Le duo suisse Aliose a signé son retour dernièrement avec le captivant « J’ai oublié », premier single de leur prochain album annoncé pour l’automne. Le binôme a accepté de répondre à nos questions depuis leur lieu de confinement.

Direction la Suisse, non pas pour ses célèbres stations de ski ou une randonnée sur ses fameux sentiers, mais nous vous emmenons à la rencontre du duo francophone Aliose, dont nous vous présentions le nouveau single « J’ai oublié », disponible depuis le 28 février dernier. Un premier extrait de leur prochain album.

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Le binôme Aliose formé par Alizé Oswald et Xavier Michel a fait sensation avec son dernier album « comme on respire » sorti en 2017 et salué par la critique. Un album qui les conduira aux Swiss Music Awards ainsi qu’aux Victoires de la Musique dans la catégorie « Album Révélation » en 2018. Le duo tourne alors en France et en Suisse, joue à Paris aux Etoiles puis au Café de la Danse, et se produit dans de nombreux festivals, en Suisse (Paléo), en France, et en Belgique (Francofolies de Spa).

Nous avons profité de cette période de confinement pour poser quelques questions au groupe, depuis son lieu de confinement de l’autre côté de la Suisse, comme nous avons fait avec d’autres précédemment.

Hello Aliose, merci de répondre à nos questions depuis votre chez-vous. Vos trois concerts de ce week-end au festival Tous en chœur affichaient complet, vous devez l’avoir un peu de travers à cause de cette crise sanitaire, même si l’événement a été reporté en août prochain.

Alizé : Bonjour et merci pour la petite interview. Nous devions en effet jouer le weekend dernier trois soirs à guichet fermé au prestigieux Auditorium Stravinski à Montreux avec un chœur de 200 chanteurs emmené par le célèbre chef de chœur français Jacky Locks, et virus oblige, ça a été annulé (ou plutôt reporté au 28, 29 30 août). Du coup, dimanche dernier, nous avons retourné notre salon et fait un concert « Tous en cœur » en Facebook live et Instagram live, à l’heure (17h00) du dernier soir de la série des trois concerts, comme un clin d’œil pour les choristes et le public en général. Ça a été un magnifique événement, des milliers de personnes nous ont suivis sur les réseaux.

Vous devez être un peu déçu que l’Eurovision ne puisse pas se tenir cette année puisque vous avez signé la chanson « répondez moi » interprété par Gjon’s Tears. Comment ça se passe dans ce cas-là ? Et comment réagit l’industrie musicale en Suisse face à cette crise inédite ?

Alizé : C’est en effet une très mauvaise nouvelle pour nous, d’autant plus que la chanson avait déjà eu un bel écho auprès du public européen, elle avait été donnée 2ème par les bookmakers, ce qui est inouï ! Gjon est un artiste puissant et complet, et il vient d’annoncer qu’il participera en 2021, ce qui est une bonne nouvelle ! Côté chanson, on verra comment les choses évoluent, à priori les mêmes chansons ne pourront pas être présentées à nouveau, mais Gjon sait qu’on est là et partants pour faire encore mieux. En attendant, on espère que « Répondez-moi » qui a déjà 1’400’000 vues sur YouTube en quelques semaines, continuera sa petite route jusqu’aux oreilles du public.

Pour revenir à vous, votre premier album « comme on respire » sorti en 2018 a été salué par la critique et vous a conduit des Swiss Music Awards jusqu’aux Victoires de la Musique en France. Comment avez-vous vécu cette période ?

Alizé : C’était une période magnifique ! Nous étions et sommes toujours très heureux de cet album, premier album sorti en France (mais troisième en tout), qui a en effet été nommé en 2018 parmi les trois albums « Révélation » aux Victoires de la Musique aux côtés de Juliette Armanet et Petit Biscuit. Une très belle reconnaissance. Nous avons adoré travailler avec le célèbre réalisateur musical Pierre Jaconelli (Benjamin Biolay, Zazie, Johnny Hallyday, etc.), avec qui nous avons tissé un lien particulier.

« J’ai oublié », le premier single extrait de votre prochain album annoncé pour l’automne est assez mélancolique en évoquant les moments forts de notre existence, une façon pour vous de réviser vos cours d’histoire.

Alizé : Nous avons écrit cette chanson (j’ai oublié) à Bruxelles où nous travaillons avec Egil et Romain du groupe PUGGY et nous avions envie de questionner la mémoire dans cette chanson. Aborder d’abord des petits souvenirs plus personnels et en même temps tellement universels « le premier sourire de mon père, mes premières bougies soufflées… ». Puis des souvenirs de la mémoire collective qu’on tend parfois à mettre de côté, à oublier « Les visages de la Résistance, la première femme qui a voté en France… ». Comme dit l’adage, un peuple qui oublie son Histoire est condamné à la revivre…Peut-être est-ce une déformation professionnelle de Xavier qui a une formation universitaire d’historien ;).

Ces moments marquants de notre histoire ont été mis en images dans un clip très touchants qui plutôt que de vous mettre en vedette, revient justement sur ces faits historiques. L’idée venait de vous ?

Alizé : Tout à fait. On cherchait un moyen poétique d’illustrer tous ces moments de notre histoire commune et on a pensé à un ami dessinateur / vidéo illustrateur Benohit qui a fait un travail de dessins magnifique, accompagné par son acolyte Tohm, qui a mis tout ceci en mouvement.

Votre duo est assez fusionnel, ça vous arrive de vous crêper le chignon au niveau de la composition ?

Alizé : Bien sûr ! Et heureusement ! C’est stimulant d’avoir en face un miroir exigeant qui vous pousse à être meilleur ! C’est une histoire de « juste tension » à trouver pour emmener la chanson au plus loin. D’ailleurs « J’ai oublié » n’a pas été de tout repos à écrire (rire), mais on en est très heureux et très fiers.

Sans rentrer dans la sphère privée, est-ce que votre couple est uniquement scénique ?

Alizé : Ah la fameuse question ! Je vous dirais bien « mystère, mystère », mais je crois que c’est de notoriété publique que nous sommes des acolytes à tous les niveaux ! 🙂

Vous êtes originaire de Nyon, la ville au célèbre Paléo festival où vous vous êtes déjà produit. Mais on a l’impression qu’Alizé a l’accent québécois…

Alizé : Ah ? (rire), celle-ci on ne me l’avait jamais faite ! Me voilà flattée, j’adore le Québec ! Et musicalement, ils sont vraiment très très forts pour faire sonner le français comme personne. J’ai peut-être une façon plus « ronde » de chanter et de prononcer, comme eux, très inspirés par la musique anglo-saxonne ? Je ne sais pas… 🙂

Le petit live de 45 minutes que vous avez donné ce dimanche depuis votre salon était une belle initiative, il y aura d’autres rendez-vous de la sorte ?

Alizé : Oui, nous avons été très touchés par les centaines pour ne pas dire milliers de retours ! C’est touchant de lire qu’on a permis aux gens, le temps d’une heure, d’oublier un peu… On a l’impression de faire le plus beau métier du monde à ce moment-là et de servir un peu à quelque chose…

Le confinement semble s’être installé pour un moment. Nous referons certainement d’autres petits lives, dans d’autres cadres. 

Que nous réserve votre prochain album ? Vous lui avez déjà trouvé un titre ou c’est encore en discussion ?

Alizé : C’est encore tôt pour le titre. Par contre nous avons plus d’une trentaine de chansons sur le feu, pour ne sélectionner que la crème de la crème ! 😉 Nous sommes très satisfaits de ces chansons. Une moitié d’album en termes de production est déjà bien avancée et nous sommes vraiment heureux de travailler dans le studio de PUGGY. Ils sont hyper talentueux, en plus d’être des super types ! 🙂

Ils ont fait notamment un magnifique travail avec la chanteuse Yseult, dont nous adorons le titre « Corps » qu’ils ont co-composé.

Quelle relation avez-vous avec le public français ? Est-il différent de vos fans Suisses ?

Alizé : Nous avons découvert un public français enjoué et généreux lors de la tournée précédente avec notre album « Comme on respire ». C’était magnifique de parcourir la France en long et en large avec nos musiciens, de très bons et beaux souvenirs. Il nous tarde de retrouver le public français. Le public suisse n’est pas si différent, mis à part qu’il est peut-être un peu plus réservé et pudique, mais c’est un peu dans sa nature et on sait de quoi on parle (rire). C’est un public très exigeant aussi.

À quelle occasion pourra-t-on vous revoir en France ? Après cette crise sanitaire évidement, est-ce que vous avez déjà une idée ou c’est encore flou pour vous ?

Alizé : Dès que nous pourrons reprendre correctement notre activité, nous allons revenir en France pour d’abord faire des promos, puis sortir l’album probablement à l’automne, qui sera forcément suivi d’une tournée française début 2021. Encore un peu de patience ! 🙂

Merci d’avoir répondu à nos questions depuis votre lieu de confinement. On espère vous voir bientôt, pour cela prenez bien soin de vous.

Alizé : Avec plaisir, un grand merci pour l’attention ! Prenez soin de vous aussi et surtout restez chez vous, qu’on se retrouve tous en chair et en os plus vite !