Même sous la pluie, Art Rock déchaine les foules

Le week-end dernier a eu lieu la 36ème édition du festival Art Rock, sous le signe Animal(S). Malgré la tempête qui menaçait une partie de la France, à Saint-Brieuc on a évité le pire. Récit de trois jours mouvementés.

Vendredi 7 juin 2019 : Que la chance soit avec nous

Quel périple pour arriver à Saint-Brieuc ce vendredi, déjà l’année dernière, c’était les travaux sur les voies, qui nécessitaient d’emprunter une navette à Rennes pour terminer le voyage jusqu’à Saint-Brieuc. Mais aujourd’hui, avec la tempête qui souffle, c’est un arbre qui s’est allongé sur les voies, impossible d’aller plus loin. Impossible pour nous de rester coincé dans cette gare, en attendant que la SNCF nous trouve une solution.

Un coup d’œil sur l’application de covoiturage et nous voilà dans une bagnole pour Saint-Brieuc. Les caprices du ciel Briochin n’a pas empêché les festivaliers de venir en nombre pour ce premier jour, emmitouflés dans leurs cirés jaunes prêts à prendre tous les risques. Trois jours de concerts et de spectacles dans la petite ville Saint-Brieuc qui a vu affluer pas moins de 78.000 spectacles pour vivre cette 36ème édition du festival.

C’est Fatoumata Diawara qui nous accueille sur la grande scène avec une douceur qui fait tout de suite oublier la grisaille. Devant un public décidé à prendre tous les risques, la chanteuse ouvre grand les bras, comme pour nous protéger des dernières gouttes de pluie qui se déversent sur nous.

Kerry James prendra le relais quelques minutes plus tard, l’icône du rap français n’a pas perdu de sa superbe. Précédé sur scène par un Baker qui retrace le parcours de la star, en balançant quelques extraits des tubes qui ont fait sa gloire depuis ses débuts. L’icône de toute une génération va assurer le show devant un public conquis, que même la fraîcheur ambiante ne semble démonter. Le concert a commencé depuis un moment et tire vers sa fin. Il faut dire qu’on avait prévu d’assister au concert de Camélia Jordana, mais la météo en a décidé autrement.

The Good, The Bad & The Queen le quatuor de rock anglais enflammera la grande scène tandis que la scène rock française prendra le relais sur la scène B avec Buck.

Viagra Boys : I’m in love

C’est le charismatique et non moins déjanté Sébastian Murphy, le corps recouvert de tatouage à la prison Break qui attire notre attention en arrivant dans cette salle bondée du forum où il faut jouer des coudes pour espérer se frayer un chemin. La formation Suédoise a montré de quoi elle était capable sur la scène du Forum, une scène un peu petite pour contenir l’énergie rock qui s’y dégageait. Devant un public en transe, les Viagra Boys ont démontré grâce à Sports qu’ils étaient dignes de la réputation de rockeurs qui les précède, les pogos et autres slams de la soirée ne viendront que confirmer cette thèse. Le rock a encore de beaux jours devant lui et nous si on ne rentre pas se coucher, on risque de ne pas faire de vieux jours.

Samedi : une météo plus clémente

Après la tempête du premier jour, les choses semblent rentrer dans l’ordre du côté de la météo. Le ciel retrouve quelques couleurs et nous aussi. Est-ce la présence de Voyou et de son premier album coloré qui sont à l’origine de ce changement ? On ne le saura jamais.

Ceci dit, c’est un Voyou que nous retrouvons en conférence de presse où on apprend que c’est dans cette ville de Saint-Brieuc qu’a été enregistré son tube à succès « Les Bruits de la ville » en featuring avec une autre star locale en personne de Yelle, qui le rejoindra sur scène pour un duo qui enchantera le public Briochin. Malgré un problème technique, le « Voyou » à qui revient l’honneur d’ouvrir la scène B ne se laissera pas pour autant impressionner. Il réchauffera le public au rythme des titres de son premier album coloré à tel point qu’un festivalier lancera à la cantonade « Il a vraiment fait du bruit dans la ville ». Ambiance…

L’homme au chapeau : Un habitué du festival

C’est ensuite Charlie Winston qui s’y colle, le showman qui a épousé une française et qui réside dans le sud de la France, nous entretiendra pendant une demi-heure autour de son nouvel album. On en profitera pour lui poser une question son penchant pour les chapeaux. Un style qui lui colle à la peau et qu’il a adopté depuis une soirée londonienne où on avait demandé à tout le monde de venir habillé de façon classe.

L’homme au chapeau s’en ira ensuite rejoindre les chefs de Rock’n Toques, sous le chapiteau dressé sur la place du village, pour la réalisation d’un plat. A 20h, c’est devant le public de la grande scène qu’il réalisera une autre prouesse, partager un moment d’une intensité palpable, armé de son inséparable chapeau.

Charlotte Gainsbourg : Saint-Brieuc et elle c’est une longue histoire

C’était la tempête avant le calme samedi soir sur la grande scène, avec le live de Charlotte Gainsbourg, qui malgré un problème de voix, a tenu à être présente ce soir en Bretagne. Un peu plus tôt dans la matinée, la rencontre prévue avec le public et en partenariat avec les Inrocks, avait déjà été annulée pour cause d’intempéries ou de retard de vol… Bref on s’y perd. « J’ai un petit souci avec ma voix, mais j’ai tenu à être là. Avant je venais ici en famille, ce soir je reviens en musique », déclare-t-elle avant de nous embarquer dans son décor fait de rectangles lumineux. Ses musiciens et choristes auront un rôle important ce soir-là, mention spéciale pour Gérard Black qui a assuré plusieurs passages langoureux en duo avec Charlotte.

La sauvagerie d’Aloise sur la scène B

C’était la place to B en cette deuxième soirée du festival, Aloïse Sauvage était juste époustouflante sur la scène B, d’aucuns regretteront le choix de la scène B quand elle méritait largement la grande scène. Mais c’est un autre débat de comptoir, qu’on ne souhaite en aucun cas entretenir. L’auteur de Jimy, son premier EP démontrera aux Briochins qu’elle possède plus d’une corde à son arc, passant du micro aux pas de danse endiablés et bien maîtrisés. De Présentement à l’horizontale, la jeune artiste a conquis le public de la scène B qui lui dit « Merci ».

On refera un dernier tour du côté de la grande scène pour le show son et lumières de Sebastian qui ambiance le public avec son électro housse. Le spectacle est captivant, la foule est moins danse que tout à l’heure pour Charlotte Gainsbourg, avec qui il a d’ailleurs collaboré. Il faut dire que c’était plus familial il y’a une heure et que la jeunesse a repris ses quartiers dans une ambiance qu’elle apprécie mieux.

De la Passerelle au Forum

La scène du forum nous ouvrira les bras une dernière fois pour cette fin de soirée qui ne ressemble à aucune. Il ne pleut pas ce soir, alors on en profite pour se laisser séduire par les non moins déjantés de Touts. La formation irlandaise nous a offert une fin de soirée explosive, tellement délurante que nous n’avons plus de jus pour assurer un autre « Rendez-vous ».

Mais de l’avis de tous, le groupe de punk a livré une prestation qui a marqué les esprits et déchaîné les passions. C’est ça Art Rock, on arrive toujours à prendre son pied quand on ne s’y attend pas.

Dimanche : Pluie je vous demande de vous arrêter !!!

C’est le dernier jour et non pas des moindres, il est annoncé Sold Out depuis un moment. Il faut dire que cette journée est placée sous le signe de la jeunesse, que même la pluie ne viendra pas perturber dans son élan, vu qu’il est habitué nous dira la Directrice Artistique Alice Boinnet, en conférence de presse Bilan.

C’est sous un ciel tantôt menaçant, tantôt clément que la compagnie Close Act a lancé son spectacle de déambulation dans les rues de Saint-Brieuc avec d’immenses et mystérieuses créatures, sous le regard du public venu en masse.

On tombera sur l’intimiste et pas moins sensible Nili Hadida qui ouvre la grande scène devant un public pour la plupart en cirés. Avant de laisser la place à Gringe, l’ancien alter ego d’Orelsan dans le duo Casseur flowters. Le rappeur de 38 ans se chargera en Enfant Lune, de nous entretenir sur son univers mélancolique, sans toutefois rester « bloqué » dessus.

Jeanne Added : War Is Coming

C’est une Jeanne Added toute « Radiate », emmitouflé dans son manteau à capuche qu’on découvre en interview, aussi touchante et sincère que l’est son dernier album. Un album qu’elle défendra plus tard sur la grande scène devant un public enchanté. War Is Coming achève de nous convaincre du potentiel de cette artiste qui n’a pas démérité sa Victoire de la Musique ce soir, même si elle nous avouera plus tôt être consciente que le public est plutoôt là pour Lomepal et Angèle.

Angèle : qu’est-ce qu’elle va nous balancer ce soir ?

Avant de monter sur scène ce soir, Angèle a eu un petit aparté avec la presse en début d’après-midi, lors d’une conférence organisée par les équipes du Festival. Elle nous expliquera qu’elle arrive enfin à prendre du recul après avoir achevé la première partie de sa tournée de Zéniths.

On en profite pour lui demander comment elle gère cette notoriété soudaine ? N’a-t-elle pas peur de répéter le même schéma que son compatriote Stromaé ? « Je suis très honorée d’être comparé à Stromae qui est pour moi un dieu, artistiquement parlant. Je crois qu’il faut faire très attention, malheureusement pour lui il a été un peu un exemple pour se dire que les artistes sont des humains. Moi la première, j’ai toujours envie de faire plus et on me demande de me ménager. C’est un peu comme une drogue, on monte sur scène, on a l’adrénaline, on reçoit beaucoup d’amour, on est apprécié… pour reparler d’égo, c’est ça qu’on aime. Et du coup le lendemain on se retrouve tout seul et fatigué, on a un peu le blues du coup la chose qui peut nous remettre dans un état d’euphorie c’est de retourner sur scène. Il faudra arrêter à un moment, pour pouvoir dormir de nouveau ». Et elle s’en ira Balancer son quoi sur la grande scène devant une foule monstre à qui elle conseillera de « Tout Oublier », pour pouvoir profiter de cette belle soirée pluvieuse en Bretagne.

No Money Kids : la fête sous le chapiteau

Il fallait faire un choix, rester au niveau de la grande scène où Lomepal s’apprête à jouer ou aller rejoindre les boys de No Money Kids sous le chapiteau de la place du village où j’ai rendez-vous avec eux juste après leur show ? le choix est vite fait, nous avons encore 6 ou 5 occasions de croiser Lomepal en festival cet été.

On se rendra compte plus tard qu’on a fait le meilleur des choix lorsqu’une pluie torrentielle s’abattra sur toute la ville. Mais pas de quoi s’affoler de notre côté, le duo parisien fait danser toute la place du village comme à une soirée du 14 juillet. Les riffs sont percutants, la place grouille de monde qui danse et cris dans tous les sens. Le duo glanera de nouveaux fans ce soir-là et nous fera oublier que dehors, l’orage se fait animal(s).

Bilan

Malgré une météo capricieuse, le festival Briochin a vu affluer, pas moins de 78000 spectateurs entre les spectacles gratuits et ceux payants durant trois jours. Entre les concerts, expositions et spectacles de rues, chacun a pu y trouver son comble au cours de cette édition qui se voulait Animal(s). Le rendez-vous est donné pour une 37ème édition qui se déroulera du 29 au 31 mai 2020. Après Lets’Dance en 2018 et Animal(s) en 2019, à quelle sauce Art Rock nous badigeonnera en 2020 ? Wait and see

Merci aux équipes du Festival Art Rock, aux bénévoles sans qui rien n’est possible et à l’équipe de la coordination promo et communication (coucou Marion). A l’année prochaine.

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