Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés composent ce nouveau rendez-vous musical en images.
Juste Shani – Y’a quoi
Juste Shani n’a pas l’intention de se taire pour faire plaisir aux autres. Dans « Y’a quoi », la rappeuse règle ses comptes avec le racisme, le sexisme et tous ceux qui pensent pouvoir lui dicter sa conduite. Elle manie l’ironie et la provocation, renvoie les jugements à leurs auteurs et n’hésite pas à les ridiculiser. Pas question de s’excuser d’être une femme qui prend de la place, qui a des choses à dire et qui refuse de rentrer dans le rang. Et tant pis si ça dérange !
Réalisé par Steven Kali et Sacha Andres, le clip s’amuse à pousser l’absurde assez loin. Un chien prend le volant d’une voiture, les situations deviennent de plus en plus improbables et Juste Shani traverse des décors qui ressemblent à un collage animé. On sourit devant cette succession d’images décalées, mais la rappeuse n’a rien perdu de sa colère. Elle préfère répondre aux préjugés en les tournant en ridicule plutôt que de leur accorder le sérieux qu’ils réclament. Une façon bien à elle de remettre les choses à leur place.
Makoto San – VYG
Sur « VYG », contraction de « voyage », Makoto San nous invite à prendre le large, mais aussi à regarder derrière nous. Dernier morceau de Také Odyssée, leur nouvel album attendu le 29 janvier 2027 chez Yotokan Records, le titre dégage une douceur particulière. Les sonorités électroniques se mêlent à des textures plus organiques, dans une atmosphère mystérieuse et apaisante. On imagine un voyageur arrivé au bout de son périple, partagé entre la nostalgie de ce qu’il laisse derrière lui et la curiosité de ce qui l’attend. Une belle façon de terminer un voyage tout en laissant la porte ouverte à d’autres horizons.
Dans le clip, une silhouette portant un imposant instrument traverse une terre dévastée avant de rejoindre une forêt où la végétation reprend peu à peu ses droits. Un second voyageur apparaît, partage un bout de chemin, puis repart de son côté. Ces quelques images suffisent à faire naître une certaine mélancolie. Elles nous rappellent ces personnes que l’on croise, qui comptent parfois énormément, mais qui ne sont pas destinées à rester. La silhouette reprend sa route, seule, tandis que la nature retrouve ses couleurs. Et malgré la solitude du départ, quelque chose de rassurant se dégage de cette fin.
Marie Chaplet – Mais je t’aime
Le 30 octobre dernier, Marie Chaplet s’est emparée de « Mais je t’aime », le duo bouleversant de Grand Corps Malade et Camille Lellouche. Après son EP Live at KHL, paru en juin, la chanteuse revient à une formule dépouillée : un piano, quelques touches de mélodica et cette voix tendre qui semble parfois sur le point de se briser. Elle ne cherche pas à reproduire la version originale. Elle s’approprie cette histoire d’amour cabossée, où l’on se blesse parfois sans jamais cesser de s’aimer. Sa retenue rend certains passages encore plus touchants.
Réalisé par Timothy Andrew, le clip nous emmène dans une grande salle baignée de lumière. Marie Chaplet chante derrière son piano pendant que la danseuse Gemma Rijnders fait vivre la chanson à travers ses mouvements, tour à tour délicats et passionnés. Et puis, dans les derniers instants, la chanteuse rejoint son compagnon, leur bébé dans les bras. Cette scène apporte une tendresse inattendue à la reprise. Après les blessures et les doutes racontés dans la chanson, on découvre cet amour dans ce qu’il a de plus concret : une famille réunie.
TeddyBear – Les monstres
Sorti le 30 octobre dernier, Le plus beau, premier album de TeddyBear, renferme « Les monstres », une chanson qui pose une question aussi simple qu’angoissante : jusqu’où la peur de mourir peut-elle nous empêcher de vivre ? L’artiste évoque ces occasions qu’on laisse filer, ces sentiments qu’on garde pour soi et tous ces petits bonheurs qu’on remet à plus tard, persuadés qu’on aura toujours le temps. Mais à force de redouter le pire, on finit parfois par oublier de profiter de ce qu’on a sous les yeux.
Dans le clip, TeddyBear est mis en scène dans un supermarché où le danger semble l’attendre à chaque rayon. Un micro-ondes explose, une rencontre prend une tournure inquiétante et même la Mort doit interrompre son dîner pour enfiler sa tenue d’employé et reprendre sa faux. L’absurdité de ces situations prête à sourire, mais derrière cet humour noir se cache une vraie tendresse pour nos petites angoisses. On passe tellement de temps à imaginer ce qui pourrait nous arriver qu’on en oublie parfois de vivre. Et si le plus effrayant n’était finalement pas de mourir, mais de regretter tout ce qu’on n’a pas osé faire ?
Joye – Broken
Après son premier EP angel (this mixtape is for u), sorti en mai 2025, Joye revient sur les blessures d’une rupture dans « Broken ». La jeune artiste française raconte ce moment où l’on comprend que l’histoire est terminée, sans parvenir encore à l’accepter. Sa voix douce, presque lointaine, laisse deviner toute la fragilité de cet état de choc. Pourtant, le rythme dansant contraste avec la tristesse de ses mots. Comme si une partie d’elle avait déjà envie de se relever, même si son cœur n’est pas encore prêt. Car après une séparation, on peut vouloir aller mieux sans savoir comment s’y prendre.
Dans le clip, Joye se retrouve face à Cookie Kunty, drag queen révélée notamment par Drag Race France, qui endosse le rôle d’une thérapeute aussi impressionnante qu’extravagante. Derrière son bureau, cette dernière écoute une jeune femme visiblement perdue, encore incapable de comprendre ce qui lui arrive. Le contraste entre les deux personnages apporte une touche d’humour à une situation pourtant douloureuse. Mais derrière cette consultation un peu particulière, c’est surtout la difficulté de se reconstruire qui se dessine. Après tout, confier sa peine à quelqu’un ne suffit pas toujours à la faire disparaître.
Nous étions une armée – Parle fort
À quelques semaines de son premier concert en tête d’affiche à La Cigale, prévu le 28 novembre, le duo Nous Étions Une Armée dévoile « Parle fort », un nouveau single qui n’a pas l’intention de rester discret. Léo Nivot y exprime sa colère face aux injustices et à ceux qui voudraient faire taire les voix dérangeantes. Sa manière de chanter, toujours aussi intense, donne au morceau une urgence particulière. Les guitares prennent une couleur plus rock et la présence d’un batteur cagoulé accentue cette énergie brute. Une chanson qui donne envie de hausser le ton plutôt que de baisser les yeux.
Dans le clip, Léo Nivot se retrouve sur un plateau de télévision, invité à s’expliquer après une supposée mise en examen. Mais l’entretien tourne rapidement à l’affrontement. Le chanteur s’emporte, la sécurité intervient et finit par le plaquer au sol. Derrière cette scène volontairement provocatrice, le duo s’attaque à la manière dont certaines voix contestataires peuvent être traitées dans les médias. La dernière séquence change pourtant de décor, Léo retrouve une foule en ébullition, comme si cette colère, jusque-là contenue, devenait celle de tous. Une fin qui donne une autre portée à la chanson, celle de ne plus avoir peur de se faire entendre.
Madlen Keys – I remember – M’arricordu
Le deuil laisse parfois des blessures que le temps ne suffit pas à refermer. C’est ce sentiment que le quatuor rock alternatif corse Madlen Keys explore dans « I Remember – M’arricordu », extrait de leur prochain EP. Entre anglais et corse, la chanson évoque les absences qui continuent de nous habiter, ces souvenirs auxquels on s’accroche pour ne pas perdre complètement ceux qu’on aime. Inspiré par les Mazzeri, figures des croyances corses associées à la mort, le morceau fait se rencontrer douleur, mémoire et spiritualité. Une part d’espoir subsiste pourtant au milieu de cette tristesse.
En noir et blanc, le clip suit une vieille femme qui descend d’un véhicule, ajuste son foulard et s’aventure dans la nature. Elle touche la terre, prononce des incantations, comme si elle cherchait à entrer en contact avec quelque chose qui nous échappe. Ailleurs, une jeune femme chante, jusqu’à ce que leurs chemins se croisent. Leurs gestes sont empreints d’une grande tendresse, notamment lorsque l’aînée prend doucement le visage de la plus jeune entre ses mains. Difficile de ne pas penser à ces êtres disparus dont on aimerait sentir encore une fois la présence, ne serait-ce que quelques secondes.
Celeno – Infinity
Après « Origin », « Eyes Open » et « Refuge », Celeno nous emmène un peu plus loin dans son univers rétrofuturiste sur « Infinity », sorti en juillet dernier et avant son premier album annoncé pour le printemps 2027. Derrière ce voyage spatial se cache une question très humaine : parmi des milliards de possibilités, quelles sont les chances de rencontrer une personne qui changera notre vie ? Le morceau s’intéresse à ces rencontres improbables qui arrivent sans prévenir et bouleversent parfois tout ce que l’on croyait savoir. Une manière assez touchante de parler du hasard, de l’amour et de ces liens qui semblent presque impossibles jusqu’au jour où ils deviennent réels.
Dans le clip, Celeno prend les commandes d’un vaisseau spatial dont le cockpit a été construit à partir de véritables synthétiseurs et machines. Au milieu des galaxies et des étoiles, le chanteur apparaît tour à tour au micro et à la guitare. Puis surgit un diamant lumineux, comme cette personne précieuse que l’on espère rencontrer au milieu de l’immensité. Derrière son esthétique de science-fiction, le clip raconte cette envie de trouver quelqu’un, même lorsque les chances semblent infimes.
La parade – Vénus et Neptune
Le groupe La Parade nous embarque dans son univers pop-rock teinté d’électro sur « Vénus et Neptune », un nouveau single qui parle d’amour et de différences. Derrière ces deux noms de planètes se dessine l’histoire d’un couple où chacun tente de trouver sa place sans renoncer à ce qu’il est. Les guitares apportent une énergie dansante à cette chanson qui raconte autant ce qui rapproche deux personnes que ce qui peut les éloigner. Car aimer quelqu’un ne signifie pas forcément se ressembler, ni toujours réussir à se comprendre.
Pour illustrer cette chanson, La Parade a réuni quelques amis et transformé une simple chambre en décor de tournage. Le clip commence par une séparation, puis remonte le fil de cette histoire pour retrouver les disputes, les moments heureux et les instants de complicité. Le lit, les objets et la lumière changent au fil des scènes, comme autant de souvenirs laissés derrière soi. On aime cette réalisation artisanale qui raconte les hauts et les bas d’une relation sans jamais quitter la pièce. Une chambre peut finalement contenir toute une vie à deux.
