderry Notes, le trio québécois dévoile le clip de « Spotlight! ». Entre rock, soul et pop rétro, le morceau rappelle l’attachement des trois musiciens aux sonorités des années 60. Les mélodies sont entraînantes, les refrains accrocheurs et les influences britanniques côtoient celles de la soul américaine. Le groupe montréalais sera bientôt de retour à Paris, le 12 novembre à La Boule Noire.
Un homme en imperméable, une femme à ses côtés, des images en noir et blanc dignes d’un vieux polar hollywoodien. Mais ce que l’on regarde est en réalité un film diffusé devant un jeune couple. Peu à peu, les deux amoureux se mettent à reproduire les pas de danse des personnages, avant de sortir dans la rue et d’entraîner d’autres personnes dans leur chorégraphie. Édouard Gingras joue sur les allers-retours entre le film en noir et blanc et la réalité en couleur, mêlant cinéma noir et comédie musicale dans cette vidéo tournée entre Montréal et Paris, où la danse finit par réunir tout le monde.
Izae ft Corine – Je te cherche dans la nuit
En attendant son nouvel EP Super Tard, attendu le 12 novembre, Izae retrouve Corine sur « Je te cherche dans la nuit ». Derrière ses rythmes dansants et ses sonorités rétro, inspirées notamment de Niagara et des Rita Mitsouko, le morceau parle de celles et ceux qui ne font plus partie de notre vie. Amis perdus de vue, proches disparus, relations qui se sont éloignées : les deux artistes chantent ces absences et les souvenirs qui restent. Leurs voix se répondent sur une pop entraînante, où la nostalgie n’empêche jamais de danser.
Lumières orangées, tenues rétro et ambiance de plateau télé des années 70 : Izae et Corine jouent pleinement la carte vintage dans leur lyric vidéo. Assis côte à côte, les deux artistes interprètent le morceau en échangeant quelques regards complices. Corine porte un ensemble rose scintillant aux épaules volumineuses, tandis qu’Izae apparaît en chemise à volants et veste en jean. Les paroles défilent en jaune au bas de l’écran, sans autre mise en scène, et où leur complicité suffit à accompagner cette chanson sur les personnes qui nous manquent encore.
Franky Gogo – Ils me rient tous au nez (Théodora)
Franky Gogo reprend « Ils me rient tous au nez » de Théodora, une chanson dans laquelle l’artiste queer reconnaît une partie de son histoire. « Tout me parlait et je me suis revu.x, revécu.x, re-revu.x, il fallait que je la chante parce que tout est vrai », confie-t-iel. Les paroles font écho au regard des autres, aux blessures du passé et au désir de vivre librement. L’artiste livre une interprétation personnelle de ce que ces mots réveillent en ellui, et signe la réalisation et les arrangements du morceau aux côtés de Mx Mnk, tandis que le mixage est assuré par Mx Mnk et Antoine Gaillet.
Un kayak au milieu d’un jardin, des nuages qui envahissent l’image, puis une galerie de personnages aux gestes saccadés. Le clip de Franky Gogo ressemble à une succession de photographies qui prendraient vie. Certains jouent aux cartes, d’autres s’embrassent ou posent près d’une moto. Puis tous se réunissent pour porter le kayak sur leurs épaules, comme lors d’un cortège funéraire. Enterrent-ils une ancienne version de l’artiste, ses blessures ou le regard des autres ? Rien n’est vraiment expliqué. Les nuages reviennent et l’artiste réapparaît dans son jardin, au terme d’un rêve étrange dont chacun pourra tirer sa propre interprétation.
