Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés composent ce rendez-vous musical en images

Almée – Voyage en amont 

Après « Formentera », Almée poursuit la présentation de son prochain album Animal Émotif, attendu en mars 2027, avec « Voyage en amont », sorti le 11 septembre. Une chanson où le passé revient sans prévenir et nous remet face à ce que l’on imaginait devenir. Le piano accompagne presque tout le morceau et laisse beaucoup de place à sa voix. Nous avions d’ailleurs pu en découvrir une version piano-voix lors de son showcase acoustique du 23 septembre. Encore plus dépouillée, elle faisait ressortir le texte différemment, davantage comme un regard porté sur ce qui a été que comme un simple regret.

Dévoilé le 23 septembre, le clip réalisé par Carol Teillard d’Eyry reste très sobre. Almée est seule dans un appartement, assise au piano, tandis que la caméra tourne autour d’elle, s’attarde sur ses mains et son visage, puis fait apparaître certaines paroles en jaune à l’écran. Il n’y a pas vraiment de scénario : le clip repose surtout sur sa présence et sur cette proximité avec l’instrument. Par moments, on a presque l’impression d’assister à une session privée, sans que ce soit pour autant une véritable version acoustique.

Le talu – gen z 

Le talu aime faire circuler ses morceaux entre rap, club et électronique. Pour « Gen Z », premier extrait de son prochain album, il s’intéresse à une génération prise dans un flux permanent : réseaux sociaux, actualité, crises successives et besoin de continuer à sortir malgré tout. Colère, ironie et détachement se mélangent dans un titre qui évoque aussi directement la montée de l’extrême droite, sans abandonner son côté dansant.

Le clip se déroule principalement autour d’une voiture garée dans une zone industrielle. Le talu rejoint plusieurs amis déjà installés à l’intérieur tandis que la fumée envahit progressivement l’habitacle. La caméra reste très proche des visages et des corps. Pendant le refrain, un danseur torse nu grimpe sur le toit et se met à danser. Peu de décors ou d’effets : la vidéo repose surtout sur cette bande enfermée dans la voiture et sur cette silhouette qui s’agite au-dessus d’elle.

Salut l’Orage – Loin d’ici 

Avant la sortie de son premier EP, attendu fin janvier 2027, Salut l’Orage dévoile « Loin d’ici ». Le morceau s’adresse à celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans les cases qu’on leur assigne, qui supportent mal la routine et cherchent à en sortir. Derrière l’envie d’ailleurs, il est surtout question de ne pas se laisser enfermer dans une vie toute tracée. Le groupe transforme ce besoin de fuite en un titre nerveux, partagé entre lassitude, désir de départ et envie de recommencer autrement.

La vidéo elle aussi, reste très concrète, le chanteur enchaîne des gestes du quotidien (se laver les dents, prendre une douche, boire un café) pendant que d’autres plans montrent le groupe en train de jouer. Un souvenir d’anniversaire d’enfance vient aussi interrompre cette routine. Le montage passe ainsi d’un quotidien répétitif à des images plus vivantes, comme si le personnage cherchait simplement à s’échapper de sa propre journée.

Ella Lewis – Drive

Ella Lewis faisait partie des artistes que nous ne connaissions pas encore, et « Drive » est une belle surprise. Deuxième extrait de son premier EP It’s Not Over, le titre dévoile une pop sensible et élégante autour du deuil, du temps qui passe et de la reconstruction. L’idée du trajet traverse toute la chanson : continuer d’avancer, retrouver une direction et accepter que certaines choses finissent par changer.

Réalisée par Louis Oliver Byrne, la vidéo commence dans un espace très fermé. Ella est seule chez elle, presque immobile, entourée d’objets qui évoquent le temps et le départ : une montre de poche, une voiture miniature, des fleurs. Peu à peu, elle quitte cet intérieur. On la retrouve à l’arrière d’une voiture, puis dehors, au soleil, près de l’eau. Le mouvement reste discret, mais suffit à montrer qu’elle n’est plus tout à fait au même endroit qu’au début.

Ferdi – The Sound of art 

À quelques jours de la sortie de son nouvel album, attendu le 9 octobre et sur lequel figurera notamment Disiz avec « Surya », Ferdi en dévoile le morceau-titre, « The Sound of Art ». Le saxophoniste place son instrument au centre de la composition, au point de lui donner presque le rôle d’une voix. Il souffle, monte, retombe, laisse de l’espace, pendant que la trompette de Lillian Mille vient lui répondre. Les deux cuivres se croisent et se relancent dans un morceau qui garde quelque chose de très libre, sans chercher à être trop lisse.

Réalisé autour de cette tension, le clip reste très épuré. Ferdi joue face caméra tandis que quatre danseuses et danseurs occupent une immense table blanche. D’abord assis, ils déplacent les chaises, montent sur la table, rampent, chutent puis se relèvent dans une chorégraphie signée Mès Lesne. Peu à peu, la table devient le centre de toute l’action. Plus le morceau gagne en intensité, plus les corps s’agitent autour de Ferdi, jusqu’à une dernière image où tout le monde se retrouve réuni face à la caméra.

Tchako – Valse avec la mort

Tchako aime brouiller les pistes. Formé entre le conservatoire parisien et Tirana, il mêle chanson française, héritage balkanique et sons électroniques dans un univers où sa voix occupe une place centrale. Sur « Valse avec la mort », il revient sur les crises d’angoisse qui l’accompagnent depuis l’enfance et imagine une confrontation directe avec la mort. Plutôt que de subir cette peur, il choisit la danse et le mouvement, presque comme une manière de la défier.

Le contre-pied de cette agitation est mis en avant dans la vidéo. En noir et blanc, Tchako reste seul dans une grande pièce, assis face à un piano à queue. La caméra tourne autour de lui, s’approche de son visage et de ses mains, puis reprend de la distance. Rien ne vient détourner l’attention de sa voix et du piano. La chanson parle de lutte, mais l’image choisit au contraire quelque chose de très calme et dépouillé.

Nerlov – Ensemble 

Nerlov aime raconter les choses simplement, avec ce mélange de légèreté et de fragilité que l’on retrouve dans son deuxième album Naïf. Sorti le 25 septembre, le même jour que l’album, « Ensemble » part d’une envie très simple : jouer au badminton à deux, alors qu’il n’y a personne en face. Derrière ce point de départ presque léger, le morceau parle surtout de solitude et du manque de quelqu’un avec qui partager un moment, même banal.

Cette idée est reprise au pied de la lettre dans le clip. Nerlov est seul sur un terrain de badminton, raquette en main, du début à la fin. Il attend, s’échauffe, joue, court, se fatigue, tombe au sol puis repart. Les paroles apparaissent directement à l’écran pendant qu’il chante face caméra. Le contraste est simple mais efficace : le morceau s’appelle « Ensemble », alors que l’image repose entièrement sur l’absence de l’autre.

Paolo – La petite voix dans ma tête

Plus de 20 millions de streams, plus de 100 000 abonnés et une première tournée presque complète : Paolo. avance vite, mais continue d’écrire à partir de ce qu’il connaît. Co-composé avec Laurent Lamarca, « La petite voix dans ma tête » s’inspire de son parcours, de ses voyages et de cette envie de ne pas suivre une route déjà tracée. Le morceau oppose les attentes, les habitudes et ce que l’on pense devoir faire à cette petite voix intérieure qui pousse parfois à partir, respirer et écouter enfin ce que l’on veut vraiment.

Sous la caméra de Romain Argento, cette envie d’ailleurs devient très concrète. Paolo. apparaît d’abord sous l’eau avant de remonter à la surface, puis traverse plages, reliefs, chemins de campagne et cours d’eau, parfois seul, parfois accompagné d’un cheval. Les grands espaces prennent peu à peu la place de l’enfermement du début et donnent à la vidéo quelque chose de très simple : l’impression de retrouver de l’air et de l’espace.

Tanguy – Rêvons encore 

Tanguy avance depuis plusieurs années entre écriture, composition, concerts et cours de guitare, avec l’envie de faire grandir son projet sans couper ce qui le relie au quotidien. « Rêvons encore », qu’il porte depuis plus de deux ans, parle justement de l’écart entre ce qu’on imaginait pour soi et ce que la vie finit par imposer. Le morceau traverse les blessures, les doutes et les relations qui vacillent, mais garde une idée simple : continuer à croire en l’autre, en soi et dans ce qu’on essaie de construire.

Nathan Vilboux évite le récit trop sage pour le clip. Tanguy adulte y croise régulièrement l’enfant qu’il a été, comme s’il regardait de loin celui qui rêvait avant lui. Autour d’eux passent un couple, des amis, des scènes de rue et des moments de musique. Tourné notamment à Saint-Ouen, le clip reste très concret. Jusqu’à la scène finale, où l’artiste se retrouve face à un public : pas comme l’aboutissement parfait d’un rêve d’enfant, mais simplement comme la preuve qu’il continue d’avancer.

Julien Pras – No authority

Julien Pras, que l’on connaît notamment comme chanteur de Mars Red Sky, poursuit en parallèle un parcours solo plus direct, entre folk et rock. Deux semaines après « Tell me I’m wrong », le Bordelais dévoile « No authority », nouvel extrait de Minor Fall, attendu le 30 octobre. Le morceau parle de ce qu’on ne maîtrise pas : une séparation, une douleur qui arrive sans prévenir, le sentiment de ne plus avoir prise sur ce qui se passe. Les guitares prennent davantage de place que sur son précédent single et donnent au titre quelque chose de plus nerveux, sans faire disparaître la mélancolie qui traverse son écriture.

Pour le clip, Seb Antoine filme Julien Pras seul dans la forêt de Biscarrosse marquée par les incendies. À plusieurs reprises, son visage est entièrement recouvert de bandages, tandis qu’il avance entre les arbres brûlés, guitare à la main. Lorsque les bandages disparaissent, l’artiste découvre un petit miroir dans sa paume et y regarde son reflet, avant de rejoindre la mer.. Le paysage abîmé suffit presque à raconter ce que dit le morceau : la perte, les traces qu’elle laisse et ce qu’on ne peut pas empêcher.

Nova Shapers – Blurry lines 

Avant la sortie de son premier EP, attendu le 30 octobre, Nova Shapers dévoile « Blurry lines », un titre très personnel autour de la perte de repères, du doute et de l’envie de continuer malgré tout. Le morceau parle de ce moment où tout devient moins clair, où l’on hésite encore mais où il faut avancer quand même. Le groupe y garde quelque chose de fragile, sans perdre cette énergie qui accompagne ses morceaux.

Cette fois, la mise en scène commence dans les toilettes d’un bar, face au miroir. Le chanteur quitte ensuite les lieux, traverse la ville, prend le métro, marche longtemps puis finit par appeler quelqu’un. En parallèle, Nova Shapers joue dans un décor beaucoup plus ouvert, presque désertique. Au fil du trajet, on comprend surtout qu’il cherche une direction plus qu’il ne fuit réellement quelque chose. La scène d’auto-stop finale et l’arrivée de ses proches donnent alors au récit une issue très simple : après l’errance, il reste quelqu’un à retrouver.

Iris 2000 – Sortie d’usine 

Iris2000, de son vrai nom Iris Delayre, avance dans une pop électro très directe, depuis notre dernière rencontre au Printemps de Bourges. Sorti le 25 septembre, « Sortie d’usine » parle de fatigue, de pression et de cette impression de devoir toujours recommencer. « Trois nouveaux départs, c’est cent fois sous l’eau », « je paie toute la promo », « pourtant je fais ce qu’il faut » : derrière l’énergie du morceau, elle laisse entendre la peur de l’échec, la colère et le besoin de continuer malgré tout. Le refrain, « Je te promets, ça va aller, vois la sortie devant toi », sonne alors presque comme quelque chose qu’elle se répète à elle-même.

Tout commence par un gros plan où Iris2000 se met du gloss, avant de la retrouver assise derrière une table au milieu d’autres personnes. Puis l’ambiance change : une voiture pleine d’amis, des retrouvailles, du champagne, des corps qui dansent et des baisers échangés. Même la pièce du début finit par être envahie par la fête. Là où le texte parle de pression et d’épuisement, la vidéo choisit au contraire le collectif et le lâcher-prise.