Immersion à la 43 édition du Paléo festival à Nyon (Suisse)

C’est la toute première fois que nous couvrons le Paléo festival, nous y allons en ayant eu de bons retours de nos confrères qui ont déjà couvert l’événement et ce n’était pas pour nous faire plaisir

Le festival a débuté hier mardi avec des têtes d’affiche comme Dépêche Mode ou Django Django.

Nous arrivons sur les lieux mercredi matin, peu avant midi, le temps de récupérer nos accréditations à l’accueil nous voilà à l’intérieur du site qui n’ouvre au public qu’à partir de 16h.

L’occasion pour nous d’explorer le parc en toute tranquillité, à part l’équipe des bénévoles et les techniciens qui s’activent le site est totalement vide et immense, plus immense que le site du festival Solidays à l’hippodrome de Longchamp à paris.

Il faut dire que le Paléo festival c’est jusqu’à sept scènes (Grande scène, les Arches, le Dôme, le club Tent, le Détour, la ruche et l’Escale…) repartis sur 84 hectares qui accueillent plus de 230.000 festivaliers avec une offre de quelques 250 concerts et spectacles.

Nous faisons escale au village du monde inauguré en 2003 et qui s’articule autour d’une région du monde, cette année c’est l’Europe du Sud qui est à l’honneur confirmant la volonté constante du festival d’ouverture au monde.

17h30 : Eddy de Pretto : Le Kid la joue virile pour son 1er Paléo.

Nous tombons sur Eddy De Pretto sur la scène des Arches, pour ce qui est de son premier Paléo, c’est une entrée fracassante sous un soleil ardent et devant un public immense dont la moyenne d’âge frôle la vingtaine. Le Kid du rap français, dans son décor son et lumière habituel et flanqué de son batteur, prend ses aises devant cette jeunesse amoureuse et en délire qui n’hésite pas pour certain à sortir leurs drapeaux LGBT. Dans son style Oldschool et une sensualité dans la voix, il égrène ses textes en défiant le public du regard ou en mimant des pistolets avec ses doigts.

Quarante minutes plus tard il s’éclipse de scène laissant un public orphelin derrière qui aux cris de « Eddy, Eddy, Eddy » ne réussira pas à le faire revenir, il n’y aura pas de «minutes de trop»

Nous passons devant la grande scène où Vianney est en train de faire son show devant un parterre d’adolescents tout émoustillés.

Au club Tent c’est Angèle qui donne de la voix, la jeune Belge, sœur de l’autre, distille des notes douces.

21h : Jain : Seule sur scène avec ta table de mixage

Jain seule avec sa table de mixage et son éternel col Claudine, la jeune Jain nous embarque dans son univers pop électrique irrésistible. Le public connaît les morceaux sur les bouts de doigts et n’hésite pas à chanter avec elle quand elle lance « est-ce que vous pouvez me montrer ce que vous avez dans le ventre ? ».

©️: Paléo 2018 / Lionel Flusin

L’effet Jain fait un tabac et le public a du mal à vider la fosse de la grande scène à la fin de sa prestation tellement c’était entraînant

Jeudi 19 juillet 2018

C’est notre premier réveil à Nyon et il fait une chaleur caniculaire qui nous étouffe dès le matin, il va devoir se motiver pour sortir sous cette chaleur ardente.

Nous nous rendons à l’espace Cosmo vers 16h où a lieu le showcase de Danitsa devant la presse.

Nous passons vers le club Tent à 17h où la prestation de l’Orage & l’Eclair = La Tempête bat déjà son plein, deux générations qui s’affrontent sur scène en s’inspirant les uns des autres à l’aide de guitares, saxo et tambour. Ils sont 13 sur scène et c’est un beau bordel musical qu’on apprécie sans s’empêcher de faire quelques pas…

Trois heures plus tard, c’est coincé entre le public de la fosse de l’Arche que nous assistons au show des sœurs franco-cubaines d’Ibeyi qui, tandis que l’une est sur le piano l’autre donne de la voix sur son cajon en invitant le public à danser avec elles ce soir et non avec les esprits.

©️: Paléo 2018 / Anne Colliard

21h15 : Nekfeu : Bain dans la foule

Débarquant au pied de la grande scène du Paléo comme il a l’habitude de le faire dans la majorité de ses concerts, Nekfeu va directement au contact de son jeune public avec sa joute verbale. Il rejoint la scène par la suite où il convoque son S-Crew, car comme il le faire remarquer, ce soir il est venu en famille comme la plupart des festivaliers. « On va le faire, on va le faire » lance-t-il au public pour calmer les ardeurs de certains qui sont impatients de le voir se jeter dans la foule, « pas de pogo ce soir, on m’a dit qu’il ne fallait pas le faire ici », mais c’est peine perdue, le public n’a que foutre et se lance dans un tourbillon de pogo qui fait baigner la grande fosse dans une fumée de poussière.

Bien avant lui, nous avons assisté un peu plus tôt au concert sauvage de Feder

©️: Paléo 2018 / Nicolas Patault

Gorillaz : l’événement de ce jeudi soir

Le groupe Britannique emmené par son leader Damon Albarn était très attendu ce soir à la plaine de l’Asse, entré sur scène sur « hello » c’est un Gorillaz aux mille facettes qu’on découvre accompagné d’une multitude d’invités vocaux qui se succèderont sur scène. Une bonne partie de « The Now Now » leur dernier album est passé en revu sur la grande scène par les douze musiciens et choristes parmi lesquels Little Simz, jeune rappeuse londonienne qui s’est produit un peu plus tôt sur la scène du Détour.

En sweat-shirt canari, Albarn fait le show pour le bonheur du public du premier rang qui le dévore de près lorsqu’il interprète « Rhinestone Eyes ». C’est un show en dessous de ce qu’on attendait, mais le public ne semble pas leur en vouloir, « c’était mieux que leur concert Humanz à l’Aréna de Genève, ils se sont rattrapés » lance une fan en quittant la fosse.

Nous terminons la soirée au club Tent pour le concert de Tshegue, j’ai dû convaincre des collègues qui n’étaient pas emballer au départ de me suivre et ils n’ont pas été déçu à la fin du spectacle. Mais j’ai trouvé la star du groupe un peu fatigué ce soir, quand d’autres la trouvait en pleine forme, on mettra cela sur l’effet de la première fois. Il fait chaud sous ce chapiteau, mais le public n’en démord pas, il est là pour faire fête et terminer cette soirée en se laissant entrainer sur des pas de danses en provenance du Congo Kinshasa.

Vendredi 20 juillet 2018 : « un Paléo sans pluie n’est pas un Paléo »

C’est sous un ciel chargé que nous commençons la journée à la P’lasse du festival où la pluie se met à tomber à l’heure du traditionnel apéro des campeurs (vers 11h30), nous nous abritons au bar le Rivella où nous buvons plusieurs verres de bière avec les campeurs. On apprend qu’à chaque festival il pleut et que ça ne surprend plus personne, une année d’ailleurs il avait plu durant toute la semaine du festival et que de toute façon « un Paléo sans pluie n’est pas un Paléo », ainsi soit-il. Nous faisons aussi observer que contrairement à ailleurs, ici la bouteille en verres ne sont pas interdits puisqu’on a vu des bouteilles joncher le parc et des festivaliers avec des verres à la main. Ici ça ne pose pas problème, il n’y a jamais eu d’incidents et les bouteilles en verre sont présents partout.

Après ce court passage pluvieux, nous fonçons à l’espace presse où a lieu le showcase de XTRM Tour, trois MC’s (Makala, Slimka et Di-Meh) de la scène hip-hop local. Dans une ambiance électrique, les trois comparses nous font vibrer avec un avant-goût de ce qui attend le public dans la nuit.

©️: Paléo 2018 / Andrieu Wagner

Alors que nous quittons l’espace presse, la pluie se remet de nouveau à tomber et ne s’arrêtera que trois heures plus tard. Le parc de l’Asse est trempé et la boue fait son apparition, c’est un festival de manteaux et autres cirés qui donne une couleur arc-en-ciel à ce festival. Mais cela n’entame en rien les ardeurs du public qui sont présents en nombre pour les deux têtes d’affiche de ce soir.

21h15 : Orelsan « il fait quand même beau »

Devant une grande scène trempée mais bouillante à souhait, Aurélien fait son apparition sur le titre « San » et sous les ovations de la foule avant d’attaquer sur « Basique » où il arrête à la fin du premier refrain pour lancer au public du Paléo « vous n’avez pas les bases » ce qui crée un brouhaha et une excitation du public à s’arracher les tripes à la deuxième reprise. C’est une vraie fête de famille où il n’est pas question de règlements de compte, la fête est finie quand il quitte la scène sous les cris et applaudissements du public en laissant derrière lui la fosse de la grande scène boueuse à mort, mais tout va bien et la fête continue

Lenny Kravitz : deux cornes géantes pour un show électrique

Apparaissant au milieu de deux cornes d’ivoire majestueuse tel un roi avec sa guitare dans les bras, Lenny kravitz rentre dans le vif du sujet pour un show intense d’une heure trente. Avec 40 millions d’album vendus à son actif, la star américaine nous embarque avec lui en revisitant certains titres comme « It Ain’t Over Till It’s Over ». Jouant avec le public à qui il provoque émotions et sensualité en se déhanchant face à son micro, retirant parfois ses lunettes noires pour mieux admirer le public dense et excité à qui il fait face. C’est intense et l’on adore.

Samedi 21 juillet 2018 : le beau temps refait surface

Samedi matin, le réveil est calme car il souffle sur la plaine de l’Asse un vent de fraicheur, nous en profitons pour faire un tour au camping qui peut accueillir jusqu’à dix milles campeurs. Le dispositif est bien rôdé, l’accès au camping est gratuit mais pour avoir une place, il faut au préalable est détenteur d’un ticket du festival d’au moins un jour, ce qui permet d’y rester toute la semaine. Certains viennent ici uniquement pour le camping, l’occasion de passer une semaine entre copains, nous rencontrons Éric qui vient ici depuis 13 ans, il nous amène faire le tour du camping et en profiter pour nous présenter les coins chauds. On découvre le feu perpétuel autour duquel les gens se rassemblent tous les soirs pour se réchauffer et esquisser quelques pas de danse aux sons des tambours.

©️: Paléo 2018 / Anne Colliard

De l’autre côté du camping nous découvrons une zone toute prête où les campeurs viennent sans s’encombrer de tentes ou autres sacs de couchage, car ici tout est prêt moyennant un supplément qui n’est pas à la portée de toutes les bourses.

Une boulangerie est ouverte 24h/24h mais l’on peut aussi manger et se restaurant au village de la P’lasse qui ouvert de 11h à 4h tous les jours du festival et propose des activités sportives et festives.

Bigflo & Oli : les jeunes Toulousains en terrain conquis

« Dommage » on pourrait dire en ce qui concerne les frères Toulousains Bigflo & Oli car nous n’avons pas le temps de profiter de leur prestation sur la Grande scène où une foule d’ados a pris place.

Nous nous dirigeons vers la scène le Détour, où la douce Clara Luciani s’apprête à monter sur scène pour dégainer les morceaux de son premier album « Sainte-Victoire ». Chemise bleue et guitare à la main elle interprète « La Grenade » un titre qui résume à la fois l’esthétique et sa force de caractère, un peu de douceur dans ce festival chaud bouillant. Ce soir « on ne meurt pas d’amour » car la fée Clara était de passage pour 45 minutes de douceur.

A peine le temps de se rafraichir au bar qu’il faut déjà repartir pour un autre concert à l’Arche.

20h : Feu sur les Arches

Arthur et ses copains débarquent sur la scène des Arches en sautillant dans tous les sens « vous êtes prêts à monter à bord du Boeing ? » les 5 parisiens nous embarquent avec eux pour une traversée du parc de l’Asse d’une heure quinze minutes avec un atterrissage sur le titre La Manchline qui permet aux corps de revenir sur terre après ce vol électrique.

23h45 : NTM reprend du service sur la Grande Scène

En cette fin de soirée, le public converge vers la grande scène pour attendre le groupe mythique du rap français NTM qui reprend du service et célèbre ses 30 ans. Joey Starr et Kool Shen qui à tout deux totalisent un siècle d’existence, n’ont pas perdu de leur verve, « laisse pas trainer ton fils » « on est encore là », NTM assure le show et est rejoint sur scène par Lord Kossity pour la fameuse « Ma Benz ». Dans un décor qui donne place aux lettres 93 projetés sur les deux estrades réservées aux platines des Dj’s et qui font référence au département de Seine-Saint-Denis en banlieue parisienne.

Dimanche 22 juillet 2018 : bouquet final

C’est le dernier jour de cette longue semaine de festivités à Nyon, le premier festival où nous passons autant de temps. Nous commençons notre journée par la conférence de presse de clôture à l’espace presse, les organisateurs nous présente un bilan satisfaisant de cette 43ème édition qui a rassemblé près de 230.000 spectateurs avec des légendes comme Lenny KravitzouNTM. Pour Daniel Rossellat, le patron du Paléo cette édition a été « radieuse » avec « des ondes très positives ». Pour le programmateur Jacques Monnier, cette année il y’a eu une « belle présence de la scène hip-hop qui a pris cette année le dessus sur la chanson» et le show de Lenny Kravitz a été « un gros succès ».

17h30 : Giufà : voyage en Sicile

©️: Paléo 2018 / Laurine Mottet

C’est un boy band de cinq que nous retrouvons sur la scène du Dôme près du village du monde, le concert a débuté depuis environs quinze minutes quand nous débarquons et ce sont les rythmes de rumba espagnole qui nous incite à rester, nous nous laissons entrainer comme le reste du public sous ce chapiteau chauffé à block. Nous voyageons sur des mélodies repris à leur sauce par les cinq lascars qui forment le groupe Giufà. « Ciao Bella » nous fera danser en fin de prestation comme des gamins et retrouver cette joie d’antan qui caractérise l’innocence de l’enfance.

19h30 : « Je m’appelle Rilès, j’ai 22 ans et je faisais de la musique dans ma chambre. »

C’est dans une éruption de fumée et en costume militaire que Rilès apparait sur scène avec sa troupe, à coups de beats cinglants et de jeu de jambes impressionnants, il nous balance ses sons en pleine figure quand il ne rejoint pas ses 4 danseurs pour une chorégraphie teintée de cappeora. Le combat s’achève sur le titre « I do it » où tout le monde sort couvert de sueurs de ring de l’Arche.

©️: Paléo 2018 / Ludwig wallendorff

Nous quittons le parc de l’Asse après le magnifique feu d’artifices tiré avant le dernier concert, il est temps pour nous de rentrer sur Paris. Ce fut une belle découverte et une belle ambiance que nous ne sommes pas prêt d’oublier et nous serons présents à la prochaine édition qui aura lieu du 23 au 28 juillet 2019.

Chrislin NR

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