Sly Johnson is back !!! Il aura fallut quatre ans à The Mic Buddah (titre éponyme de son dernier album), pour revenir sur le devant de la scène avec Silvère, un album sincère dans lequel l’artiste se dévoile.

Le 5 avril dernier, sortait le Single « New Day » le 1er titre de l’album, un mélange de hip-hop et de rap très dansant qui donnait un petit aperçu de la suite. Un nouveau jour qui se lève donc pour cet artiste qui n’hésite pas à aller au combat contre toutes formes d’exclusions que peuvent subir les homosexuels, les femmes ou encore les migrants dans la société. « Never ever give up the fight » lance-t-il dans le refrain de sa voix grave et presque envoûtante comme un pied de nez aux inégalités.

Après un premier disque solo 74 paru en 2010 et The Mic Buddah en 2015, il est venu le temps de se mettre presque à nu, sans risque de choquer quiconque et comme l’explique Sly dans le dossier de presse « avec ce disque, je suis enfin prêt à me dévoiler »

Mon prénom est Silvère

L’ancien membre du groupe Saïan Supa Crew qu’il formait à l’époque avec Féfé, nous revient avec un troisième album dans un registre plus jazz aux tonalités hip-hop. A l’image de « Come IN2 My Jazz », l’émission qu’il anime tous les vendredis soir sur Jazz radio et totalement dédiée à la musique. Un album réalisé par Ben Molinaro, membre de son ancien crew qui a signé pas moins de 7 titres sur cet opus.

Sly Johnson ©AlexandreLacombe
Sly Johnson ©AlexandreLacombe

Ma première et dernière rencontre avec Sly Johnson remonte au mois d’avril dernier, dans le grand auditorium de la Seine Musicale, pendant le festival Chorus où il était programmé, accompagné de la chorale Tamavox. Je découvrais alors un artiste qui prenait un malin plaisir à mélanger les genres musicaux, peut-être pour brouiller les pistes de ce qui ressemble à un album personnel où il se remet tout le temps en question.

12 titres personnels

Sous le titre « Silvère » se cache le prénom du chanteur soûl, Silvère Johnson à l’état civil. Une façon de se dévoiler un peu plus, de montrer cette part d’intimité, d’ôter cette protection dont il n’a plus besoin, Tout comme le choix de passer au Français sur ce nouvel opus truffés de pépites.

« Skin » revient sur l’oppression du racisme que l’artiste a connu et continu de connaître, « D’une touche noire teintée frissonnent briques et calots ». Il y’a du James Brown et même du James Blake, accompagné de beatbox qui donne la beauté à ce texte.

Bain d’émotions garanti avec « Oh ! Mother » qui rend hommage à sa mère rentrée au Congo après la séparation d’avec son père et décédée en 2007, dans ce qui ressemble à une chanson gospel chantée à capella. Un chant d’amour et de réconciliation à l’attention de cette mère qu’il a peu connu et qu’il a longtemps pris en grippe. « Je n’ai pas grandi avec ma mère, restée au Congo où elle a refait sa vie. En prenant de l’âge, on comprend de mieux en mieux les drames qui ont secoué nos parents. La rancune que, môme, on a pu nourrir contre eux se métamorphose en tendresse infinie. Moi qui, enfant, ne comprenais pas son absence et lui en voulais, je me suis apaisé quand je lui ai adressé cette déclaration d’amour ».

« Congo Girl », cet hymne à l’amour vous fera swinguer comme jamais et si vous êtes accompagné, c’est encore mieux. « Babylone » traite des violences urbaines, comment survivre dans Babylone face à cette violence qui transforme ses habitants en martyrs ?

« Décembre » ce mois qui est synonyme de fête et de joie pour beaucoup, Silvère ne l’a jamais vécu comme tout le monde. « Décembre était un mois difficile pour mon père, qui avait perdu son frère cadet à la période de Noël. Le voir souffrir chaque année me peinait. Il vivait seul avec moi, à Montrouge. On n’a jamais fêté Noël en famille.J’ai compris le déracinement de mon père et lui ai dédié cette chanson. Quand il l’a écoutée, ses yeux ont rougi ».

Libérés de ses vieux démons, Sly peut enfin se regarder dans « Le miroir », lui qui jadis n’aimait pas l’image que lui renvoyait ce dernier. La multiplication des interrogations de l’enfance a laissé place à la compréhension, « avec le temps j’en ai pris la pleine mesure ». Un temps qui ne sera pas nécessaire pour comprendre Silvère, puisqu’il se dévoile comme jamais avant et semble avoir pansé ses blessures d’enfance.

Now « EVRBDD (Everybody)« , let’s Dance !!!

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