Pas de « Secret d’Oreiller » entre Walter aka Un Groupe Français et nous au cours de l’interview qu’il nous a accordé quelques semaines avant la sortie de son nouvel EP.

Un Groupe Français est le projet de solo de l’artiste multi facettes Walter Laguerre qui sortira son premier EP « Secret d’Oreiller » le 15 mai prochain. Période de confinement oblige, l’artiste nous a offert une session acoustique live de son titre « Fee Princesse » la semaine dernière, dans une configuration qui mettait en scène un trio. Nous avons décidé d’en savoir un peu plus sur cet artiste au nom de projet assez singulier, qui nous intrigue autant qu’il nous donne l’envie de percer les mystères de sa marque de fabrique.

La crise sanitaire qu’on traverse actuellement aura des conséquences terribles sur le monde du spectacle comme dans d’autres secteurs. En tant que artiste émergent, comment analyses-tu cette situation ?

C’est une situation horrible pour tout le monde, tous les secteurs, corps de métiers. Étant intermittent dans l’audiovisuel et artiste émergent, je vois pleins d’opportunités tomber à l’eau, mais j’ai tendance à rester positif et surtout ne pas me lamenter sur mon sort : je pense à tout ces concerts, festivals annulés, tous les projets culturels abandonnés ou reportés… La culture est considérablement impactée et va l’être pendant un bon moment… 

C’est toute une restructuration, et prise de conscience, à laquelle on doit faire face à tous les niveaux (politiquement, économiquement, socialement, etc…)

Je veux rester optimiste quant à notre future, et je pense que dans l’inconscient collectif, certaines choses vont changer (du moins je l’espère).

Ton premier projet a été auto produit, adieu la vie de groupe, tu es plutôt quelqu’un de solitaire au fond et cette période de confinement ne doit pas trop peser sur ton moral . Qu’est-ce que tu gardes de « Secret d’oreiller » ? Et pourquoi ce titre ?

Au tout début, un groupe français était un projet de groupe qui est devenu un projet solo : ce que nous avons mis du temps à admettre. J’ai passé 8 ans à jouer en groupe avec 4 personnes et maintenant je fais tout dans ma chambre, seul, donc la fracture à été brutale. À ce moment là, c’est tout un langage et un processus à réapprendre. Donc globalement, je dirais que cet EP a été une prise de conscience globale et une volonté de s’affirmer musicalement. 

‘Secret d’oreiller’ c’est le titre du recueil de poèmes de Marc Sanchez. Recueil duquel sont tirées les paroles de l’EP. Deux choix de titres d’EP se présentaient :

le 1er : ‘Parmi tant d’autres’ – ce qui aurait donné : « Nous avons le plaisir de vous présenter Un groupe français ‘parmi tant d’autres’ » (là j’essaye d’imiter quelqu’un qui nous présente (joke).

2ème choix : ‘Secret d’oreiller’, tout simplement. On a opté pour celui-là car il propose plusieurs axes de lecture et d’interprétation : un secret est quelque chose de sacré, que l’on ne dit pas à tout le monde. Ça relève de l’ordre de l’intime, du personnel. Oreiller, car objet du quotidien, banal. Ici, l’oreiller fait office de confessionnal. J’aimais bien cette opposition que j’ai essayé de lier.

Secret d’oreiller peut aussi faire allusion aux moments d’étreintes charnelles durant lesquels on aime s’abandonner, où l’on se confie à l’autre.

‘secret d’oreiller’ synthétise parfaitement ce premier EP : qui est fragile, intime, susurré, extravagant.

A l’écoute des premiers titres de cet album, on constate que tes influences sont multiples, pour ne pas dire méconnaissables. Tu n’en revendiques vraiment aucune ?

J’écoute de tout et me nourris de tout.

Tu es aussi artiste peintre et tu réalises toi-même les pochettes de ton EP. Quelle relation fais-tu entre ses deux pans de l’art ?

(Je précise simplement que c’est Eliott Sebbag qui a réalisé la pochette de l’EP. En revanche, je réalise les autres déclinaisons, car il y a un artwork par titre.)

La musique et l’art sont deux médiums géniaux pour s’exprimer, cracher tout ce qu’on a à dire de toutes les manières qui soient. J’ai toujours séparé ces deux activités jusqu’au jour où on m’a dit que j’avais « une manière picturale de faire de la musique ». Je cherche toujours la signification de cette phrase… A vrai dire, j’essaye de ne pas faire de lien, de ne pas tout calculer. La pochette a été réalisé sous cette dynamique là de spontanéité : d’un côté, il y avait Eliott Sebbag avec qui on prenait des photos et de l’autre côté, je découvrais pas mal de mec sur insta qui font des collages de dingues.

Puis ça a donné cette pochette.

Walter Laguerre aka Un Groupe Français. (C): Eliott Sebbag

Les mélodies instrumentales semblent être ton fort. T’es entouré d’une violoniste et d’un pianiste pour ta dernière vidéo « Latente ». Il s’agit d’une configuration qu’on retrouvera lors de tes prochains concerts ?

Toujours pareil, cette formation a été complètement spontanée et pulsionnelle. Je voulais revoir l’EP sous une forme plus « classique ». Par conséquent, j’ai demandé à Benjamin Zana (ami et coloc) de m’accompagner au piano. Ce qui est pratique car il a aussi participé au projet de l’EP original. Puis, quelques semaines auparavant, nous avions rencontré Florence Grace Wallis, qui vient de Providence aux Etats-Unis et qui était de passage à Paris. Nous l’avons rencontrée par le biais d’une amie. Le courant est passé. Je lui ai donc proposé de m’accompagner aussi pour cet EP acoustique. Nous avons répété une journée et le lendemain on enregistrait au Studio Motorbass. Rapide, simple et efficace.

Est-ce une configuration pérenne ? … mystère.

Qui est « Fée princesse » ? Cet amour d’enfance insouciante sur laquelle tu reviens dans ton nouveau single ?

Cette fée princesse, c’est la personne que l’on a tous forcément rencontré à un moment de notre vie. Celle avec qui tu as vécu des choses incroyables, celle avec qui tu as découvert des choses inespérées, celle avec qui tu as grandi. Mais c’est aussi celle envers qui tu as éprouvé toutes les palettes émotionnelles possibles : l’amour, l’envie, le désir, la désillusion, la peur.

C’est cette personne qui est, qui a été et qui sera. Cette personne que tu as difficilement appris à dé-s’aimer mais que tu aimeras toujours.

On a tous connu cette fée princesse la !

Combien de temps t’as pris la composition de cet album ?

Trop longtemps.

Il y a quelque chose de Martin Luther King chez toi quand on te regarde, surtout avec cette coupe sur la tête et cette moustache impeccable. On ne te l’a jamais fait remarquer ?

Nope.

Que feras-tu en premier à la fin de ce confinement ? Release Party pour la sortie de ton album ? Une visibilité sur les concerts à venir ?

L’une de mes activités préférées : regarder les gens ! J’irai donc à une énorme fête juste pour le plaisir d’être dehors, regarder des gens heureux danser tout en buvant un énorme cocktail, le tout au soleil. Et, oui, préparation de la release party !!

Merci d’avoir pris le temps de répondre à nos questions depuis ton lieu de confinement. D’ailleurs tu es resté chez toi ou tu fais partie de ceux qui ont pris la fuite ? Au plaisir 

Un énorme merci à vous pour cette première interview par mail. Je suis resté confiné avec mes 5 colocataires dans mon quartier d’amour qui est Barbès.

Milles baisers et a bientôt

Plus d’infos

Secret d’Oreiller, le premier EP d’Un Groupe Français sortira le 15 mai prochain.

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