Madonna s’est livrée comme jamais elle ne l’avait fait auparavant au cours de la 1ere de The Celebration Tour, la tournée de ses 40 ans de carrière qui a fait une halte à Bercy ce dimanche. Retourne sur cette célébration qui prouve qu’elle est toujours la reine et qu’elle n’est pas prête de céder sa couronne.

« This is not just a show, this is not just a concert, this is not just a party… it’s a celebration » C’est par cette phrase de Bob the drag queen, gagnante de la saison 8 de Ru Paul Drag race, que débute le concert. Et cette phrase résume totalement ce concert. C’est une véritable célébration des 40 ans de carrière de la « Queen of pop » Madonna. Car entre ses titres les plus célèbres, on découvre tout au long de ce show, l’histoire de Madonna. De sa carrière. De sa vie. Elle se livre comme jamais elle ne l’avait fait auparavant.

Queen of the night show

Tout au long du concert, Bob The Drag Queen est la maîtresse de cérémonie. Elle introduit Madonna… habillée de la célèbre robe Marie Antoinette de celle-ci, qu’elle avait porté lors des MTV music awards pour interpréter Vogue en 1990 tout en énumérant quelques moments saillants de la vie de de la star américaine… du baiser avec Britney Spears jusqu’au Super Ball. Et alors que Madonna nous a toujours habitué à des arrivées plus impressionnantes les unes que les autres, elle arrive cette fois-ci tout simplement, avec une tenue noire magnifique, sur le titre « nothing really matters » rarement chanté en live et qui ravit les fans de la première heure.

Cette entrée marque le début de deux heures de show… avec des costumes par dizaine, des chorégraphies à couper le souffle et un light show impressionnant. Et dès le début, Madonna nous plonge dans sa ville de cœur, NYC, dans laquelle elle est arrivée avec 35$ dans la poche. « Everybody », « Into the Groove », « open your heart »… puis « Holliday ». On retrouve de nombreux hits dans cette première partie.

In loving memory

Mais tout d’un coup, alors que le ton était donné, la fête se termine brusquement lors du titre Holliday. Les danseurs tombent et meurent… la fête est finie à NYC dans le milieu des années 1980. L’épidémie du Sida vient semer le trouble. C’est alors que Madonna, tout en interprétant magnifiquement bien « Live to Tell », rend hommage à ses nombreux amis, comme Keith Haring ou Martin Burgoyne, morts tous deux du sida. Et au fur et à mesure de la chanson… les stars font place aux anonymes. Eux aussi tombés.

A la fois beau et glaçant, cet hommage démontre une nouvelle fois l’Engagement sans faille de Madonna pour la communauté LGBT et contre le SIDA. Dans les années 80, elle n’avait pas eu peur de prendre la parole sur le sida. Une rumeur était même née sur le fait qu’elle était elle-même séropositive. Elle avait répondu lors d’une conférence de presse « I’m not positive, but what if I were ».

Hommage à Prince, puis à Mickael Jackson dans un remix de « Billie jean » et « Like a Virgin », ou par un superbe jeu d’ombre, on peut imaginer les deux stars, le King of Pop et la Queen of Pop, danser ensemble… Mais aussi hommage à sa mère, lorsqu’elle interprète « Mother and Father ». Une mère qu’elle n’a pas connu puisque celle-ci décédera alors qu’elle n’a que 5 ans.

40 ans sur un ring

Tantôt boxeuse, tantôt juge de la Ballroom, Madonna se metamorphose pendant tout son concert… jusqu’à retrouver ses alter égos, comme la Madonna des années 1990. En effet, cette année-là, lors du Blond Ambition Tour, alors qu’elle interprète « Like a Virgin », déjà provocante elle se retrouve sur ce lit rouge que l’on termine pour ce celebration tour, avec son corset iconique de Jean-Paul Gaultier, elle simule une masturbation féminine. Symbole pour elle de la liberté sexuelle de la femme. Entre cette masturbation et le passage religieux, Madonna aura en coulisse, avant le début du concert, à plusieurs reprises, les forces de l’ordre lui demandant de ne pas interpréter ce passage. Elle ne cédera pas. Comme toujours.

Ce concert est aussi l’occasion pour Madonna d’interpréter des chansons qu’elle a rarement chanté sur scène. Comme « Rain » ou alors « Bad Girl », accompagnée par sa fille, Mercy James, au piano. la Isla Bonita, hung up, tell me… tous les plus gros tubes de Madonna sont réunis pour l’occasion et entraîne le public à danser comme au milieu d’un énorme dancefloor. Après plus de deux heures de show, Madonna conclue la soirée avec son « Bitch im Madonna » entourée de l’ensemble de ses danseurs et danseuses, qui pour ce dernier titre, revêtent chacun les plus grands looks de Madonna au cours de sa carrière.

Cette célébration de Madonna et de sa carrière démontre une nouvelle fois qu’elle est la reine et qu’elle n’a toujours pas décidé de donner sa couronne. Entre les visuels, la danse, les chansons, mais également les petits moments pendant lesquelles Madonna se livre au public sur sa vie, et notamment sa récente hospitalisation et sa reconnaissance d’être toujours en vie et d’avoir cette « seconde chance » ce concert est à dévorer, que l’on soit fan ou non de Madonna… car au final, on a tous une part de Madonna en nous !

Guillaume Maréchal