Le jeune Rennais ARM signe son retour avec un dixième album empreint de mélancolie, à l’univers sombre qui sort ce 11 octobre chez Yotanka et dont le public devra déchiffrer le message « Codé » entre les 9 pistes qu’il a composé sous forme de bande originale d’un film dont il est le principal acteur.

Le 15 juillet dernier, le rappeur rennais ARM annonçait la sortie de son nouvel album dans un post Facebook en le présentant tel un « disque construit comme la musique d’un film imaginaire ». Il avait raison, car c’est un véritable voyage imaginaire dans lequel plonge l’auditeur lorsqu’il passe d’un titre à l’autre. La trajectoire n’est pas celle formatée dont on anticipe la suite, chaque titre pousse à la réflexion. C’est une véritable claque que l’on prend en parcourant les neufs pants de cet opus « codé », qui porte bien son nom.

ARM, photo presse. (c): Titouan Massé
ARM, photo presse. (c): Titouan Massé

L’artiste qui se reconnait de moins en moins dans l’univers hardcore du hiphop, nous plonge dans une ambiance sombre teintée de mélancolie avec les 9 pistes d’un album « Codé » qu’il a personnellement composé et dont il nous revient de décoder les messages.

Pour la petite histoire

Arm n’est pas nouveau dans l’univers hip-hop français, puisque le rennais a débuté aux côtés des Psykick Lyrikah, groupe de hip-hop français dont il s’est émancipé à l’été 2015. Depuis Le Breton a tracé sa propre trajectoire en sortant « L’empereur », son premier album solo en 2017 et en collaborant avec TEPR sur Psaumes en 2016. « Je suis justement quelqu’un parce que personne ne nous calcule »

Nom de code ARM

C’est dans une ambiance d’orchestre « Collatéral » que s’ouvre l’album avec un premier titre qui sonne comme une belle entrée en matière dans un univers sombre où il faut tenter de déchiffrer le message. ARM se sert d’une voix doublée qui fait corps avec les instruments, aux rythmes des paroles de celui qui se considère de la race de « ceux qui s’éteignent ». Un flots de questions fusent de la bouche du rappeur, qui se mue ne chef d’orchestre.

Dans « Deux », le premier extrait de « Codé », dévoilé au public le 9 septembre dernier, les notes de pianos introduisent une ballade émotionnelle, le tempo est lent, les vies défilent dans ce qui ressemble au tableau d’un monde complexe dans lequel évolue le rappeur « le crépuscule loin de nos tours, on a fait le monde qui n’était pas, mis de la couleur tout autour, car noir et blanc ne suffisent pas ». « Oneiro » se veut la voix des sans voix, ceux qui crèvent en enfer en respirant des rayons, il chante pour les oubliés. Persona « trace des mirages sur la pierre. Chante ses reflets, comme tu savais chanter leurs noms ».

« On a » est le deuxième single de l’album, un titre qui montre la maturité d’un rappeur ayant décidé d’évoluer à la marge de tous les ayatollahs de la bien-pensante du rap système « c’est pas grave si tu n’as pas le même timing, pas grave si tu marches seul ». Un nouveau single intimiste, bourré de sincérité dont le rappeur a dévoilé le clip la semaine dernière et dans lequel on découvre son quotidien de père de famille.

Un album sur lequel on ne trouve qu’un seul featuring avec Virus, venu croiser le verbe le temps du titre « Cap Gris ». « Perdu » s’adresse à une jeunesse en perte de repère, cette génération qui ne sait plus vers qui se tourner pour trouver des réponses aux nombreuses questions qu’elle se pose. « Quand ça parle j’écoute pas, je suis loin du mur j’ai changé les plans ». Ainsi le par à l’ Assaut la pensée unique du système « j’avais déjà tout écrit avant qu’on ne parle d’eux ». L’apparition des masques est le titre le plus long qui clôture l’album « va falloir décider de ce qu’on n’a pas choisi », ARM lui a décidé de voler de ses propres ailes, dans un milieu où il n’est pas aisé de s’affranchir des codes.

Codé décodé

C’est en connaisseur que l’artiste de l’ombre livre une vision authentique du monde. Malgré un titre qui peut hérisser le poil de tous ceux qui considèrent les maths comme leur bête noir, il n’y a rien de vraiment indéchiffrable dans ce dernier. ARM nous plonge plutôt dans un univers singulier, où l’on s’abandonne, porté par la chaleur de son lyrisme et de son amour pour l’art. Il dépeint des situations très sombres dans des ambiances différentes qui hypnotisent l’auditeur, surtout la nuit tombée. Une vérité brute d’un artiste vrai et singulier qui vous pousse à appuyer sur la touche replay, à la fin des quarante-six minutes que dure l’opus, pour un autre voyage où cette fois, on a toutes les pièces du puzzle en main.

Plus d’infos

« Codé« , le nouvel album de ARM, sortie le 11 octobre 2019 chez Yotanka / Pias

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