La 44ème édition du Paléo festival était un déluge de surprises

Nous avons passés une semaine à Nyon en Suisse, pour couvrir la 44ème édition du Paléo Festival, retrouvez sans plus attendre le report de cinq jours de fête, entre beau temps et déluge.

La Plaine de l’Asse est silencieuse ce mardi à mon arrivée vers 9h du matin, les choses sérieuses ne débutant que l’après-midi avec le premier concert de cette 44ème édition d’un des événements incontournables de l’industrie de la musique en Europe Francophone. Le Paléo festival affiche ses plus belles couleurs pour faire vivre à ses festivaliers, une semaine de pure folie entre concerts et animations en tout genre. Un événement qui attire de plus en plus de monde en provenance des quatre coins du globe, dans cette petite ville de Nyon qui en l’espace d’une semaine, voit défiler tout ce que la planète musicale compte d’artistes en vogue.

De la PI’Asse au Camping

Après avoir récupéré nos précieux sésames (badges) un peu passe partout, nous nous dirigeons vers le camping en passant par la PI’Assee, une sorte de trait d’union entre le Festival et le Camping. Ici, pas besoin de pass, puisque c’est en accès libre tous les jours de 11h à 4h du matin. C’est d’ailleurs ici que nous avons rendez-vous avec nos amis suisses rencontrés l’année dernière, l’occasion de boire une première pinte ensemble avant de rejoindre notre nid pour les cinq prochains jours.

Le camping grouille de monde dans un va et vient incessant entre ceux qui se dirigent vers les douches, d’autres vers la boulangerie et d’autres encore comme nous, qui débarquent avec l’espoir de trouver une bonne place dans ce grand dortoir à ciel ouvert pris d’assaut par plusieurs styles de tentes.

Des bénévoles en Or

Avec quelques 4900 bénévoles pour s’occuper d’un public avoisinant les 230.000 festivaliers par édition, cette 44ème édition ne déroge pas à la règle. Ils sont déjà à pied d’œuvre sur toute la surface de la plaine de l’Asse, s’afférant à régler les derniers détails avant l’heure H.

Le Québec, invité d’honneur du Village du Monde

Cette année le village du Monde du Paléo festival accueille en son cœur le Québec comme invité d’honneur, avec ses décors sylvestres, il est la Star du festival et régalera les festivaliers avec ses plats traditionnels comme la Poutine. Sans parler des nombreux artistes de son catalogue qui réveilleront la scène du Dôme durant les cinq jours de cette 44ème édition.

Quelques petits changements

La Grande scène s’est refait une beauté cette année et est plus imposante au centre de cette plaine de l’Asse encore déserte et sur laquelle Christine and The Queens effectue ses balances au milieu de techniciens qui s’affairent à régler les derniers détails. La scène de l’Arche est toujours au même endroit, mais est appelée à bouger l’édition prochaine, lors de la transformation d’une partie de la plaine de l’Asse qui prendra une autre configuration.

Jour 1 : Que la fête commence

Combien seront-ils à franchir les portes du festival pour cette première journée ? Une seule certitude, les tickets de cette première journée ont tous trouvés preneurs, quelques badauds essaient tant bien que mal de trouver des revendeurs aux abords de l’entrée, au milieu de la foule qui s’impatiente.

15h30 : Ouverture des Portes et bain de soleil

Les photographes et vidéastes sont positionnés de part et d’autre de l’entrée principale du festival pour immortaliser les premiers festivaliers qui franchiront la grille, sans parler des bénévoles et membres de l’organisation qui ont tous dégainés leurs smartphones pour ne rien louper de cet instant. C’est parti pour une première journée sous la chaleur, avec le premier festivalier qui plonge dans la grande piscine qui se trouve près de l’entrée, juste en face de la Pancarte Hollywoodienne Paléo 19, où plusieurs festivaliers se prennent déjà en photo pour garder un valeureux souvenir de cette édition.

Le Club Tent qui se trouve sous un chapiteau est l’un des premiers à faire danser le public avec une artiste du coin, en la personne de la Lausannoise Billie Bird avec sa folk pop qui déferle sur nous telle une symphonie libre.

Plus haut sur la scène du Détour, deux frères Australiens ont ramené du soleil sous son chapiteau et font danser les premiers festivaliers aux sons pop de leurs guitares. Il s’agit des frères jumeaux qui forment le duo Pierce Brothers et dont j’ai l’impression qu’ils ne sont pas pour rien dans le temps qu’il fait.

De Fringants Cowboys en ouverture de la Grande Scène

C’est un bel hommage que rend le festival à son invité d’honneur en programmant un groupe Québécois en ouverture de la Grande Scène et pas des moindres, puisqu’il s’agit des cultissimes Cowboys Fringants. Le groupe qui a l’habitude de jouer à guichets fermés, se produira devant un public venu en masse les applaudir et surtout écouter en live leurs chansons à double tranchant.

Un détour pour découvrir Muddy Monk

« Je m’appelle Muddy Monk et mon projet s’appelle Long Live, je l’ai composé pas loin d’ici ». Un timbre vocal surprenant pour ce jeune homme un peu timide sur la scène du Détour au départ, mais qui parviendra à se détendre au fil de sa prestation pop teintée de poésie. Comme il le laissera entendre, c’est un peu stressant pour lui de jouer sur cette scène. Sa pop nous procure un peu de vent d’air face à cette température caniculaire, ça nous apaise de le voir jouer avec autant de tendresse devant une foule qui ne boude pas son plaisir.

Chris de retour sur la Main Stage

La fosse de la Grande Scène grouille de monde en ce milieu de soirée et ce n’est pas pour rien. Les gradins sont pris d’assaut par des familles entières pour voir celle qui se faisait encore appeler Christine and The Queens, lors de son dernier passage ici en 2015.

« J’ai déjà fait le paléo c’était 2015, c’était l’été où je commençais à jouer devant de plus en plus de monde »

L’une des premières chansons qu’elle a chantées, une première solution à son problème. Le tube Christine déclenche les vivats du public, elle se tiendra debout devant son public, une thérapie contre ses problèmes, car comme tout le monde elle en a, et l’un d’eux, c’est de ne pas se sentir à sa place. Mais ce soir, une place de rêve lui a été réservée sur la grande scène où elle appelle le public à tout lui cracher, car quand on donne autant comme elle, on finit par avoir faim.

Sur la scène des Arches, Charlotte, reprend le titre éponyme et semble voler au milieu de son décor fait de cadres lumineux, seule femme au milieu de 5 musiciens. On a l’impression qu’elle se cite, mais en fait c’est une chanson écrite par son défunt père qu’on ne présente plus.

L’envol d’Aloïse Sauvage 

C’est la première fois que son père vient la voir en concert ce soir et c’est également son anniversaire, une occasion que le public saisira pour le lui souhaiter en chanson, face à l’artiste émue. Jimy est également présente ce soir, une autre première qui permettra à Aloïse Sauvage de mettre le feu au Club Tent et nous faire danser durant plus d’1h. Elle reste très naturelle et proche de son public. Très heureuse de découvrir cette artiste en plein envol, la foule l’acclame et reste sans voix face à ses pas de danse. A plusieurs reprises, un micro descend du plafond. Elle s’élance dans les airs tout en chantant. Un show vraiment spectaculaire qui a mis des étoiles dans les yeux des plus jeunes et des moins jeunes.

Le Tsunami Twenty One Pilots

C’était la consécration de cette première journée ensoleillée, le duo Américain de tous les superlatifs Twenty One Pilots a livré un show teinté de pyrotechnique en clôture de cette première soirée sur la grande scène. Contrairement au torrent de pluie qui s’était abattu sur l’hippodrome de Longchamp dès leur entrée sur scène le week-end dernier dans le cadre de Lollapalooza Paris, ici on crève plutôt de chaud et la température ne va cesser de grimper tout au long de ses 1h30 de live spectaculaire. Tyler Joseph et Josh Dush en mettront plein la vue à leur public, leur forme d’exubérance ne surprend plus, ni les thèmes visuels qui accompagnent chaque chanson. Bravant les flammes qui embrase une vielle voiture au milieu de la scène, Tyler nous prouve qu’avec eux, un spectacle en cache toujours un autre.

C’est la tête plein les étoiles qu’on ressort de cette première soirée et qu’on ira poursuivre la fête sur la P’lasse jusqu’au petit matin, un premier After qui ouvrira la porte à d’autres au cours de cette longue semaine de fête.

Jour 2 : la tête d’affiche de la soirée déçoit

C’est sous une chaleur étouffante que je sors de mon semblant de sommeil, j’ai dormi à peine 3h, impossible de faire la grasse matinée sous cette tente avec sa température semblable à celle d’un four.

Des rendez-vous extérieurs nous empêche d’être sur le festival l’après-midi pour écouter le jeune prodige Belge d’à peine 22 ans Tamino ou encore la pop glam de Hubert Lenoir.

Nous n’arriverons sur la plaine de l’Asse qu’à la fin du Concert de Flavien Berger, qui remplace le groupe Thérapie Taxi, obligé d’annuler sa venue suite à un décès dans la famille d’un de ses membres.

M, pas celui du Monde

Mathieu Chedid alias M. a offert un seul en scène à son public Nyonais, dans son costume à paillette aidé de sa guitare fétiche. Je ne suis pas un fan de son univers artistique, mais force est de constater qu’il fait recette avec les accords de sa guitare électrique dorée qu’il maîtrise à merveille. La plaine de l’Asse est pleine à craquer et chante à tue-tête les tubes de M.

Lana Del Rey, quelle déception 

C’est sans doute la tête d’affiche qui a le plus marqué le public, par sa prestation qui laissait à désirer. Arrivée avec quinze minutes de retard sur l’horaire indiquée, la pop star américaine s’offrira un bain de foule entre autographes et selfies avec le public qui durera environ 17 minutes, au détriment des autres spectateurs. Elle enchainera ses tubes à succès sans trop se forcer, mais il y a quelque chose qui ne prend pas, la diva fait trop sa diva.

On ira se consoler avec la French Touch du duo électro The Blaze sur la scène des Arches vers 1h du matin.

Jour 3 : le jour le plus chaud

Après la déception Lana Del Rey hier soir, on se réveille ce matin avec un peu d’espoir, que la soirée d’hier ne se répétera pas et que le festival continuera à nous faire rêver.

Un tour de cirque avec Alfonse

Ils sont six acrobates sur scène accompagnés de trois musiciens, eux se sont les membres de la troupe canadienne du cirque Alfonse qui nous ont offert un office digne de l’époque latine. Dévoilant leurs différents tableaux avec en fond sonore, la musique du Kyrie, la troupe va nous offrir en spectacle, le baptême d’un de ses voltigeurs sous la direction d’un prêtre un peu chelou, qui essaiera de nous faire peur avec ses prédictions astrologiques.

La légende du New wave The Cure

40 ans de carrière ça se fête ! Avant Rock en Seine le mois 23 aout prochain, c’est au Paléo que le groupe anglais The Cure, emmené par Robert Smith a posé ses valises pour un show unique. Retrouvez l’article consacré à ce show ci-dessous

Lire aussi : The Cure livre un show sombre au Paléo Festival

Le Bendero du rap français

C’est l’enfant prodige du rap, celui qui jadis est passé par la case prison à cause de petits deals, est maintenant disque d’Or avec son premier album Bendero. Moha La Squale a livré une prestation à son image, aidé des textes cash de son répertoire qu’il balance au public perché sur une enceinte. La nouvelle sensation du rap finira sa prestation torse nu, au premier rang avec le public, le temps d’immortaliser cet instant avec son smartphone. De retour sur scène, c’est aidé de ses mains, qu’il adressera un cœur au public, qui lui rendra la pareille en retour.

Jour 4 : place au hip-hop 

C’est la grande affluence aujourd’hui, les amateurs de hip-hop ce sont donnés rendez-vous au Paléo cet après-midi grâce à sa programmation très hip-hop de la soirée. C’est déjà l’effervescence au niveau de l’entrée principale entre ceux qui recherchent des places et ceux qui patientent avant l’ouverture des portes à 15h30.

Un petit tour au Cosmo, l’espace réservé aux professionnels avec ses deux bars et autres espaces de détente. Une petite scène est également installée à cet endroit et accueil des showcases quotidien, suivi d’un apéritif. Aujourd’hui c’est au tour du groupe Suisse Quiet Island, composé de quatre musiciens, de nous faire voyager avec leur pop envoutante.

Le phénomène Angèle sur la grande scène 

Déjà présente l’édition précédente sous le chapiteau du club Tent avec la « Loi de Murphy », Angèle signe son retour cette année sur la Main Stage avec son premier album « Brol ». La petite sœur de Roméo Elvis, autre poids lourd du rap Belge, enchaînera ses tubes repris en chair par un public qui ne se fait pas prier. Accompagnée de deux musiciens et de quatre danseuses, elle esquissera quelques pas de danses en y ajoutant la gestuelle qui va avec comme sur le titre « Balance ton quoi ». Ou encore ira se réfugier derrière son piano pour poser sa voix avec délicatesse sur quelques titres. Commencée avec 15 minutes de retard à cause de la tempête menaçante, sa prestation ne sera pas pour autant prolongée. Il est temps de faire un petit selfie avec le public de la grande scène en fond et de disparaître en backstage.

Un petit détour vers la scène du dôme où le Cirque Alfonse, qui habituellement joue à guichets fermés dans des théâtres, prend d’assaut la scène sous ce chapiteau pour nous offrir un spectacle acrobatique digne de la tournée du cirque soleil. Pendant que le duo Columbine démontre sa puissance frappe sur la scène des Arches, devant un public truffé d’ados adeptes de pogos géants.

Damso, l’orage avant la tempête 

Le ciel est menaçant, quasi orageux, mais la foule est venue est nombre devant cette grande scène où on joue des coudes pour être à la bonne place. L’ancien protégé de Booba, celui qui ne « fait que du sale » fait son entrée devant une un public composé en majorité de jeunes, qui ne cherchent qu’à en découdre en pogotant au milieu de la fosse. C’est son dernier festival ce soir et en franc-tireur qu’il est, le rendra mémorable. Malgré l’étiquette de rappeur aux textes vulgaires qui lui collent à la peau, Dems va offrir un spectacle « Feu de bois » d’une heure et demie aux festivaliers de la plaine de l’Asse jusqu’au tube « Macarena », qui viendra mettre fin à cette grande messe du hip-hop présidé par un Belge d’origine congolaise, qui n’a pas l’habitude de mâcher ses mots.

Pendant ce temps, le chapiteau dressé sur la scène du Détour va s’avérer trop petit pour accueillir le monde qui s’est donné rendez-vous pour applaudir « La Marinière » d’une Hoshi en pleine forme.

Lire aussi : Le concert de Hoshi au Paléo Festival valait le Détour.

Hubert-Felix Thiefaine abreuvera le public de la scène des arches avec la poésie de son rock électrique, pendant que le québécois Loud délivrera sur la scène du dôme, son rap brut et franc du collier, avec des rimes en franglais.

Jour 5 : entre tempête et annulation 

Ce samedi qui marque le 4ème jour du festival revêt une couleur particulière avec la tempête qui menace de s’abattre sur le festival. Une autre tempête, celle de la probable annulation du concert de Shaka Ponk plane sur le festival, le groupe a annulé une de ses prestations hier en france à cause de l’état de santé de sa chanteuse Samaha, qui a perdu l’usage de sa voix. Le coup de grâce tombera vers 19h, Shaka Ponk annule sa venue, les médecins n’ont pu rien faire malgré tous les efforts du monde. La tête d’affiche de ce soir sera remplacée par Stephan Eicher et son Traktorkestar, lui qui était déjà programmé en début de soirée sur la grande scène. Des fans ayant fait le déplacement pour faire la fête avec le groupe français au rock sur vitaminé, goûteront moins à ce changement, certains préférant faire demi-tour en bradant leurs tickets d’entrée.

Le crooner Jacob Banks 

Le ciel s’est calmé, mais l’accalmie sera de courte durée, en attendant, on se réchauffe en écoutant le crooner Jacob Banks, le bonnet retroussé sur la tête, nous réchauffer avec sa voix puissante et enveloppante sur la scène des arches. Le prince de la soul moderne nous fera oublier, en l’espace de sa prestation, le temps maussade qu’il fait actuellement sur la plaine de l’Asse. Sa voix de velours nous prend aux tripes et nous fait voyager dans notre imaginaire où tout n’est que tendresse et réconfort.

Un office œcuménique sous la flotte

Il a fallu remplacer Shaka Ponk au pied levé à la dernière minute et c’est à Stephan Eicher qu’est revenu la lourde tâche d’orchestrer ce qui va ressembler à une grande chorale œcuménique, pour cette fin de soirée sous la flotte. Les artistes présents sur le festival ce jour-là ne se sont pas fait prier pour rejoindre le navire, de Robert Charlebois, au Cirque Alfonse, en passant par des festivaliers anonymes, le spectacle était magique, vu depuis la fosse et emmitouflé sous une doudoune. La solidarité artistique a montré ses preuves ce soir-là et douché l’espoir de ceux qui prédisaient, une fin de soirée mortuaire au festival.

Jour 6 : feux d’artifice pour un final familial 

Après l’averse qui s’est abattue sur la plaine de l’Asse toute l’après-midi d’hier en continu, place à un semblant de répit aujourd’hui avec les pieds dans la gadoue. Les fidèles festivaliers sont des habitués de la météo parfois clivant du Paléo et ce sont préparés en conséquence, en témoigne les nombreuses paires de bottes et les cirés qu’on aperçoit un peu partout. Pour ceux qui comme moi, qui n’ont rien prévu pour parer à toute éventualité, c’est un véritable combat avec la boue.

Conférence de presse bilan 

Notre journée débutera par la conférence de presse bilan dans le salon de l’espace presse où l’équipe organisatrice, conduite par son président, reviendra sur cette édition mémorable avec ses hauts et ses bas. On apprend que le village du monde a été très fréquenté, offrant une vraie proximité entre le public et les artistes. L’année prochaine se sera au tour de l’Afrique de l’Ouest d’être à l’honneur durant une semaine, l’occasion aussi pour le festival de se refaire une beauté, puisque l’on aura droit à une nouvelle configuration de la Plaine de l’Asse.

Dernier petit tour du domaine

C’est un petit pincement au cœur qu’on effectue ce dernier petit tour du propriétaire dans la boue. Hier c’était la grosse saucée, aujourd’hui on patauge dans la gadoue. On ira apprécier la vue spectaculaire qu’offre la tour végétale Utopia 2050 de la HED-SO sur le festival. C’est beau vu d’ici, ce petit monde qui circule dans les allées de la plaine de l’Asse au disparu demain. Il faudra attendre l’édition prochain pour espérer rêver au sommet d’une autre installation éphémère.

Carte blanche à l’orchestre de chambre de Lausanne 

C’est une vieille tradition du festival pour le dernier jour, le concert classique du dimanche est un moment attendu par beaucoup, qui pour la plupart font le déplacement en voiture. Cette année, c’est sous la direction de Joshua Weilerstein que les festivaliers apprécieront le spectacle.

Jane Birkin et l’ensemble symphonique Neuchâtel

La muse de Gainsbourg lui a rendu un vibrant hommage dimanche en ouverture de la grande scène avec son Symphonique, qui a rassemblé un public plus familial que les autres jours. La musique classique séduit toujours et fait partie de la programmation du dimanche depuis belle lurette. Un moment de joie et de communion que les plus âgés savourent en se remémorant une époque, que beaucoup d’entre nous n’ont pas connu. Une époque que Jane Birkin, main gauche dans la poche de sa veste tandis que celle de droite tient le micro, nous susurre de sa voix fragile, aidée des musiciens de l’Ensemble Symphonique Neuchâtel.

Pendant ce temps, sur la scène du Détour, les quatre musiciens de Quiet Island, que nous avons eu le privilège de découvrir en showcase presse jeudi dernier, déversent leur folk intimiste et envoûtant sur un public fuyant la grisaille.

Le flow de Jazzy Bazz

Le rappeur parisien a fait sensation cet après-midi de dimanche sur la scène du Club Tent accompagné de son complice Esso Luxueux, en Baker de la soirée. Débarquant tel un mastodonte avec des textes qui claquent, le pote de Nekfeu nous fera fondre avec le titre poétique « Leticia », dans lequel il livre sa part de sensibilité. Même si son pote n’est pas présent pour lui donner la réplique sur « Eternité », Jazzy Bazz fera pogoter le public, au milieu de la fosse du Club Tent. Un public adepte de rap brut, qui ne demande qu’à profiter à fond de cette dernière journée.

Sur la grande scène, Dadju a pris le relais, après Jane Birkin tout à l’heure et son ensemble symphonique. Le public est plus nombreux que tout à l’heure et plus jeune pour chanter en compagnie du frangin de Maitre Gims, un autre poids lourd du rap français.

Sous le chapiteau du Dôme, un cœur de Pirate

Cœur de Pirate, de son vrai nom, Béatrice Martin, nous a emmené dans son univers sous le chapiteau du Dôme. Elle enchaîne ses chansons tout sourire et danse délicatement.
Une artiste au grand cœur qui nous procure des émotions dans tout le corps. Le Dôme, encore une fois trop petit, débordait de tous côtés. Pourquoi l’avoir mis sur cette scène alors qu’elle avait déjà rempli les Arches quelques années auparavant ? Les Cowboys Fringants, bien que Québécois, ont pu bénéficier de la Grande Scène. Encore une fois, le Paléo a sous-estimé le talent de cette artiste qui conquiert nos cœurs depuis 10 ans.

Un Voyou attachant au Club Tent

Il nous a fait danser dans la boue comme promis tout à l’heure, lorsque je l’ai eu en interview. Thibaud Vanhooland alias Voyou nous a nourri durant une heure de temps avec sa pop colorée qui revêtait tout son sens par le temps qu’il faisait ce jour-là. C’était « Les Bruits de la Ville » sous le chapiteau du Club Tent où le public s’est cru, l’espace d’une soirée dans une « Serre » en « Tandem » avec l’artiste.

A lire : Interview d’un Voyou « j’ai l’impression d’avoir été très chanceux de grandir dans la banlieue lilloise »

Youssoupha, le dernier soldat des Arches

C’était une dernière pour la scène des Arches, qui accueillait Youssoupha pour un bouquet final. Elle aura été déplacée l’édition prochaine et ne revêtira plus les mêmes vêtements. C’est en maillot de foot de l’olympique de Marseille, son club de cœur, que le rappeur est venu avec ses musiciens, célébrer cette dernière avec le public dans la fosse et sur les gradins. Il nous mettra le « Smile » sur le visage avant de nous laisser profiter du beau spectacle qu’offrait le traditionnel feu d’artifice.

L’office final de Patrick Bruel

C’est l’une des figures incontournables de la chanson française qui a été choisi pour clôturer en beauté cette 44ème édition du Paléo festival sur la grande scène. Le chanteur à la voix éraillée a attiré un large public familial et dense pour cette dernière soirée, qui, même si elle ne se déroulait pas Place des grands hommes, avait tout de même son charme. Patrick Bruel n’est pas là pour Casser la Voix, il n’a plus l’âge des débuts, mais le charme opère toujours sur plusieurs générations représentées ici ce soir.

Nous quittons la plaine de l’Asse au moment où Gringe achève sa prestation sur la scène du Détour, tandis que Gato Preto monte sur celle du Club Tent.

Bilan

Malgré l’annulation de dernière minute du Groupe Shaka Ponk, le raté de Lana Del Rey et une météo capricieuse le samedi, la 44ème édition du Paléo festival de Nyon a plutôt tenu ses promesses avec Brio. Pas moins de 230.000 âmes ont foulé la plaine de l’Asse durant ces cinq jours de fête, parmi lesquels 10.000 personnes accréditées dont 5.000 collaborateurs. Avec une demande très forte de billets les trois premiers jours et encore plus forte le vendredi où la soirée était essentiellement francophone. Le festival qui sera redessiné autrement pour sa 45ème édition, n’a vendu que 99% de ses billets cette année et reviendra plus fort du 21 au 26 juillet 2020.

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