Dans son 2e album The day my father died sorti ce 3 février, le producteur et guitariste autodidacte Syml revient sur le processus de reconstruction en quinze étapes par lequel il est passé après un drame personnel.

Perdre un proche fait partie des étapes difficiles de la vie qui peuvent nous plonger dans une détresse profonde. En perdant un proche avec qui nous avisons une relation très étroite, c’est un peu une partie de nous même que nous perdons. Une épreuve douloureuse à traverser, mais pas insupportable. Savoir faire son deuil pour aller de l’avant, peut s’exprimer de plusieurs manières. C’est justement de ce processus de reconstruction après un drame personnel qu’il est question dans The day my father died, le 2e album du chanteur, compositeur et producteur américain Brian Fennell aka Syml. Comment remonter à la surface après la perte d’un être cher ?

Avec plus d’un milliard de streams sur les plateformes, le natif de Seattle et ex membre du groupe Barcelona a connu le succès grâce à sa chanson solo « Where’s is my love », extrait de son album éponyme sorti en 2019 et récemment certifié disque de platine en France. Mais quatre plus tard, ce guitariste autodidacte essaie de se reconstruire après une épreuve difficile. Pour reprendre le cours de sa vie, Brian s’est donné le temps d’accepter la mort de son père adoptif, de faire son deuil grâce à un processus en quinze étapes qui va de l’acceptation à la reconstruction.

Dans The Day My Father Died, l’artiste emprunte le chemin de la reconstruction, il pose des mots sur ses sentiments après avoir été déchiré par le deuil. Lui qui avait déjà été confronté à la mort d’un camarade de classe à 18 ans, fait de nouveau face à un drame personnel dont son nouvel album porte l’empreinte. « Perdre mon père, c’était comme manquer d’air. Je le ressens encore dans mes tripes » », déclare l’artiste américain dans la brochure qui accompagne cette sortie. Enregistré et produit dans sa ville natale avec l’aide du célèbre producteur Phil Ek (Fleet Foxes, Vance Joy, Father John Misty), les quinze titres de ce nouvel album décortiquent le parcours d’un artiste qui fait face à un changement fondamental et insoluble dans sa vie.

Fidèle au registre électro mélancolique qui a fait son succès, il nous prend par les sentiments dès le titre d’ouverture « Howling » et ses airs de chorale gospel, qu’il partage en duo avec Lucius. Une atmosphère qu’on retrouve dans son hymen éteinte de spiritualité « Believer ». Même si la chanson titre de l’opus est née d’une période sombre, elle nous plonge tout de suite dans une ambiance dansante et festive très entraînante.

Vidéo officielle « Believer »

Bien que cet album soit un projet solo, il regorge de multiples collaborations. En plus de Lucius, plusieurs autres voix entre folk et pop viennent lui donner la réplique sur ce nouveau projet. Comme l’envoûtant « lost myself » en collaboration avec le britannique Guy Garvey qui prête sa voix à la chanson, mais apporte aussi sa touche personnelle au niveau du refrain. Ou lorsqu’il parle de la meilleure partie de lui dans un magnifique duo plein de tendresse et de simplicité avec Sara Watkins (Better part of me) ou quand il joue aux âmes sœurs avec Charlotte Lawrence sur le premier extrait sorti en mai 2022 (You and I).

Le choc étant la première émotion lors de la perte d’un être cher, le résultat de la catharsis de SYML est à la hauteur de nos attentes. The Day My Father Died est l’hommage sincère d’un fils qui laisse transparaître toutes ses émotions pour dire adieu à ce père dont il portait encore le deuil il n’y a pas si longtemps. Un exercice de catharsis dont le résultat est à la hauteur de Brian Fennel qui réalise ici un second opus d’une très grande qualité. Une force de travail qui a séduit Lana Del Rey puisqu’une collaboration entre lui et cette dernière est annoncée sur son nouvel album Did You Know That There’s A Tunnel Under Ocean Boulevard, attendu ce mois de mars, avant son concert parisien au Tabendo le 18 avril 2023.