« Qui a tué mon père. » l’adresse poignant d’Edouard louis à son père

On avait découvert Edouard Louis en 2014 avec le succès de son premier roman « en finir avecEddyBellegueule » qui précédait « histoiredelaviolence » son deuxième roman paru en 2016, cette fois il revient avec « qui a tué mon père » son nouveau roman qui accuse, puisqu’il les connait, les coupables de cette mort, « l’histoire de ton corps accuse l’histoire politique ».

Il y’a urgence selon l’auteur à parler de la violence sociale, violence qui a tué son père et les coupables il les connait et les nomme «Hollande, Valls, El Khomri, Hirsch, Sarkozy, Macron, Bertrand, Chirac. L’histoire de ta souffrance porte des noms.»Pour lui ils sont responsables du déclin de son père du faîte de leur politique successive qui l’a physiquement détruit.

« je n’ai jamais vu de famille partir à la mer pour fêter une décision politique, parce pour eux, la politique ne change presque rien » se souvient-il lorsqu’un jour, son père apprenant que la prime de rentrée serait augmentée de 100 euros, décide de les amener à la mer, « tu étais fous de joie, tu avais crié dans le salon : on part à la mer, et on était partis… »

Il dresse un véritable réquisitoire à l’encontre de tout ce qui a pu contribuer à la mort de son père, sans manquer de se remettre en scène pour évoquer une relation compliquée avec ce dernier. « Un soir, dans le café du village, tu as dit devant tout le monde que tu aurais préféré avoir un autre fils que moi. Pendant plusieurs semaines j’ai eu envie de mourir. »

Mais derrière ce récit, il y’a une volonté de pardonner à ce père qui, malgré sa froideur, pouvait défendre son fils face à un professeur, avoir des fous rires partagés… « il me semble que je t’aime » ou encore quand il admet dans le second chapitre « je n’étais pas innocent »

Edouard Louis nous avait déjà parlé de ce père  alcoolique et aux idées arrêtées dans son premier livre, mais il n’a pas peur de se répéter, « parce que ce que j’écris, ce que je dis ne répond pas aux exigences de la littérature, mais à celles de la nécessité et de l’urgence, à celle du feu ».

Dans ce roman encore, seul le fils parle face à un père muet et il le concède « le père est privé de la possibilité de raconter sa propre vie et le fils voudrait une réponse qu’il n’obtiendra jamais.»

« Qui a tué mon père » Edouard Louis

Édition du Seuil, 12€, 96 pages.

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