Il ne s’agit pas d’une lessive, non The wash c’est le nom du nouveau tandem franco-américain qui sortira son premier album « Just Enough Pleasure To Remember » le 7 février prochain, nous sommes allés à leur rencontre. Entretien

Quelle est la probabilité pour qu’un Américain en provenance du Massachussetts et un français originaire de Versailles se rencontre ? Vous allez sans doute me répondre plusieurs, vu le nombre d’Américains qu’on croise à paris et le français qu’on entend parler dans tous les coins de New-York. Les mariages mixtes y sont aussi pour beaucoup, quand il ne s’agit pas de séjours touristiques ou linguistiques.

En ce qui concerne le chanteur-claviériste David Quattrini (Massachusetts) et le guitariste Jérôme Plasseraud (Versailles) la rencontre a lieu en 2017 autour de l’amour de la musique et du processus créatif qui les poussera à s’unir sur ce premier projet qu’ils ont bien voulu intituler « Just Enough Pleasure To Remember ». Vous l’avez bien compris, ils ont beaucoup de plaisirs à revendre à l’image de ce premier opus onze pistes, qui est un joyeux mélange de genres.

Après le single de « Summer » où ils nous ouvraient leur album de vacances, « Strange Gift » qui revenait sur leurs souvenirs de jeunesse et le tout dernier « Morning Lights », le duo esy fin prêt à nous livrer le fruit de leur travail. Ils ont bien voulu répondre à nos questions autour de ce premier projet attendu pour le 7 février prochain.

The Wash sans filtre

The Wash
The Wash

Comment s’est fait la rencontre entre vous deux ?

Jérôme : Il (David) a traversé l’Atlantique en bateau, ça lui a pris trois mois (rires). La vraie rencontre c’était avec The Wash il y a deux ans, on a commencé à travailler sur le film « Le grand bain » et ça nous a mis dans un processus pour faire des chansons. Lui il est assez bon pour commencer les chansons et moi pour les terminer. (Rire)

David : ça fait 14 ans que je suis en France, j’ai rencontré ma femme par l’intermédiaire de Jérôme. On faisait tous les deux de la musique chacun de son côté, on se complète hyper bien. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec qui le lien passe ainsi. On arrive à faire des chansons mieux ensemble que seul.

Si on vous suit bien ça fait juste deux ans que le projet existe ?

Jérôme : Tout à fait, ça fait à peu près deux ans. L’album on l’a terminé il y a un an et là ça fait un an qu’on suit un peu le projet, le graphisme, les réseaux sociaux et tout ce qui va avec.

C’est assez nouveau pour vous alors ?

Jérôme : Oui, l’album n’est même pas encore sorti que nous sommes déjà à notre deuxième interview. C’est très frais.

David : On a de la chance d’avoir des gens qui nous soutiennent, on n’a pas de label. On a engagé un tueur de mixeur anglais du nom de Dave Bascombe.

Est-ce que pour le choix du nom du groupe vous avez utilisé le même procédé ? C’est à dire David a trouvé les deux premières lettres et Jérôme les deux dernières ?

Jérôme : (rires) Pour le nom du groupe c’est différent. On a un ami aux USA complément cinglé, qui note les noms de groupes qui lui passent par la tête dans son téléphone. C’est vrai que The wash fait partie des premiers noms de sa liste du coup on s’est dit, pourquoi pas ?

David : C’est un nom en anglais qui veut dire beaucoup de choses, ce n’est pas un mot qu’on utilise souvent, c’est la lessive. Mais c’est aussi un mélange de couleurs sur un tableau, un mélange de styles, on a vécu pas mal de choses dans la vie musicalement qu’on mélange.

D’où vous vient cet univers nostalgique ?

Jérôme : C’est difficile de répondre à ça, j’ai l’impression que c’est plus difficile de faire de l’émotif avec des choses bien. C’est vrai que c’est un état dans lequel on ne se sent pas mal, du coup c’est ce qui ressort quand on fait de la musique. C’est une extension de ce qu’on a vécu avant et puis moi j’aime bien les accords mineurs.

David : C’est un mélange de deux, la vie c’est toujours un mélange des deux.

Avec le premier single « Summer » vous essayez de nous replonger dans l’ambiance de l’été ?

Jérôme : C’est vrai que le clip de Summer en dit plus sur l’état d’esprit du morceau. C’est vraiment la nostalgie du temps qui passe. On a utilisé des images de la famille de Dave dans les années 70-80, en vacances. Ouais ça tend vers ce sentiment-là, c’est vrai que l’été qui s’achève c’est un peu triste.

David : C’est un bon mélange, c’est un feeling, ce n’est pas une histoire, ça parle juste de la vie qui passe.

Votre univers c’est la fusion des genres sans parti pris…

Jérôme : On est un peu dans un certain genre, notre album n’est pas kaléidoscopique, il n’y a pas plein de styles différents, on peut dire que c’est de la pop. Je trouve au contraire qu’il y a une certaine homogénéité

David : On n’a pas eu besoin de réfléchir sur un style, tout ce qu’on a eu à écouter dans notre vie on l’a ressorti, c’est ce qui fait The Wash.

Au niveau des titres le choix a été difficile pour en garder onze ?

Jérôme : Non, je crois qu’on en a laissé aucun de côté , il n’y a pas un titre fait en entier qu’on n’a pas mis. C’est des chansons qui ne nous ont pas demandé trop d’efforts, sauf peut-être une ou deux par exemple « Two faces » le 1er morceau de l’album. Sa forme première était un peu linaire, on s’est dit qu’on allait s’ennuyer, on a eu cette idée d’avoir le refrain où le tempo est ralenti de moitié. Ça c’est peut-être le seul morceau où on a dû un peu se creuser la tête. Il y en a qui ont changé complètement. « Invention » c’était un morceau très planant avec beaucoup de synthé, très mélancolique et c’est vrai qu’on s’est retrouvé en studio pour le refaire. En cinq minutes on est parti sur un truc à la Michael Jackson et finalement on s’est dit que ce n’était pas mal.

David : C’est vrai qu’on a peut-être fait 14 ou 15, mais il y avait deux ou trois qu’on a vu que c’était plus du plaisir que du travail

Strange Gift c’est un hymne à l’enfance et à la positivité que vous essayez de répandre ?

David : La vie est toujours liée à la mort, le sentiment mélancolique est là mais il y a aussi celui enfantin. J’ai l’impression qu’on aime bien les sons positifs, les rythmes qui pètent un peu, avec les instruments qui vont avec.

Jérôme : Ce n’était pas prémédité, on ne s’est pas dit qu’on va faire plein de morceaux mélancoliques. Je pense à un groupe qui s’appelle Cigarette After Sex qui là pour le coup c’est vraiment de la mélancolie. Tous leurs morceaux sont hyper denses, c’est très beau. Nous ce n’est pas une volonté, on est tombé là-dedans un peu par hasard.

L’album s’est imposé comme une évidence plutôt que le choix d’un EP ?

David : ça m’a rendu triste l’idée de faire un EP, on avait déjà 6 chansons que je trouvais bien, je voulais aller au bout et pas faire quelque chose de court, après faire un album et remettre les titres de l’EP dessus.

Jérôme : Parce qu’on nous l’a proposé et parce qu’on avait la possibilité de le faire aussi. C’est vrai que si on n’avait pas eu le soutien de notre production pour produire l’album et nous permettre de faire un studio, on aurait peut-être fait deux ou trois morceaux. Quand tu sors un EP tu vas devoir en sortir un deuxième, c’est vrai que l’album c’est une forme un peu noble, c’est encore mieux.

C’est un luxe qui n’est pas donné à tout le monde.

Jérôme : Tout le monde peut aujourd’hui faire d’la musique, mais tout le monde ne peut pas sortir un album. On a profité de ce luxe pour avancer

Ça vous a pris combien de temps ce premier album ?

Visuel Album "Just Enough Pleasure To Remember", The wash
Visuel Album « Just Enough Pleasure To Remember », The wash

David : Je pense 10 mois entre l’écriture et l’enregistrement, et après le mixage trois mois. J’ai arrêté de travailler pour me consacrer à ça.

En dehors de la musique vous avez une autre vie ?

Jérôme : Indépendamment on fait beaucoup de choses, on essaie de gagner notre vie avec la musique, publicité, télé. Ça nous arrive parfois de faire des choses ensemble, mais on travaille aussi chacun de notre côté documentaires, séries, ça nous permet aussi de pouvoir faire des albums.

David : On gagne de l’argent avec la musique, mais le projet c’est plus par plaisir.

Qu’attendez-vous de la scène ?

Jérôme : J’aime beaucoup la scène, à la base je suis un musicien de scène, je pense qu’il se passe beaucoup de chose sur scène, avec le public. Je pense que c’est une musique qui peut vraiment être très sympa, après il faut avoir des dates. C’est compliqué d’avoir des dates aujourd’hui, on va voir si l’album sort, si les gens l’écoutent et il faudra aussi trouver un tourneur éventuellement

David : On a fait un live déjà au Silencio au mois de septembre, un test pour voir comment marche un album comme le nôtre. On a passé une semaine dans un studio

Par rapport à Jérôme tu n’avais jamais fait de scène David ?

David : C’était un test pour moi de voir ce que ça donnait sur scène, il y avait environ 300 personnes, c’était un bon test, ce n’était pas un café avec 4 amis.

De quel(s) groupe(s) ou artiste (s) vous sentez-vous proche musicalement ?

David : Madonna, Tame Impala, Micheal Jackson, un peu de Phœnix pourquoi pas

Jérôme : The Penelopes, l’album Steve Mc Queen de Prefab Sprout, c’est l’un de mes albums de chevet.

L’objectif avec cet album c’est vraiment de prendre du plaisir comme l’indique le titre ?

Jérôme : J’aimerais bien personnellement que les gens prennent du plaisir à écouter cette musique. C’est vrai que quand on fait des morceaux je me demande toujours « est-ce que ça va plaire à mes potes » ? C’est quasiment ça que je mets en premier, du coup j’espère qu’il y a suffisamment de plaisir dans cet album pour qu’on s’en souvienne.

Justement parlant des copains, les premiers retours ?

Jérôme : J’ai un copain qui m’a envoyé un pavé, j’étais vraiment étonné parce que je lui avais envoyé le disque et je n’avais pas eu de retour. Il me disait dans le mail que ça l’avait remué parce c’était mélancolique et ça lui a rappelé l’enfance. J’étais assez étonné. C’est plutôt positif, après le problème aujourd’hui c’est qu’on est dans une réalité de la musique où il faut partager, avoir des followers, c’est un autre fonctionnement de fou.

Vous ne l’avez pas vu ainsi au départ ?

Jérôme : J’ai sorti un projet il y a 10ans qui s’appelait 1973, mais à l’époque il n’y avait pas encore tous les réseaux sociaux actuels, il y avait Facebook, mais ce n’était pas autant développé. Aujourd’hui tu passes ton temps à nourrir ta story, pourquoi pas ? Mais ce n’est quand même pas la partie la plus excitante du truc.

David : Je suis en train d’apprendre tout ça, j’ai mon compte Instagram perso.

A quoi faut-il s’attendre le 25 février lors de votre concert ?

Jérôme : Des larmes, de la sueur, quelques roulages de pelles. Je pense que ça va être bien, on va être content d’être sur scène, on ara enfin un disque à défendre. Peut-être les gens l’auront déjà écouté un petit peu, on va bien se préparer, on fait une résidence à Ris Orangis, on va bien caler les sons et faire que ce soit le plus beau possible.

Vous avez des invités ?

Jérôme : Pour l’instant on n’a fait qu’une date, ce serait un peu se mettre un fil à la patte de dire qu’on va inviter telle personne sur telle chanson, déjà si on arrive à faire tourner le truc bien entre nous, ça ne sera pas mal. On réfléchit à une première partie, ils n’arrêtent pas de nous saouler avec Vianney, ça n’a rien à voir avec nous, mais je suis sûr que si je lui demande il ne dira pas non. Non mais on réfléchit pour voir si quelqu’un peut jouer en première partie.

Quelle est la salle qui vous fait rêver à paris ?

Jérôme : Moi j’avoue qu’à paris La Cigale, c’est un endroit assez particulier, ça me fait beaucoup plus rêver que les scènes comme l’Olympia ou les Zéniths qui sont assez froids. J’aime beaucoup la Cigale. J’aime bien les Bouffes du Nord aussi, c’est une très belle salle.

David : Je suis allé dans une salle qui ressemble à un ancien temple, le Cabaret Sauvage (rire).

Ça ne vous tente pas d’aller jouer aux USA un jour ?

Jérôme : Ah si, j’aimerais bien aller jouer à Brooklyn, même en Angleterre, je tourne pas mal à l’étranger, j’adore. Ce que j’adore c’est que Généralement quand tu finis ta balance, tu as souvent une heure pour te prendre une petite bière dans un bar. Et là c’est génial parce que tu es tout de suite plongé dans la culture du pays. J’adore aller dans des pays pour ça, j’aimerais bien aller aux usa rien que pour prendre l’apéro.

Ça fait cher le billet

Jérôme : On a d’énormes moyens (rires).

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

David : Que ça marche. C’est vrai qu’on fait ça pas dans une façon normale, mais j’espère qu’on a fait assez.

Vous avez déjà la configuration de la soirée ?

Jérôme : Nous serons 5 sur scène, on a un bassiste américain, un batteur et un claviériste. C’est le minimum pour jouer les morceaux dans leur intégralité.

David : On est aussi en train de trouver le moyen de jouer à trois, juste pour être capable de faire de petites choses. J’aimerais bien qu’on joue à 5 tout le temps, mais ce n’est pas toujours possible.

Plus d’infos

Just Enough Pleasure To Remember, le premier album de The Wash disponible le 7 février 2020.

Release Party le 25 février 2020 à La Boule Noire à paris

Billetterie ici

Facebook // Instagram