Vald a enflammé la soirée Rap du PDB, jeudi 18 avril 2019, à la Halle au Blé. © saint_xsl1

Le Printemps était chaud à Bourges

Le printemps de Bourges 2019, c’est fini ! La 43e édition qui s’est tenue du 16 au 21 avril dernier, s’est achevée en beauté ce dimanche avec les concerts de Maître Gims et d’Aya Nakamura, deux monstres sacrés dans leur domaine. Une édition dont les organisateurs se félicitent d’une fréquentation de plus de 200.000 festivaliers, entre les concerts gratuits des rues dans le cadre du Printemps dans la ville et ceux payants dans les salles. Ouvrant généralement la saison des festivals, le Printemps de Bourges est un véritable tremplin pour les artistes en devenir, à qui il assure une renommée soudaine. Le soleil était également au rendez-vous de cette édition qui confirme le slogan « Bourges aime son Printemps« .

Jeudi 18 avril 2019 : Rap2Days

La Halle au Blé de Bourges était pleine à craquer ce jeudi soir, servant habituellement de grand marché couvert, elle accueille la soirée Rap du Printemps de Bourges qui affiche complet. Et quel public ? une majorité d’adolescents attirée par l’affiche alléchante qui comprend des poids lourds du Rap, parmi lesquels Vald, Rk ou encore Gringe. On arrivera pour la dernière affiche de la soirée, le mastodonte Vald, qui derrière ses lunettes de soleil, va enflammer cette halle comme personne. Une performance qui démontre de l’ampleur du phénomène sur le jeune public présent ce soir pour l’acclamer. Un bordel joyeux comme on en voit rarement dans l’univers du rap hardcore. Une chose est sure, le rap est plus populaire que l’électro chez les jeunes, ce qui explique cet engouement pour les deux soirées (3500 personnes chaque soir)

Vendredi 19 avril 2019 : Que la fête commence

Ambiance PDB2019 1

Il fait beau, très beau d’ailleurs, on se croirait en plein été, on en profite pour se poser quelques minutes à notre arrivée, sur des transats installés en bordure du fleuve d’Auron. On fait bronzette, mais pas trop quand même, il est bientôt 15h et il est temps d’y aller.

17h : Le tourbillon Sauvage d’Aloïse

Notre premier stop sera l’Auditorium où il faudra « être prêt sans avoir été préparé » avec Aloïse Sauvage, la salle est presque pleine et elle le sera complètement quelques minutes plus tard. Assis au premier rang, nous la verrons se trémousser de plus près sur les titres de son premier EP « Jimy », a l’exemple du titre « À l’horizontal » qu’elle interprète flanquée de son fameux micro accroché au plafond, lui permettant de faire des pirouettes sur scène. C’est beau et surtout bluffant pour ce bout de femmes d’à peine 23 ans, « merci de me rendre vivante » lance-t-elle en direction de la salle dans un tonnerre d’applaudissements.

22h05 : La folie Skip The Use

Le charismatique Mat Bastard est de retour avec son crew Skip The Use, après une pause de trois ans qui ne semble pas avoir atténué leur amour d’un rock féroce et colossal. Devant le public du W venu en masse profiter de ce début de week-end, Mat va faire le show sur scène, venant au contact du jeune public aux premières loges déclenchant immédiatement des cris d’excitation de la foule et des sueurs froides pour les agents de sécurité qui veillent au grain.

Quelle soirée prestation et quelle ambiance, j’ai envie de dire waouh, mais il me faut filer vers le palais d’Auron où Clara Luciani est déjà sur scène.

23h20 : La grenade de Clara

Ça fait déjà un moment qu’elle est sur scène et le show semble tirer vers la fin, la fosse et les gradins sont pleins de monde. Ce n’est ni paris, ni Londres ni Berlin, mais ce soir c’est Bourges et c’est pas la première fois pour la jeune artiste. Je profite du fait qu’elle demande au public de se lever pour danser, afin de mieux me positionner juste avant qu’elle ne lance « et toi ? Qu’est-ce que tu regardes ? T’as jamais vu une femme ? » euh qui moi ? On dirait qu’elle s’adresse à moi « prends garde ce mot sens la grenade » la salle se met à danser, l’ambiance est joyeuse, tout le monde semble oublier ses problèmes un laps de temps.

Samedi, 20 Avril 2019 : Let’s Rock or Not

La soirée s’annonce Electro en ce samedi de festival, mais la foule ne répondra pas vraiment présente, comparé à la soirée d’hier. Les allées du festival semble désert, heureusement qu’une tornade finale se prépare le lendemain.

20h30 : le disco pop de Corine

La grande scène w sera mon premier arrêt après cette journée marathon en termes d’interviews. Je rejoins les autres sous le chapiteau où est attendue Corine, elle est en ouverture de soirée sous ce grand chapiteau. Sur la scène, ses 5 musiciens qui font résonner leurs instruments avant son entrée sur scène. La diva arrive, toute étincelante dans sa tenue en forme de cape recouverte de Strass et paillettes, qu’elle agite dans une gestuelle séduisante. Elle fera danser ses festivaliers du W avec son « Air de fête » qui rappellent les ambiances colorées des fêtes d’été.

Du grand chapiteau W jusqu’au Théâtre Jacques Cœur où a lieu le prochain concert auquel j’ai envie d’assister, il y’a quelques 15 minutes de marche. Je ne m’attarde pas et abandonne mes collègues sur place, pour aller écouter Blick Bassy, l’artiste camerounais qui rend hommage à l’indépendantiste UM Nyobè, assassiné en 1958 par l’armée française.

21h20 : Le « 1958 »de Blick Bassy

Le Théâtre Jacques Coeur situé par loin de la préfecture de Bourges est plein à craquer, je ne m’attendais pas à un tel engouement, une majorité d’adultes est présente dans la salle. Je monte au premier balcon et me cale sur un dernier siège disponible au fond, la place du mort, j’ai du mal à bouger mes jambes et je ne suis pas le seul.

Une image en noire et blanc est projetée sur le grand rideau en fond de scène, il s’agit du leader indépendantiste UM Nyobè, dont l’artiste camerounais veut réhabiliter la mémoire. Pas assez connu ou passé à la trappe de l’histoire, il rend hommage à ce résistant sur scène à travers des chansons en langue Bassa’a (l’un des plus de 200 dialectes que compte le Cameroun) comme le poignant Gwa, qui plonge la salle dans une atmosphère de veillée mortuaire. L’ambiance est chargée d’émotion et la voix émouvante de Blick ne fait que renforcer notre conviction, son Afro Blues est d’une rare beauté.

Standing ovation à la fin, pour ce public un peu particulier, qui loin du tumulte des autres salles, recherchait un peu de douceur.

22h30 : Salut c’était Cool

Un dernier arrêt avant de quitter cette nuit qui ne fait que commencer pour certains, moi je suis arrivé à la limite de ce que je pouvais donner. Les soirées précédentes ont encore du mal à passer, ce n’est peut-être plus de mon âge, quand ça ne veut pas, faut pas forcer. J’arrive sous ce grand chapiteau noir de monde, il y’a un joli bordel qui se trame sur scène, je ne m’aventure pas à l’avant, pas la force de supporter cette foule de déjantées excitées.

Dimanche 21 avril 2019 : Tchao Bourges

PDB2019

PDB2019

Après Vald, Gringe ou encore RK jeudi soir à l’affiche de la soirée Rap2Days à la Halle au Blé, la 43ème édition du printemps de Bourges s’est achevée en beauté avec Aya Nakamura et Maitre Gims qui ont enflammé le Grand chapiteau W devant un public monstre. Un contraste avec la soirée électro de la veille, qui n’a pas attiré les foules

Le Phénomène Aya Nakamura

Sous le Grand chapiteau W du PDB en attendant Aya Nakamura.

Sous le Grand chapiteau W du PDB en attendant Aya Nakamura.

« AYA », Trois lettres grandeur nature capte tout de suite l’attention quand on arrive sous le chapiteau de la scène W, trois lettres qui annoncent le phénomène qui devra se produire devant ce public qui s’impatiente déjà, deux heures avant le début du show. Les gradins sont pris d’assaut et il ne reste plus aucune place, les plus courageux se ruent sur les marches. Vu de là le spectacle sera magnifique, comme vendredi dernier avec Skip The Use, conduit par Mat Bastard.

La Queen de Bourges

Les musiciens prennent place, les lettres colorées de son prénom se mettent out d’un coup à scintiller, il n’en faut pas plus au jeune public pour se mettre à hurler, « Aya, Aya, Aya, Aya, Aya… ». Je suis face à un phénomène dont je ne mesure pas l’ampleur, les visages sont colorés, il faut évacuer certaines personnes. Elle arrive, elle est là, face à moi derrière son micro et lance sa prestation avec « Oula », le dernier titre qui se trouve sur son dernier album Nakamura que tout la salle chante d’un seul cœur, « on se déchire, on se détruit, oula oulala, on se oula oulala ».  Bodie bleu legging noir ceinturé d’une banane, elle enchaine avec « La dot » un autre single qui a un effet ravageur sur le public, chacun profitant pour maudire ses amours perdus.

« Est-ce que vous passez un bon moment avec moi ? Parce que moi je suis en train de kiffer »

Il n’en fallait pas moins pour que le « projet parte en sucette » avec ses déhanchés à couper le souffle et ses pas de danse à faire languir avec un de ses musiciens. On aime comment elle danse bien, sa musique lui va trop bien à base de « Pompom », ou quand elle nous demande de fermer la porte car « il y’a une pookie (balance) dans le sas ».

On va « Djadja »

Le coup de grâce viendra plus tard avec le tube « Djadja » que toute l’assistance attend depuis le début. Une marée de smartphones fait soudain son apparition dans toutes les mains, personne ne veut louper cette partie, il faut bien alimenter les réseaux sociaux pour prouver qu’on était à la place « to be » cet après-midi.

« Merci Bourges, merci à vous » …. « Aya Aya Aya », je me surprends aussi à scander son prénom comme les jeunes qui m’entourent, mais elle ne reviendra pas. « Trop tard, trop tard, je suis trop loin pour toi » semble-t-elle nous répondre comme dans le titre « Copines ».

Il faut à peine vingt minutes aux techniciens pour effectuer les changements sur la scène pour Maître Gims à qui revient l’honneur de clôturer cette 43ème édition du printemps de Bourges. Ils sont peu nombreux à bouger, personne ne veut perdre sa place sous ce chapiteau, où la chaleur se fait écrasante.

Avec Maître Gims, Bourges est vraiment magique

Qu’est-ce qu’il a pris comme poids ! c’est la première remarque qui m’a traversé l’esprit quand l’ancien membre du groupe Sexion D’Assaut débarque devant nous sur le tube « Sapé comme jamais », immédiatement repris par le public. On dirait que le jeune public a appris par cœur les paroles des deux têtes d’affiches de ce dernier jour, je ne l’explique pas autrement, ou alors je suis trop vieux pour comprendre. Explosion de confettis quelques secondes plus tard, le public se retrouve recouvert de bouts de papiers qui inondent la salle.

« C’est mon premier festival cette année à Bourges » lance le rappeur avant de rejoindre ses danseuses, il a fait tomber son gilet à capuche et se lance dans une chorégraphie enflammée.

Il pensera aux « anciens » comme il les appelle, ceux des gradins à qui il dédie ses anciens tubes comme « Ma direction » ou encore « Bella ».

Il fait tellement chaud, que l’ambiance devient étouffante, vient enfin le titre « Je me tire », ouf c’est déjà la fin, mais quand tu crois que c’est fini, ça recommence.

« Vas-y la même » repars de plus belle, c’est toute la salle qui chante avec l’artiste pour cette dernière, j’aperçois les parents qui s’impatientent derrière les grilles, on dirait une sortie d’école.

18h10 fin des hostilités

4 réflexions sur “Le Printemps était chaud à Bourges

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