A la fin d’une tournée qui l’a conduit sur différentes scènes en Europe, Syml à fait un stop à Paris mercredi 23 octobre dernier à la Maroquinerie, pour nous présenter son nouvel « Syml », sorti le 3 mai 2019 et c’était tout sauf triste.

Des musiques qui parlent beaucoup d’émotions, de l’être humain en général dans ce qu’il a de plus sensible, voir pudique, des chansons très souvent taxées de tristes, voilà l’univers dans lequel Brian Fennel Aka Syml nous fera voyager ce soir. Des airs mélancoliques dont on ne peut se passer facilement, des chansons sentimentales qui poussent l’émotif à son comble. Ce père de famille (un garçon et une fille) qui a longtemps chanté pour le trio Barcelona, ne travestit pas ses émotions, il les transfère tout naturellement.

Actuellement en tournée dans toute l’Europe pour présenter son premier album solo, Syml était ce mercredi soir à la Maroquinerie à Paris, pour la dernière date de son tour, avant son grand concert de dimanche à Manchester.

Nathan, belle « Ball » d’entrée

Nathan Ball en 1ère partie de Syml à la Maroquinerie, le 23.10.19
Nathan Ball en 1ère partie de Syml à la Maroquinerie, le 23.10.19

Piano voix pour débuter avec le British au look de surfeur Nathan Ball, chargé d’entretenir l’assemblée en première partie. Le jeune artiste nous présentera quelques titres de son repertoire dans un seul en scène assez intimiste. Un choix logique, puisque son univers est assez proche de celui de Syml dont il assure la première partie de la majorité de ses show en Europe. Il nous mettra tout de suite dans l’ambiance de la soirée.

Dans un français qui ne souffre d’aucune approximation, il vient au contact du public après avoir joué deux morceaux, « J’ai joué à paris une fois et il y avait à peine 10 personnes dans la salle… (rires) je ne m’attendais pas à tant de monde ce soir, merci ». C’est ensuite une guitare dans la main qu’il nous conduira à la dérive avec Drifting, son single sorti en 2017 et qui parle de la dérive d’un frère sombrant dans la drogue « With the drugs keeping you high / They catch you falling from the sky… »

On sera à la Right Place, pour l’écouter nous jouer de façon émotive la dernière partition de sa prestation, dans un monologue où il aimerait retrouver la place qu’il occupait auparavant dans le coeur d’un être cher. On a envie de lui souffler de ne pas s’en faire, il a certainement pris une bonne place dans le coeur de beaucoup ce soir, l’applaudimètre en sera témoin.

Syml by Syml

Syml à la Maroquinerie, le 23.10.19
Syml à la Maroquinerie, le 23.10.19

Originaire de Seattle aux USA, Brian Fennell de son vrai nom a pris pour aka Syml ( prononcé simmel) qui veut dire « simple » et c’est simplement qu’il nous fera entrer dans son univers ce soir, au piano ou à travers ses riffs de guitare. L’artiste américain qui s’est fait connaître avec son titre « Where’s My Love » sorti en 2017 et qui cumule actuellement plus de 160 millions de streams sur Spotify.

Chemise à fleurs 3/4, il fait une entrée sans chichis mais qui ne manque pas de provoquer son petit effet auprès du public composé de beaucoup d’anglo-saxons. Entouré de ses deux musiciens, ils feront résonner leurs instruments pour un solo énergique. The Bird ouvrira doucement les hostilités et c’est posé sur les ailes de cet oiseau qu’on appréciera le show.

« C’est le plus gros show que je n’ai jamais fait à paris ce soir, merci ». Une petite présentation de ses deux musiciens et c’est derrière le piano qu’il passe en prenant sa petite voix pure et émotive qui monte assez vite dans les aiguës pour nous jouer « Connor », qu’on imagine être son fils. Petit clin d’œil à la langue de Molière avec le titre aérien Animal au milieu duquel, une voix féminine récite un poème en français. Avant d’enchaîner en acoustique sur Girl, un titre qu’il a écrit pour sa fille. L’émotion est à son comble, l’américaine à côté de moi ne peux retenir les larmes qui perlent sur son visage. Je lui file un Kleenex, c’est tout ce que je peux faire.

Petit jeu instrumental sur fond de voix off, la basse qui répond aux riffs de guitare qui communique avec le clavier, un joyeux bordel auditif. Une fan au milieu de la fosse ne peut s’empêcher de faire des voluptés avec ses mains, elle semble habitée par ce moment et le visuel est juste magnifique au milieu des faisceaux de lumières qui parcourent la salle.

Take off your shirt !!!

Syml à la Maroquinerie, le 23.10.19
Syml à la Maroquinerie, le 23.10.19

Place à ce qui constitue une forme d’entracte, Syml demande à la salle de lui poser des questions pendant que ses musiciens s’affairent derrière.  » Est-ce que tu vas jouer Where Is My Love ? » lance une demoiselle dans la salle « yes of course » !!! « est-ce que tu peux enlever ton teeshirt ? » la salle éclate de rire, fallait y penser. « on continuera plus tard, mais merci de m’avoir posé des questions »

Il y a quelque chose de Justin Timberlake dans sa gestuelle, sans doute son côté américain. Il fera descendre la pression avec le cérémonial Body, extrait de son EP In My Body sorti en 2018. Bed suivra la même lancée, puisqu’elle est dédiée à ceux qui souffrent d’une maladie comme le cancer.

Le tant attendu et réclamé tube Where is my love résonne enfin dans la salle toute la salle crie « just back home » à la fin de l’une des cinq versions de l’EP sorti en 2017. Une chanson qui a été prise pour la série Teen Wolf. Clean Eyes nous fait ressentir une dernière fois la puissance des instruments. Il est maintenant venu le temps de faire un choix entre Fear The Water qui se trouve sur l’EP Hurt For Me de 2016 et Mr Sadman son single de 2017. Le premier remporte la partie, mais il finira bien par jouer les deux pour le plus grand plaisir des fans.

Syml à la Maroquinerie, le 23.10.19
Syml à la Maroquinerie, le 23.10.19

Le dix-septième et dernier titre de la soirée sera Everything all At Once, titre avec lequel il clôture toujours ses concerts. L’un des meilleurs moments de cette tournée selon lui. « Paris, thank you so much for be here tonight », une bise à la volée et il s’en alla et nous aussi avec le sentiment d’avoir vécu une soirée singulière, au milieu du tourbillon musical de cette rentrée.